Bougeons-nous!

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Article rédigé par Adrien QUATENNENS

Ne pas sombrer avec François Hollande

Nous sommes arrivés à la mi-mandat de François Hollande. Ce prétendu ennemi de la finance qu’elle a raison de ne pas craindre. Difficile désormais de mettre en relief ce qui sépare véritablement l’actuel Président de la République de son prédécesseur sur le plan idéologique. En absolus convertis au culte libéral, ils ne semblent plus capables de penser en politique sans faire allégeance à la direction imposée par Bruxelles, si insensée et arbitraire puisse-t-elle être. Ils portent la politique de l’offre, la concurrence et la compétition en bandoulière, à cette heure où, pourtant, notre pays devrait s’avancer de toute sa grandeur sur la scène internationale pour impulser le changement absolument nécessaire pour répondre aux grands défis de notre temps, à commencer par le changement climatique.

La France doit cesser de se laisser rabougrir et rabaisser sous prétexte d’une dette dont on sait qu’elle est en grande partie illégitime du fait de la spéculation générée par la finance sur elle-même. Assez de déclinisme ! La politique des caisses vides est un moyen d’obliger les français à baisser les yeux et à regarder leurs chaussures en faisant passer pour du courage  des sacrifices inacceptables (coupes dans les dépenses publiques, austérité généralisée etc.). La France a besoin de Gauche et le Monde a besoin d’une France de Gauche.

Le niveau de reniement de François Hollande est tel que, désormais pour beaucoup, « la gauche et la droite c’est pareil » et nombreux sont ceux qui renoncent à faire la différence entre notre idéal et la supercherie qui gouverne en son nom. François Hollande sombre un peu plus chaque jour dans les abîmes de l’impopularité.

Étranges institutions que celles de la 5ème République qui permettent à un Président de la République d’exercer le pouvoir sans soutien populaire. Mais à mesure que sa chute s’avance, des éboulis de la 5ème République commencent à tomber aussi, tant ce système institutionnel, véritable monarchie présidentielle, a sa grande part de responsabilité dans la colère populaire.

En attendant, et malgré le fait qu’en 2006 dans son entretien avec Edwy Plenel, François Hollande prônait la« vérification démocratique » à mi-mandat, il nous aura fallu nous contenter d’une émission de TF1 « Face aux Français » qui en a ajouté au spectacle du rapetissement de la fonction qu’il incarne. Passant en deux heures d’émission du registre Pole Emploi à une certaine allégeance à une patronne adepte de l’anti-syndicalisme primaire. Seul le Medef a dû à peu près s’y retrouver. Jean-Luc Mélenchon a résumé en moins de dix mots notre sentiment face à ce spectacle abjecte : « 150 ans de Gauche pour en arriver là. Usurpateur ! ».

Dès lors, s’il est une perspective qui nous anime à cet instant, c’est celle de ne pas sombrer avec François Hollande. Pour cela, nous devons incarner mieux que jamais l’alternative que nous représentons, la seule capable de redresser ce pays tout en répondant aux grands défis imposés par notre temps.

La révocabilité, une nécessité !

Du 8 au 11 novembre, le Parti de Gauche a tenu une première votation citoyenne sur le droit de révoquer les élu-e-s. Dans 75 départements et même outre-mer, ses militants ont occupé les marchés et les places avec des urnes pour faire voter les citoyens, appelés à répondre à la question « Êtes-vous favorable au droit de révoquer les élu-e-s ? ». Qu’il en soit de la mobilisation des militants, de la participation comme du résultat, cette première votation est un succès. Cela n’est pas étonnant : elle est complètement d’actualité.

Cette question de la révocabilité des élus en appelle à leur responsabilité permanente, percutant ainsi l’irresponsabilité cultivée par les institutions de la 5ème République. Celle-là même qui rend possible les affaires Cahuzac, Thévenoud ou autres Balkany sans que le Peuple ne puisse les renvoyer d’où ils viennent sans attendre la fin de leur mandat. Celle-là même qui rend possible pour un Président de la République le reniement à ses engagements sans que cela ne lui en coûte pour exercer le pouvoir.

Finalement, la question de la révocabilité des élu-e-s est une affaire de responsabilité. C’est devant le seul souverain qu’est le Peuple que doit s’exercer la responsabilité des élu-e-s. Aucun élu ne doit pouvoir se garder de rendre des comptes. Il n’est pas question de « punition » mais de contrôle civique. Rappelons que ce droit a été inventé pendant la Révolution Française et qu’il s’applique dans certains États des États-Unis ou des pays d’Amérique du Sud. Il est temps de l’appliquer en France !

Le fait que ce droit existe ne permettrait plus de faire des promesses électorales qui ne sauraient être tenues. Il inciterait à faire campagne sur des programmes et objectifs clairs que l’élu ne pourrait pas laisser soumettre aux pressions extra-démocratiques que sont les lobbys ou les pressions financières. L’élu serait à tout moment responsable devant le Peuple. Pour autant, il faut nécessairement pouvoir concilier l’expression du Peuple avec la stabilité des institutions. C’est pourquoi le référendum révocatoire ne pourrait pas avoir lieu avant la mi-mandat de l’élu concerné.

Quoi qu’il en soit, le Parti de Gauche continuera à porter ce débat en faveur du droit de révoquer dans ses campagnes et souhaite que cet axe soit partagé avec ses partenaires. D’ores et déjà, il propose le texte d’une disposition constitutionnelle sur le référendum révocatoire qui permettrait de renforcer le contrôle citoyen sur l’exercice des mandats et la responsabilité des élus. Celui-ci pourrait être rédigé ainsi :

« Toute personne titulaire d’un mandat public électif peut être révoquée à l’issue d’un référendum organisé à l’initiative d’au moins un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales de la circonscription concernée, dans des conditions prévues par la loi. » « La révocation ne peut être sollicitée avant l’expiration de la moitié au moins de la durée d’exercice d’une charge publique élective. Il ne peut être organisé qu’un seul référendum révocatoire au cours d’un même mandat ».

On imagine aisément ce qu’il en serait à cette heure du « Moi, Président » Hollande si le droit de révoquer les élu-e-s s’appliquait en France !

Le vaudeville permanent

L’actualité ajoute quotidiennement son pesant de comique de répétition dans le vaudeville permanent de l’oligarchie au pouvoir. Ainsi, après le lot de turpitudes des Cahuzac, Thévenoud, Balkany et compagnie, apparaissent les accointances entre les gens de la Cour ! Comme lorsque Monsieur Jouyet,cet indestructible parmi les belles personnes (bras droit de François Hollande après avoir été ministre de Nicolas Sarkozy), déclare que François Fillon serait venu lui demander de faire accélérer les procédures à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Vous avez bien suivi ? François Fillon a porté plainte en diffamation, la justice suivra mais quel qu’en soit le résultat, il faut bien reconnaître que dans les lumières des écrans cathodiques (ou plats !) comme dans les lignes des journaux, ce régime ressemble à si perdre à une petite monarchie et sa cour, dans les noblesses de l’entre-soi.

Dans le même temps, on assiste au show-come-back de Nicolas Sarkozy qui adapte sa position contre le Mariage pour tous à l’applaudimètre d’une foule en délire. C’est ainsi qu’il passe de « réécrire de fond en comble la loi » à « si vous préférez qu’on dise qu’il faut l’abroger, en français ça veut dire la même chose, mais si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher ». Son retour plus que mitigé l’amène à toutes les surenchères les plus droitières, mettant peut-être un peu plus en lumière le déséquilibre dans la balance entre la lourdeur de ses ambitions et le poids de ses réelles convictions. Il a suffi qu’une foule crie à l’abrogation pour qu’il passe d’une posture à l’autre, invoquant même la notion de « plaisir ». Et que dire d’Hollande, à qui il a suffi d’être élu pour passer de mon « ennemi c’est la finance » à « bon élève de la classe Europe » ? Un système qui concentre autant de pouvoirs sur une seule personne fini toujours pas le donner à des imbéciles !

Le Peuple ne dispose pas de moyens suffisants pour s’en mêler et d’ailleurs tout est fait pour qu’il ne s’en mêle pas. Et pourtant les questions qui se posent à l’Humanité nécessitent sa pleine implication. Pour n’évoquer aujourd’hui que l’urgence écologique (bien que l’urgence sociale soit de la même importance), la question n’est ainsi pas de savoir si la crise écologique va faire naître des catastrophes mais quand ces catastrophes vont se produire et sous quelles formes. Les défis sont de très haut niveau. Mais au moment où l’Humanité doit les affronter, elle ne les affronte pas dans les conditions de raison et de coopération qui devraient constituer le nouveau modèle économique et politique. Tout au contraire, c’est la compétition de tous contre tous et le productivisme chevronné qui perdurent. Pas étonnant qu’ils s’en fassent les défenseurs quand on constate que même dans leurs propres partis politique, ils sont en compétition permanente !

La Gauche en marche, oui, mais pas que !

Au jeu de « la gauche et la droite c’est pareil », ils vont finir par faire mourir la gauche. Nous devons les en empêcher. Mais si les étiquettes passent, l’idéal demeure. Car nous savons ce qui dans l’Histoire a fait naître le clivage entre la Gauche et la Droite autour de la question du droit de veto. Ces grandes questions sont toujours d’actualité : Tous ensemble ou chacun pour soi ? Égalité et intérêt général ou somme d’intérêts particuliers ? Ces clivages ne peuvent pas disparaître dans des alliances et des arrangements sans principe. Il serait dommage que passent les étiquettes mais tant pis si cela devait arriver du moment que l’idéal, lui, reste.

Ainsi, si le clivage Gauche/Droite est rendu moins perceptible par les politiques libérales menées par les uns et les autres, le clivage Peuple/Oligarchie, sur des thématiques similaires, est lui plus que jamais d’actualité.

Mais la Gauche ne se laissera pas sombrer avec François Hollande, Valls et Macron ! D’ailleurs, elle était décidée à le montrer en marchant ce Samedi 15 Novembre 2014 à l’occasion de la mi-mandat du Président de la République : Contre Hollande et Valls, contre le budget d’austérité. Les différentes marches organisées dans plus d’une vingtaine de grandes villes de France ont réuni 100 000 manifestants. A Paris, nous étions 30 000. C’est le collectif 3A, pour une alternative à l’austérité qui en était à l’initiative. D’ores et déjà, nous pouvons apprécier le fait qu’à cette occasion étaient réunies de nombreuses forces progressistes en opposition à la politique du gouvernement. L’arc s’est élargi : de nombreux syndicats, de nombreuses associations, de nombreux partis de gauche, allant de « l’extrême gauche » à l’écologie politique sans oublier la présence de « socialistes affligés » en désaccord avec la politique de Hollande et Valls. Ces forces constituent l’opposition de Gauche.

Il faut que convergent ces forces en mouvement. Cela est nécessaire. Mais cela ne sera pas suffisant. Il faut aller au delà même de la convergence de ces forces en appelant le Peuple tout entier à s’en mêler. C’est tout le combat que nous souhaitons mener avec le Mouvement pour la 6e République (www.m6r.fr) pour organiser le moyen de l’implication populaire, pour changer la règle du jeu par une constituante. Nous devons travailler ardemment pour que cette idée devienne rapidement majoritaire dans le pays. C’est cela ou les abîmes promises par ce que l’on voit venir de la situation politique actuelle.

Car oui, face à la situation sociale et écologique, face à l’ordre géopolitique mondial, il y a des raisons de s’inquiéter. Qui peut régler le désordre du Monde ? Il faut répondre à cette question et, une fois qu’on y a répondu, se tenir cramponné à la réponse pour ne jamais l’oublier : C’est le Peuple qui peut le faire pour le peu qu’on l’y appelle. L’implication populaire est la clé du dénouement de toute la situation politique mondiale, nationale et locale. Le Peuple doit se bouger les fesses, et nous, les citoyens engagés devons l’y encourager en le faisant les premiers. Il faut que cesse le rapport entre les citoyens et les politiques sur le thème : « Ne vous inquiétez pas, laissez-nous nous en occuper et rentrez à la maison ! ». Ce qu’il faut dire, c’est tout le contraire : Sortez de la maison, mettez-vous en mouvement, aidez les travailleurs quand ils sont en lutte dans leur entreprise, défendez ceux qui marchent devant en éclaireurs, manifestez contre les grands projets inutiles, contre les politiques libérales et de libre-échange comme cet abjecte projet de Grand Marché Transatlantique, pétitionnez, participez, agissez ! Cela vous sera rendu au centuple mais, nous vous en conjurons, bougez-vous ! Bougeons-nous !

APPEL UNITAIRE POUR LA MARCHE CONTRE L’AUSTERITE, 15 Novembre, PARIS
CONTRE L’AUSTERITE,

Le 15 novembre, MARCHONS POUR UN AUTRE AVENIR

Il y a maintenant 2 ans et demi, François Hollande était élu président de la République. Pour quel bilan aujourd’hui ? La politique menée est celle du renoncement au changement. Elle tourne le dos aux espoirs du monde du travail. La politique d’austérité du gouvernement Valls va même plus loin : Notre pays est désormais soumis au diktat de l’Europe de Bruxelles
2 ans et demi ont passé. Les Français n’en finissent plus d’encaisser les chocs successifs des cures d’austérité imposées par le gouvernement Hollande-Valls. La situation s’aggrave : l’industrie s’effondre, le chômage augmente, le gouvernement brade notre souveraineté économique, sociale et environnementale en validant le Tafta. Il repousse sans cesse la mise en place d’une réelle transition écologique. Notre région est au bord de l’asphyxie: austérité, compétitivité par la baisse du coût du travail, reculs sociaux, coupes claires dans les dépenses publiques, baisse des dotations aux collectivités locales. Ces politiques ont échoué partout comme elles échouent en France : elles nourrissent la crise, creusent tout à la fois les inégalités et les déficits. F. Hollande nous propose une politique de misère sociale.
Pour autant, nous pensons qu’il n’y a pas de fatalité. En France, comme dans le Nord-Pas-de-Calais, nous ne sommes pas condamnés au retour de la droite ou à l’arrivée de l’extrême-droite. Il y a dans notre pays une majorité de citoyens qui souhaitent construire collectivement une autre route, une alternative à la politique actuelle menée sans débat et avec autoritarisme. Nous lançons un appel à toutes ces forces de progrès : citoyens, associations, syndicats, partis. Nous pouvons ensemble construire une alternative politique sociale et écologique à gauche.
C’est dans contexte qu’en nous inscrivant dans la démarche du collectif national « 3A », (Alternative A l’Austérité, http://www.collectif3a.org ), nous invitons les citoyens du Nord à rejoindre le rassemblement du 15 novembre à Paris. En manifestant ils rappelleront à F. Hollande que le peuple ne lui a pas fait un chèque en blanc en mai 2012. Nous demandons des comptes sur sa politique intérieure et européenne. Il faut que le chantage à la dette cesse ! Nous proposons une vraie rupture avec la politique libérale menée jusqu’à présent : il faut une vraie relance sociale et écologique. Il faut redonner du pouvoir d’achat, augmenter les salaires, créer des emplois. Il faut créer les conditions d’une véritable reconquête industrielle en l’inscrivant dans le cadre d’une transition écologique réelle. Il faut s’attaquer au capital, à la finance, à la rente des actionnaires qui est supportée par les salariées, les chômeurs, les précaires, les retraités et la jeunesse.
POUR UNE RUPTURE AVEC l’AUSTERITE
POUR UNE DEFENSE DES HABITANTS ET TERRITOIRES DU NORD-PAS-DE-CALAIS
POUR UN VRAI PARTAGE DU TEMPS DE TRAVAIL
POUR LA TRANSITION ECOLOGIQUE
POUR RASSEMBLER ET CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE A LA POLITIQUE ACTUELLE,
Le 15 novembre, MARCHONS !

Julien Poix, co-secrétaire PG Nord                             Fabien Roussel, secrétaire départemental du PCF Nord

HOMMAGE A REMI FRAISSE, MORT POUR SES IDEES-communiqué du PG et du NPA

Hommage à Rémi FRAISSE, mort pour ses idées

Remi FRAISSE est décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier lors d’une manifestation contre le barrage du Testet. Rémi FRAISSE était un jeune homme de 21 ans engagé dans une association environnementale. Il est désormais établi que son décès est dû à une grenade offensive tirée par les forces de l’ordre.

Ce décès est révélateur de la criminalisation des mouvements sociaux et de la militarisation de leur répression. En effet, depuis plusieurs mois, les militants écologistes alertaient les pouvoirs publics sur la répression violente des mobilisations pacifiques contre le barrage du Testet. Les pouvoirs publics ont au contraire joué la provocation empêchant ce week-end le déroulement pacifique des manifestations de protestation.

Suite au décès de Rémi FRAISSE, le gouvernement, que l’on avait vu  si prompt à rendre hommage au patron de Total M. DE MARGERIE, a réagi par le silence voire par le déni. Plus grave encore, le Président PS du Conseil Général du Tarn, M.CARCENAC, y a ajouté l’insulte en prétendant qu’il est « bête et stupide de mourir pour des idées ».

Au-delà de la condamnation morale, il convient de tirer toutes les conséquences politiques de la mort de Rémi. C’est pourquoi, nous demandons :

- la démission du Ministre de l’Intérieur, M. CAZENEUVE et du Président du Conseil Général du Tarn, M.CARCENAC,

- la création d’une commission d’enquête  indépendante sur les évènements du Testet, dans laquelle les opposants au barrage seraient représentés,

- l’interdiction (et non la simple suspension) des grenades offensives,

- l’arrêt du projet de barrage.

Nous appelons à participer, sans banderole ni signe distinctif, au rassemblement pacifique organisé en la mémoire de Rémi FRAISSE, par la Fédération Nord Nature, ce dimanche 02 novembre à 14h30 place de la république à Lille.

Pour le PG Lille métropole, Sébastien Polvèche

Pour le NPA, Olivier Dussart

Prenons la route vers les Jours Heureux !

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Adrien Quatennens – Vendredi 24 Octobre 2014

Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures

 

Aux quatre coins du vieux continent, on nous chante le même refrain : la seule politique qu’il serait possible de mener est précisément celle qui nous a amenés à la crise écologique et sociale. Il n’y aurait pas d’alternative. Et s’il y en avait une, la commission européenne (pleine de commissaires dont les activités professionnelles ou politiques passées nous interrogent sur leur feuille de route, flanquée d’un Moscovici surveillé de près mais très content d’être là) a prévu le verrou des traités actuels pour y faire barrage.

Au niveau national, ce n’est pas mieux, puisque la monarchie présidentielle de la 5ème République piétine toute souveraineté populaire et applique les politiques libérales avec un autoritarisme assumé.

Chaque jour qui passe, ceux qui nous gouvernent font la démonstration parfaite qu’être Socialiste, ne veut pas dire avoir sa carte au Parti Socialiste ! Car eux l’ont mais ne le sont pas.

Ils appliquent les mêmes recettes que la droite. Cette pauvre droite qui ne trouve pas vraiment sa place dans l’opposition car, il faut bien le dire, elle n’a pas vraiment matière à s’opposer : Valls et le banquier Macron se chargent de mettre en application sa politique !

Sarkozy, même si son retour en homme providentiel est visiblement un échec, continue sa tournée à la rencontre de ses fans et, pour ne pas répéter les mêmes déclarations d’amour tragiquement banales à la finance et au business que Manuel Valls, il se différencie en faisant de longues envolées lyriques sur le fléau de l’immigration, dont on sait bien qu’il est notre grand problème et que sans lui, nous n’aurions plus, n’est-ce pas ?! C’est vrai quoi, parlons franchement : s’il n’y avait pas tous ces arabes, ces noirs, ces roms, ces jaunes, ces gris, tout irait bien, Madame la Marquise, c’est bien connu ! C’est à vomir !

Et Madame Le Pen, de son côté, de profiter des brèches laissées par ces guignols pour avancer. Y’a qu’à se baisser pour ramasser les miettes ! Pen-Art ! Elle aurait tort de se gêner !

Cette pièce de théâtre, cette comédie, cette plaisanterie n’a que trop durée. Et elle est d’autant moins drôle que pendant que les acteurs s’amusent, les spectateurs souffrent d’un chômage qui pète les plafonds, d’un pouvoir d’achat réduit à peau de chagrin, de difficultés à se loger et à se nourrir convenablement.

Il est grand temps, mes chers amis, de dégager les incapables qui nous gouvernent. Ce n’est pas un plaisir que de le dire avec tant de violence dans les mots. Mais cette oligarchie au pouvoir, qu’elle soit de droite ou prétendument d’ailleurs, mène une politique qui, de toutes les façons, ne peut qu’échouer. Ces gens-là ne sont capables de rien d’autre que de faire pâtir les pauvres gens. Ils sont aveuglés par les dorures des couloirs dans lesquels ils errent. Incapables de se saisir avec vigueur des problèmes de notre temps et des grands troubles qui arrivent, à commencer par le changement climatique face auquel une loi sur la transition énergétique qui intronise le capitalisme vert ne fera rien. Ils préfèrent gaspiller leur énergie à diviser les gens, à rendre la multitude inconsciente de son intérêt général, à alimenter l’engueulade généralisée et la suspicion permanente. Déjà nous allons au devant de graves déconvenues. Mais avec ces tristes personnages au pouvoir, nous accélérons en direction des abîmes.

La révision avant de prendre la route

Il est grand temps, donc, que les spectateurs fassent irruption sur la scène pour en dégager les mauvais acteurs, et se mettent à écrire un autre scénario. Celui d’une pièce que nous n’avons que trop attendue.

C’est à cette irruption du Peuple sur la scène que nous travaillons au Parti de Gauche. Et oui, la tâche est rude ! Il s’agit d’inventer et de construire des outils pour le faire. Nous ne prétendons pas avoir LA METHODE. Mais au moins, nous essayons. C’est la raison pour laquelle nous soutenons avec ardeur le Mouvement pour la 6ème République (www.m6r.fr).

C’est aussi la raison pour laquelle, alors qu’arrive la mi-mandat de François Hollande,  nous lançons notre campagne nationale sur le Droit de Révoquer les élu-e-s. Et nous irons poser la question à tous les citoyens qui voudront bien y répondre, le weekend du 8, 9, 10 et 11 Novembre avec une Votation Citoyenne dont nous prenons l’initiative : Etes-vous pour ou contre le droit de révoquer les élu-e-s ?

Pour rappel, ce droit de révoquer les élu-e-s qui trahissaient leurs mandats et leurs électeurs, inventé pendant la Révolution française, existe aujourd’hui dans d’autres pays. Face aux promesses électorales bafouées, il est temps de l’appliquer en France ! Il s’agirait de dire que si, à partir de la mi-mandat d’un élu, un pourcentage significatif des inscrits le demande (entre 5 et 10%, par exemple), les citoyen-ne-s ont le droit de provoquer un référendum révocatoire à l’encontre de toute personne disposant d’un mandat électif, du Président de la République au conseiller municipal. Si, lors de ce référendum révocatoire, une majorité de personnes est favorable à la révocation et que ce nombre de personnes représente plus d’électeurs que ceux qui ont voté pour l’élu-e concerné-e, alors l’élu-e est révoqué-e. Si l’élu-e est révoqué-e, on procède à une nouvelle élection.

Il s’agit avant tout de réaffirmer que ce sont les citoyens qui entendent et doivent avoir le dernier mot. Cette menace de la révocation sur les prétendants à une élection oblige à un certain sérieux sur le fond comme sur la forme. C’est une condition pour une 6ème République exemplaire. Que faisons-nous avec cette campagne pour le droit de révoquer les élu-e-s ? Nous nous préparons à prendre la route vers les jours heureux, et comme à chaque fois avant de prendre la route, il faut réviser le véhicule et enlever la crasse pour pouvoir avancer dans de bonnes conditions. Pour tenir une urne près de chez vous, commandez la par ici :

http://www.lepartidegauche.fr/militer/noscampagnes/votation-citoyenne-sur-le-droit-revoquer-30433/

Une fois sortie du garage, rien de tel qu’un tour de chauffe pour commencer. C’est pourquoi nous irons dans la rue à la mi-mandat de François Hollande, le Samedi 15 Novembre 2014 lors d’une Grande Marche Nationale rassemblant tous les progressistes (syndicats, associations, partis politiques de Gauche) en désaccord avec la politique menée par le gouvernement.

Et comme, au Parti de Gauche, nous ne faisons pas le travail à moitié, c’est en même temps que nous lançons notre campagne sur les 15 Mesures d’Urgences Sociales et Ecologiques. En effet, notre projet politique ne se résume pas, fort heureusement, à l’éviction de l’oligarchie en place. Il s’agit, oui, de la virer (campagne pour la révocation des élu-e-s), mais aussi de monter sur la scène (campagne pour la 6ème République et son Assemblée Constituante) pour réécrire le scénario.

Cette réécriture du scénario, au Parti de Gauche, nous l’appelons l’Ecosocialisme. Nous démontrons le lien entre la crise sociale et la crise environnementale et y apportons des réponses communes. Si certaines de nos propositions politiques sont des actions à longs termes dont les résultats ne pourront pas se faire sentir immédiatement, nous devons absolument répondre à l’urgence sociale que connaissent nos concitoyens ainsi qu’à l’urgence environnementale. C’est pourquoi nous présentons 15 mesures qui nous semblent prioritaires sans pour autant représenter un programme exhaustif. Vous trouverez ces 15 mesures ici :

http://www.gabrielamard.fr/pdf/15mesures.pdf

En avant !

Bref, vous l’aurez compris, au Parti de Gauche, nous refusons de mourir avec le pouvoir en place. Nous refusons de baisser les yeux et de regarder nos pieds quand on nous répète le catéchisme néolibéral auquel nous ne croyons pas parce que nous voyons bien que ça ne marche nulle part. Nous croyons profondément que ce pays a les ressources disponibles pour se redresser et se mettre en avant de toute sa grandeur dans la nécessaire transformation du Monde.

Encore faut-il, pour cela, ne pas céder : Ni à ceux qui nous proposent la consommation pour seul horizon avec son pendant, le productivisme insensé à toujours moins cher quitte à en faire souffrir les gens et à saccager la planète. Ni à ceux qui préfèrent pointer sans cesse du doigt nos différences, quitte à en inventer, pour en rajouter dans le chacun pour soi et le tous différents de couleurs, de cultures et de religions alors que nous sommes d’abord et avant tout des êtres humains semblables et profondément liés par un intérêt général, à savoir le seul écosystème qui permette la vie humaine. Il faudra bien se rassembler pour le sauver et ainsi assurer la pérennité de notre espèce !

On ne réussit pas et on ne réussira rien à chacun pour soi ! Ceux qui vous le font miroiter nient la réalité. Le problème n’est pas nos différences car, quand ça va bien, que le chômage est faible, que l’activité est bonne, que chacun dispose de quoi vivre convenablement, alors là étrangement, on s’entend très bien avec le voisin, même s’il n’a pas la même couleur de peau, et cela ne nous vient pas à l’idée de lui demander de compter depuis combien de générations il habite ici ! La République Française, ce n’est pas une couleur de peau ou une religion. La République Française, c’est Liberté-Egalité-Fraternité et c’est tout !

Je suis intimement persuadé que si la multitude composite prend conscience de son intérêt général et se l’approprie politiquement, alors les plus belles choses peuvent pousser, même d’une Terre qui à cette heure n’est pas respectée. Nous en sommes capables. Nous débordons d’intelligence et il n’y a aucun ordre établi qui puisse résister à l’avancée d’une masse populaire consciente et éclairée. Encore faut-il créer les moyens de l’avancée, de la conscience et de l’éclairage. Nous y travaillons. Et si parfois, c’est vrai, cela est difficile, nous trouvons toujours le courage nécessaire pour garder le drapeau bien en mains et avancer en éclaireurs. Nous savons que notre heure viendra, et elle viendra car

« Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue »

Victor Hugo

MARTINE AUBRY: LE SOCIAL-LIBERALISME A VISAGE (MOINS IN)HUMAIN

Martine la " Frondeuse" en compagnie du très "contestataire" Patrick Kanner son fidèle lieutenant devenu ministre de la Ville...
Martine la  » Frondeuse » en compagnie du très « contestataire » Patrick Kanner son fidèle lieutenant devenu ministre de la Ville…

Une lecture superficielle des prises de position récentes de Martine AUBRY pourrait laisser penser qu’elles tranchent radicalement avec la politique du gouvernement Valls / Hollande. A lire la contribution déposée par Martine AUBRY dans le cadre du congrès du Parti Socialiste on mesure que la réalité est tout autre.
Certes, on y retrouve quelques prises de position progressistes : défense des 35 heures, du repos dominical, des seuils sociaux,… Toutefois, dès lors qu’il s’agit de politique économique ou de politique fiscale, les propositions de Martine AUBRY sont floues ou marquées du sceau de la pensée unique :
– Elles ne remettent pas en cause le « chantage compétitif ». Le CICE serait maintenu pour moitié, l’autre moitié allant au soutien de la demande,
– La réforme fiscale se limiterait à un replâtrage du système actuel : CSCG plus progressive, fusionnée avec l’Impôt sur le Revenu et verdissement des taxes sur la consommation,
– Elles recyclent de vieilles recettes qui ont fait la preuve de leurs insuffisances : emplois aidés, soutien au BTP,…
Martine AUBRY serait plus crédible si sa politique municipale tranchait vraiment avec l’orientation libérale du gouvernement : politique fiscale injuste, partenariat public – privé pour le grand stade,…
Bien qu’elle s’en défende, Martine AUBRY ne rompt pas véritablement avec le social – libéralisme de Manuel VALLS !

Le Parti de Gauche défend, au contraire, des propositions rompant pour de bon avec le libéralisme et les politiques d’austérité. Il lance une campagne nationale défendant 15 mesures d’urgence, parmi lesquelles :
– L’interdiction des licenciements dans les entreprises réalisant des profits,
– L’Instauration d’un protectionnisme solidaire avec des taxes aux frontières notamment sur les produits dont la fabrication ne répond pas aux normes sociales et environnementales françaises,
– La création d’un pôle public de l’énergie et d’un pôle public des transports,
– La création d’un pôle financier public avec la nationalisation des principales banques françaises,
– Le SMIC à 1 700 € bruts et le retour à la retraite à 60 ans.

Pour le Parti de Gauche de Lille Métropole
Sébastien POLVECHE, co – secrétaire du comité PG de Lille Métropole

UN MI-MANDAT CREPUSCULAIRE

Par Eric Coquerel, co-secrétaire national du PG

Le bilan à mi-mandat de François Hollande était des plus sombres. Depuis le week-end dernier, il est devenu dramatique. Pour la première fois depuis la mort de Malik Oussekine il y a 28 ans, un jeune homme a en effet été tué par la police lors d’une manifestation. Du côté des commentateurs zélés du pouvoir on refuse cette comparaison au prétexte, si l’on comprend bien, que Charles Pasqua était le Ministre de l’intérieur d’un gouvernement de droite et que Bernard Cazeneuve serait le Ministre de l’intérieur, forcément plus humaniste, d’un gouvernement « de gauche ». Cela n’est qu’une mauvaise communication politique. Car les faits sont têtus. Dans les deux cas la responsabilité politique du gouvernement est bien engagée. En 1986 Pasqua avait répondu par la répression au refus massif de la loi Devaquet chez les étudiants. Il avait tenté d’instrumentaliser, provoquer même, des débordements en marge des manifestations pour discréditer et diviser le mouvement et délégitimer ses revendications. Cette spirale s’est terminée de la façon dramatique que l’on connaît mais aussi par la défaite du gouvernement.

Qu’en est-il cette fois ? Un « manifestant pacifiste », caractérisé ainsi par Bernard Cazeneuve lui-même, est tué par une grenade offensive. Ce drame survient au cours d’un week-end où tout le monde sait, le Ministre de l’intérieur le premier, que les opposants ont décidé une grande mobilisation sur le site. Un site où, notons-le, la police n’a plus rien à protéger vraiment puisque, ignorant les recours déposés par les associations opposées au barrage, les autorités ont déjà quasiment rasé et dévasté la zone humide que la retenue d’eau doit recouvrir. Ce coup de force n’a d’ailleurs pas été pour rien dans la montée des tensions. Bien sûr, et nul ne le conteste, quelques-uns des manifestants n’excluent pas d’utiliser une certaine forme de violence pour s’opposer au barrage. Mais ce samedi, ils sont extrêmement minoritaires et toute la journée les organisateurs les ont marginalisés. De leur côté, et ce depuis des semaines, l’attitude des forces de police qui obéissent manifestement à des ordres en ce sens, n’apaise pas la tension. A plusieurs reprises, une forte répression a été opposée aux demandes de dialogues des associations y compris en présence des élus qui tentaient de s’interposer.

Cela a tout d’une stratégie visant à pourrir la situation. Dans la nuit de samedi à dimanche, cela n’a fait que s’aggraver : après une altercation entre un groupe de manifestants et un groupe isolé de policiers laissé, visible, sur le site, trente camions de gendarmes surviennent rapidement à l’entrée de la zone d’accès au chantier. Un tel dispositif ne pouvait qu’attiser le feu dans une zone constituant une sorte de cul-de-sac naturel, une souricière où la violence, nocturne en plus, ne pouvait que devenir incontrôlable. Ces faits étaient-ils inconnus du Ministre ? Il explique que non : « J’ai passé tout mon week-end en liaison avec ceux qui étaient en charge du maintien de l’ordre à appeler à la prudence, parce que je sentais cette violence et je voyais les provocations ».Il n’a donc pas tort quand il affirme : « Il ne s’agit pas d’une bavure » . On ne peut en effet le résumer ainsi. Des lampistes ne peuvent, seuls, payer ce drame même si une procédure judiciaire doit être ouverte. Il y a bien une grave faute dans la chaîne de commandement qui, on le voit, remonte directement au Ministre.

Dans les deux cas, l’opposition à la réforme Devaquet et au Barrage du Testet, il y a donc bien d’abord une situation de blocage. Car pour reprendre les mots de notre conseiller régional Midi-Pyrénées Guilhem Serieys : « S’il avait passé les différentes étapes réglementaires, le projet était illégitime du point de vue de l’esprit démocratique. Après les réserves de l’enquête publique, le Comité National de Protection de la Nature avait rendu un avis défavorable dont le maître d’ouvrage, le Conseil général du Tarn, n’a pas tenu compte. En faisant le choix de ne pas attendre les conclusions des instances juridictionnelles françaises et européennes, le Conseil général a cherché à imposer par la force et la précipitation ce qui est fragile par le droit ».

Devant une telle situation, un régime démocratique normal aurait recours au vote pour trancher la question. Dans une République non marquée par le caractère monarchique de la 5ème – qu’il soit exercé à l’Elysée ou, dans le cas présent, par un potentat local comme le Président du Conseil général Thierry Carcenac – le référendum constituerait une issue naturelle. Le même Carcenac aurait aussi pu décider un moratoire puis demander aux électeurs de trancher lors des prochaines élections départementales en assumant pour le coup ce projet de barrage dans son programme. Non : on a décidé de contourner l’opposition grandissante de citoyens et d’élus par la seule voie autoritaire et le recours à un outil répressif qui ne pouvait que s’avérer dangereux vu le terrain et les circonstances. Comme en 1986 là encore. Ce n’est pas chose isolée : le scénario avait été le même à Notre-Dame-des-Landes où on était passé à plusieurs reprises tout près d’un tel drame. Cette fois, malheureusement pour Rémi, cela n’a pas été le cas.

Alors oui, en République, la démission d’un Ministre de l’intérieur est la seule façon pour le gouvernement d’assumer une telle responsabilité politique. Pasqua ne l’avait pas fait en 1986 mais Devaquet si. Pour le moment, Bernard Cazeneuve donne des leçons, disant trouver indignes les propos des responsables du PG ou d’EELV alors que nous plaçons logiquement la mort de Rémi sur le terrain politique. Il nie par là l’engagement citoyen de Rémi Fraisse qui n’est pas mort dans un « accident » mais bien dans une manifestation où il défendait ses idées.

Non, ni M. Carcenac, le Président du Conseil général du Tarn, ni le gouvernement ne peuvent se dédouaner ainsi de leurs responsabilités. Tout cela est dans la logique d’une politique qui depuis deux ans est non seulement antisociale, mais qui plus est, criminalise et réprime les mouvements de contestations sauf ceux du patronat. Cela a commencé par le refus de la loi d’amnistie, cela s’est poursuivi mardi par la condamnation à des peines de prison avec sursis de militants de la Confédération paysanne en raison de leurs actions de protestation contre la ferme des mille vaches, assortis de peines d’amendes pour des refus de prélèvement d’ADN. Tout cela est dans la lignée habituelle de gouvernements de droite aux abois. Décidément le mi-mandat de François Hollande est déjà crépusculaire.

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L’ère est venue ! Adrien QUATENNENS – Jeudi 16 Octobre 2014

Les voleurs de mots

Hollande, Valls, Macron et toute la bande sont allés au bout du bout du reniement.

C’est pire que Sarkozy, la honte en plus car Hollande, nous l’avons élu. Alors bien sûr, nous n’avions pas voté POUR Hollande. Nous avions voté CONTRE Sarkozy, mais quand même…

Si l’autre Gauche ne se faisait pas d’illusion sur la politique que ceux-là appliqueraient, jamais nous n’avions anticipé un tel niveau de reniement.

Jamais nous n’avions imaginé que les engagements pris seraient à ce point et si rapidement foulés aux pieds et pire, que la direction prise par ce gouvernement serait littéralement opposée à ce pourquoi Hollande a été élu.

Ainsi, le candidat qui clamait « mon ennemi, c’est la finance » est devenu le Président de la République dont le Premier Ministre passe son temps à courir les hauts lieux du prétendu ennemi (le Medef, la City…) pour lui déclarer son amour.

Cela sous les yeux ébahis de citoyens en colère qui, quand ils ne contribuent pas à la percée de l’extrême droite, désertent les bureaux de vote tant ils sont dégoutés par ce qui leur est donné à voir.

Hollande et ses amis ont fait pire que de renier les engagements qu’ils avaient pris devant nous : ils nous ont volé les mots.

A commencer par le premier d’entre eux : le mot « Gauche ».

Ils l’ont fait sciemment, en appliquant une politique de Droite. C’est un peu comme jouer du pipeau en prétendant jouer de la trompette !

Car c’est une politique de Droite ! Même les commentateurs les plus sceptiques s’accordent désormais pour le dire.

Nous autres, bien sûr, nous sommes de Gauche. C’est là toute notre Histoire, notre identité.

Mais que se passe-t-il quand nous parlons aux gens et que nous leur disons « nous sommes de Gauche » ?

« Ah bon, alors vous êtes avec Hollande et Valls ? »

Et nous voilà repeints en Macron et compagnie, direct dans le sac poubelle non recyclable !

A cause d’eux, nous ne pouvons plus utiliser les mots qui faisaient références pour nous définir sous peine de n’être point compris. C’est dramatique !

Mais, si les étiquettes passent, les idées restent.

Ainsi, si l’expérience de la Bolivie (où Evo Morales vient d’être magnifiquement réélu) a fait la preuve que le mot « Gauche » est un répulsif qui renvoie le clivage « Gauche/Droite » aux abîmes tant il est associé au système, il est un clivage qui lui apparaît de plus en plus clairement : Le Peuple face à l’Oligarchie. Celui-là n’est pas un répulsif. Il dispose au contraire d’une gigantesque capacité de rassemblement car il incarne plus que jamais une réalité concrète. La Gauche ne fait plus peur au système car il l’a digérée. Mais si le système n’a plus peur de la Gauche, il a en revanche plus que jamais peur du Peuple. Ce Peuple dont la Révolution Citoyenne peut renverser la table pour tout changer.

Sarkozy en acteur recyclé

 

Lui revient et il a bien appris son texte. En témoignent les extraits superposés de ses différents meetings où il récite les mêmes vers, n’ayant pas même l’imagination nécessaire pour changer de blague d’un soir à l’autre. Ainsi, quand quelqu’un dans la salle a l’audace de lui poser une question qui le renvoie à la magnifique guirlande de casseroles qu’il traine derrière son carrosse, il répond que, si l’on recherche un délinquant, pour ce soir, il a un alibi : il est à Lambersart, Troyes, etc…  actualisant selon la ville où il se trouve et usant de l’humour de son niveau pour faire rire la salle et ne pas répondre à la question posée. Le tout sous les applaudissements fournis d’une salle bondée de fans bien trop admirateurs de l’homme pour apprécier le vide vertigineux de ses idées. Oui, il a changé : il est pire qu’avant ! Il faut voir, car cela vaut le détour, sa tirade contre les opposants à l’exploitation des gaz de schiste. Car lui annonce la couleur : il en est un promoteur invétéré ! Quel projet quand on sait les conséquences sanitaires et environnementales de l’exploitation des gaz de schiste ! Cela donnerait presque envie qu’il nous montre l’exemple en forant un puits dans son jardin !

Bref, Hollande fait pire que Sarkozy qui revient et qui annonce qu’il va faire pire que Hollande ! Cette surenchère entre libéraux met en perspective la pauvreté intellectuelle de leurs programmes tristement similaires qui se résument en une politique de l’offre ayant la concurrence pour colonne vertébrale, qui maltraite les salariés, ne répond pas au drame du chômage, ne tient aucun compte de l’urgence climatique sinon pour faire du capitalisme vert, donc reculer pour mieux sauter.

S’il fallait résumer leurs ambitions programmatiques en deux mots, nous pourrions dire : Liquidation Totale !

Si en 2017 c’est l’un d’entre eux, nous pouvons y voir au moins un avantage : on connaît le programme puisqu’il est déjà à l’œuvre !

Le projet glauque

 

Hollande fait donc une politique de droite qui rend la stratégie de différenciation difficile à la droite elle-même ! Alors celle-ci fait son jeu des têtes dont raffolent les médias-spectacles. Et l’affiche fait vendre : Sarkozy, Juppé et tous les amis de l’UMP dans un combat de coqs avec Bygmalion en toile de fond !

Dans le même temps, Hollande divise le mouvement social et travaille ardemment à rendre impossible l’émergence d’une alternative sur sa Gauche.

Qu’espère t-il ainsi ?

Sans doute un deuxième tour face à Marine Le Pen dans lequel il imagine qu’il serait réélu sans rien devoir faire.

Summum de la gloire, il pense peut-être qu’ainsi, il pourrait nous traîner derrière son carrosse victorieux, accrochés aux chaines du vote utile.

C’est le projet glauque.

Mais si tel est vraiment le projet de François Hollande, il doit alors commencer à sérieusement s’inquiéter car les sondeurs déjà de sortie annoncent un deuxième tour Le Pen/Sarkozy. Hum, la belle affiche : l’extrême droite contre la droite extrémisée !

Et pendant que se trame le deuxième round de la fausse alternative Hollande/Sarkozy, il sort de la bouche de Marine Le Pen des pans entiers de discours que l’on pourrait attribuer à Jean-Luc Mélenchon (sur la finance, le libre-échange, l’Union Européenne et même, plus étonnant, sur l’Ecologie). Si les vieilles théories que l’on connaît du Front National sur l’immigration demeurent, le voilà qui arrive sur des terrains qu’on ne lui connaissait pas. Marine Le Pen déclare elle-même vouloir inscrire le FN sur des sujets où il n’est pas connu comme l’Ecologie.

Dans l’Histoire, l’extrême droite a souvent fait usage des mêmes mots que la Gauche pour que puissent aboutir ses propres projets. On pourrait peut-être mettre cela sur un plan similaire au vol des mots par François Hollande qui se dit de Gauche tout en faisant une politique de Droite.

Assez clairement donc, s’il y a des mots communs entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, il n’en reste pas moins qu’ils représentent toujours deux camps bien distincts : Celui pour lequel le problème est avant tout l’immigré, et l’autre pour lequel le problème c’est le financier.

Le Front de Gauche et le Front National sont les deux endroits opposés par lesquels peut sortir la lave du volcan que représente la colère légitime du Peuple de France face à une oligarchie qui lui fait des pieds de nez.

Et pour que l’analyse soit juste, il faut bien le reconnaître : pour le moment, c’est le Front National qui est en dynamique. L’hégémonie culturelle dans ce pays va de ce côté. C’est de ce côté du volcan que s’est ouvert le cratère.

Nous devons donc, avant 2017, travailler pour faire que le cratère s’ouvre de l’autre côté de la montagne.

Et, pour cela, à n’en pas douter, il y a bien d’autres thèmes que nous n’aurons pas en commun, à commencer par la 6ème République.

Pendant que le Front de Gauche milite pour une 6ème République vraiment démocratique, le Front National lui, prône une reprise en main de la 5ème.

Cette 5ème qui n’en finit plus de nous démontrer chaque jour comment elle prive un peu plus le Peuple de son propre destin en concentrant les pouvoirs dans les mains d’une oligarchie qui fait ce qu’elle veut du mandat que le Peuple lui a confié. Oligarchie tout en haut de laquelle se trouve le monarque présidentiel.

Le Mouvement pour la 6ème République (M6R)

 

Pour toutes les raisons politiques précédemment évoquées, il n’était pas question pour nous d’attendre ou de plonger dans les petits arrangements politiciens. Face à la montée de l’extrême droite, nous ne croyons pas que la solution soit un rassemblement de la Gauche façon Front Républicain. En effet, ce rassemblement rassemblerait des personnes dont les opinions sur presque tous les sujets (économie, écologie, …) ne peuvent plus s’accommoder. Non, nous ne voulons pas nous rassembler avec les fossoyeurs de la Gauche que sont Hollande et Valls ! Le socle stratégique du Front de Gauche, ce doit être l’autonomie du Parti Socialiste qui se meurt et finira en dehors de la stratosphère. C’est comme cela que le Front de Gauche s’est construit, c’est comme cela qu’il a rassemblé 4 millions de voix aux élections présidentielles de 2012 avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui faisait apparaître très clairement l’alternative à Gauche. Mais cette autonomie et l’élargissement souhaité du Front de Gauche (avec EELV, le NPA…), on l’a dit, ne suffiront pas à fédérer un Peuple qui n’a que faire de la Gauche qu’il assimile au système politique qu’il rejette. L’équation se trouve donc ailleurs, dans la fédération du Peuple lui-même. C’est ce qu’entreprend désormais Jean-Luc Mélenchon depuis qu’il a quitté la coprésidence du Parti de Gauche et qu’il a lancé le Mouvement pour la 6ème République. Le mot d’ordre ? Changer ensemble la règle du jeu. Proposer au Peuple de se rassembler pour définir les droits qu’il se reconnaît à lui-même et aux autres, décider qui décidera à l’avenir (le Peuple ou l’oligarchie ? Les lobbys ou les citoyens ? Les actionnaires ou les salariés ?). Inscrire dans une nouvelle Constitution de nouveaux droits, de nouvelles règles (par exemple la Règle Verte qui ferait que l’on ne prendrait pas plus à la nature que ce qu’elle peut nous donner, ce qui constituerait un formidable défi d’avenir et un volant d’entrainement pour l’économie tout entière), de nouvelles possibilités pour les citoyens (le référendum révocatoire qui permettrait qu’on réinterroge le Peuple sur la confiance qu’il accorde à un élu à mi-mandat). Le Mouvement pour la 6ème République propose au Peuple de devenir Constituant. Il appelle de ses vœux l’élection d’une Assemblée Constituante qui rédigera la nouvelle Constitution de la 6ème République qu’il souhaite démocratique, sociale et écologiste. En un mois, la page www.m6r.fr a recueilli 50 000 signatures, rassemblant des citoyens largement au delà des sphères militantes. Rassemblant des citoyens qui ont bien compris qu’on ne pourra pas faire face à la crise sociale et écologique de notre temps si l’on ne commence pas par changer la règle du jeu elle-même pour faire que le Peuple décide réellement. En cela, le passage à la 6ème République n’est donc pas une fin en soi. C’est un moyen. Le moyen de tourner la page pour en écrire une plus belle. Le moyen d’ouvrir la porte vers les beaux jours. C’est donc la stratégie révolutionnaire de notre temps. Et comme, dans notre temps, les êtres humains nombreux sont connectés dans de vastes réseaux qui constituent les premières places publiques qu’ils occupent avant même de descendre dans la rue, c’est sur Internet que cette Histoire commence. La page www.m6r.fr est, pour le moment, assez minimaliste. Elle recueille les signatures sur des principes généraux clairs et publie les déclarations des citoyens et personnalités issus de divers horizons qui décident de la rejoindre. Elle se fixe comme objectif que les signataires fassent signer à leur tour. Quand le compteur atteindra les 100 000 signatures, nous envisagerons ensemble la suite de l’Histoire et le site prendra la forme d’un réseau social démocratique où chacun aura sa place pour mieux nous le permettre.

L’ère du peuple

 

Jean-Luc Mélenchon, que d’aucuns souhaitaient voir parti en retraite avant l’heure, se consacre pleinement à cette mise en mouvement. De par le fait qu’il est un porte-parole connu et de grande qualité, le Mouvement pour la 6ème République bénéficie de sa large capacité à mettre en mouvement et à expliquer clairement ce que nous faisons et pourquoi à qui veut bien l’entendre.

Il pose un cadre théorique à ce nouvel engagement dans son nouveau livre « L’ère du peuple ».

Dans cet ouvrage de 140 pages, il revient sur les reniements de Hollande et la situation politique du pays puis propose de ne pas s’y arrêter pour pouvoir passer à autre chose.

Il analyse très finement la situation internationale explosive et le noir dessin qu’elle revêt de par les bouleversements d’envergure qu’elle connaît.

Il taille en pièce les contre-modèles que l’oligarchie s’acharne à nous présenter comme modèles.

Il décrit, inquiet, le changement climatique irréversible qui est commencé et les bouleversements de la hiérarchie des puissances qui dépossèdent le Peuple de son destin sans jamais faire de catastrophisme.

Car si Jean-Luc Mélenchon précise que la situation lui inspire « tout le pessimisme de la raison », il ajoute qu’elle lui procure aussi « tout l’optimisme de l’action ».

En effet, Jean-Luc Mélenchon est convaincu que vient l’ère du peuple qui s’organise pour reprendre en main son destin en renversant la table de ceux qui le méprisent et lui bourrent le crâne.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2012 souhaite bien œuvrer à accélérer la venue de cette ère qu’il appelle de ses vœux.

Pour lui, 2017 sera une insurrection civique dont le socle doit être la 6ème République.

Et nous qui rejoignons le Mouvement, comptons bien empêcher tous les candidats à l’élection présidentielle d’y participer sans se prononcer sur cette idée.

D’ici là, un long travail commence pour la rendre majoritaire au sein du Peuple lui-même, alors en avant ! A votre tour de signer pour la 6ème République sur www.m6r.fr ! C’est déjà fait ? Alors allons faire signer !

A la fin de son nouveau livre, Jean-Luc Mélenchon fait siens les mots du grand Jean Jaurès :

« Nous savons par une expérience qui s’appelle la Révolution française qu’il ne faut jamais désespérer et qu’un jour ou l’autre, dans notre pays de France, la grandeur des évènements répond à la grandeur de la pensée ! »

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