Elections départementales-déclaration du Parti de Gauche 59

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Déclaration du Parti de Gauche 59 sur les élections départementales
Le Parti de Gauche du Nord lance aujourd’hui un appel à toutes les forces citoyennes, à toutes les forces qui luttent contre l’austérité dans le département pour qu’elles ouvrent au plus vite le dialogue en vue des élections départementales. Nous réaffirmons notre détermination à faire émerger dans le département une alternative à la politique gouvernementale.
Le Parti de Gauche du Nord appelle à des candidatures citoyennes de rassemblement aux élections départementales de mars 2015.
Nous proposons que ces candidatures s’articulent autour d’une charte, d’un label, de principes communs :
– Une autonomie totale vis-à-vis du Parti socialiste, parti de l’austérité.
– Rompre avec les politiques d’austérité, le refus du productivisme et de la réforme territoriale.
– Placer au cœur du débat et des politiques départementales les questions de l’emploi durable, des politiques sociales, écologiques en veillant à combattre les disparités territoriales.
– Redonner le pouvoir aux citoyens par la mise en place d’Assemblées Citoyennes dans les cantons, associant toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche, pour co-élaborer le projet et construire la liste des candidats.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, le Parti de Gauche prend la mesure des dangers qui menacent : la droite et surtout l’extrême-droites sont aux portes du pouvoir. Le Parti de Gauche ne se dérobera pas à ses responsabilités. Pour nous, l’extrême droite sera battue par un Front citoyen regroupant tous ceux qui sont en rupture avec la politique du gouvernement actuel et qui souhaitent apporter une réponse sociale et écologique à la crise économique, politique que nous traversons.
Hâtons-nous, le temps presse ! Nous ne pouvons pas rater ce rendez-vous historique. Face à la trahison du parti solférinien, de Hollande, Valls, Macron, le peuple doit se lever et s’unir.

Mail : pg59@lepartidegauche.fr
Facebook : Parti de Gauche Nord
Twitter :@PGNord

Bougeons-nous!

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Article rédigé par Adrien QUATENNENS

Ne pas sombrer avec François Hollande

Nous sommes arrivés à la mi-mandat de François Hollande. Ce prétendu ennemi de la finance qu’elle a raison de ne pas craindre. Difficile désormais de mettre en relief ce qui sépare véritablement l’actuel Président de la République de son prédécesseur sur le plan idéologique. En absolus convertis au culte libéral, ils ne semblent plus capables de penser en politique sans faire allégeance à la direction imposée par Bruxelles, si insensée et arbitraire puisse-t-elle être. Ils portent la politique de l’offre, la concurrence et la compétition en bandoulière, à cette heure où, pourtant, notre pays devrait s’avancer de toute sa grandeur sur la scène internationale pour impulser le changement absolument nécessaire pour répondre aux grands défis de notre temps, à commencer par le changement climatique.

La France doit cesser de se laisser rabougrir et rabaisser sous prétexte d’une dette dont on sait qu’elle est en grande partie illégitime du fait de la spéculation générée par la finance sur elle-même. Assez de déclinisme ! La politique des caisses vides est un moyen d’obliger les français à baisser les yeux et à regarder leurs chaussures en faisant passer pour du courage  des sacrifices inacceptables (coupes dans les dépenses publiques, austérité généralisée etc.). La France a besoin de Gauche et le Monde a besoin d’une France de Gauche.

Le niveau de reniement de François Hollande est tel que, désormais pour beaucoup, « la gauche et la droite c’est pareil » et nombreux sont ceux qui renoncent à faire la différence entre notre idéal et la supercherie qui gouverne en son nom. François Hollande sombre un peu plus chaque jour dans les abîmes de l’impopularité.

Étranges institutions que celles de la 5ème République qui permettent à un Président de la République d’exercer le pouvoir sans soutien populaire. Mais à mesure que sa chute s’avance, des éboulis de la 5ème République commencent à tomber aussi, tant ce système institutionnel, véritable monarchie présidentielle, a sa grande part de responsabilité dans la colère populaire.

En attendant, et malgré le fait qu’en 2006 dans son entretien avec Edwy Plenel, François Hollande prônait la« vérification démocratique » à mi-mandat, il nous aura fallu nous contenter d’une émission de TF1 « Face aux Français » qui en a ajouté au spectacle du rapetissement de la fonction qu’il incarne. Passant en deux heures d’émission du registre Pole Emploi à une certaine allégeance à une patronne adepte de l’anti-syndicalisme primaire. Seul le Medef a dû à peu près s’y retrouver. Jean-Luc Mélenchon a résumé en moins de dix mots notre sentiment face à ce spectacle abjecte : « 150 ans de Gauche pour en arriver là. Usurpateur ! ».

Dès lors, s’il est une perspective qui nous anime à cet instant, c’est celle de ne pas sombrer avec François Hollande. Pour cela, nous devons incarner mieux que jamais l’alternative que nous représentons, la seule capable de redresser ce pays tout en répondant aux grands défis imposés par notre temps.

La révocabilité, une nécessité !

Du 8 au 11 novembre, le Parti de Gauche a tenu une première votation citoyenne sur le droit de révoquer les élu-e-s. Dans 75 départements et même outre-mer, ses militants ont occupé les marchés et les places avec des urnes pour faire voter les citoyens, appelés à répondre à la question « Êtes-vous favorable au droit de révoquer les élu-e-s ? ». Qu’il en soit de la mobilisation des militants, de la participation comme du résultat, cette première votation est un succès. Cela n’est pas étonnant : elle est complètement d’actualité.

Cette question de la révocabilité des élus en appelle à leur responsabilité permanente, percutant ainsi l’irresponsabilité cultivée par les institutions de la 5ème République. Celle-là même qui rend possible les affaires Cahuzac, Thévenoud ou autres Balkany sans que le Peuple ne puisse les renvoyer d’où ils viennent sans attendre la fin de leur mandat. Celle-là même qui rend possible pour un Président de la République le reniement à ses engagements sans que cela ne lui en coûte pour exercer le pouvoir.

Finalement, la question de la révocabilité des élu-e-s est une affaire de responsabilité. C’est devant le seul souverain qu’est le Peuple que doit s’exercer la responsabilité des élu-e-s. Aucun élu ne doit pouvoir se garder de rendre des comptes. Il n’est pas question de « punition » mais de contrôle civique. Rappelons que ce droit a été inventé pendant la Révolution Française et qu’il s’applique dans certains États des États-Unis ou des pays d’Amérique du Sud. Il est temps de l’appliquer en France !

Le fait que ce droit existe ne permettrait plus de faire des promesses électorales qui ne sauraient être tenues. Il inciterait à faire campagne sur des programmes et objectifs clairs que l’élu ne pourrait pas laisser soumettre aux pressions extra-démocratiques que sont les lobbys ou les pressions financières. L’élu serait à tout moment responsable devant le Peuple. Pour autant, il faut nécessairement pouvoir concilier l’expression du Peuple avec la stabilité des institutions. C’est pourquoi le référendum révocatoire ne pourrait pas avoir lieu avant la mi-mandat de l’élu concerné.

Quoi qu’il en soit, le Parti de Gauche continuera à porter ce débat en faveur du droit de révoquer dans ses campagnes et souhaite que cet axe soit partagé avec ses partenaires. D’ores et déjà, il propose le texte d’une disposition constitutionnelle sur le référendum révocatoire qui permettrait de renforcer le contrôle citoyen sur l’exercice des mandats et la responsabilité des élus. Celui-ci pourrait être rédigé ainsi :

« Toute personne titulaire d’un mandat public électif peut être révoquée à l’issue d’un référendum organisé à l’initiative d’au moins un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales de la circonscription concernée, dans des conditions prévues par la loi. » « La révocation ne peut être sollicitée avant l’expiration de la moitié au moins de la durée d’exercice d’une charge publique élective. Il ne peut être organisé qu’un seul référendum révocatoire au cours d’un même mandat ».

On imagine aisément ce qu’il en serait à cette heure du « Moi, Président » Hollande si le droit de révoquer les élu-e-s s’appliquait en France !

Le vaudeville permanent

L’actualité ajoute quotidiennement son pesant de comique de répétition dans le vaudeville permanent de l’oligarchie au pouvoir. Ainsi, après le lot de turpitudes des Cahuzac, Thévenoud, Balkany et compagnie, apparaissent les accointances entre les gens de la Cour ! Comme lorsque Monsieur Jouyet,cet indestructible parmi les belles personnes (bras droit de François Hollande après avoir été ministre de Nicolas Sarkozy), déclare que François Fillon serait venu lui demander de faire accélérer les procédures à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Vous avez bien suivi ? François Fillon a porté plainte en diffamation, la justice suivra mais quel qu’en soit le résultat, il faut bien reconnaître que dans les lumières des écrans cathodiques (ou plats !) comme dans les lignes des journaux, ce régime ressemble à si perdre à une petite monarchie et sa cour, dans les noblesses de l’entre-soi.

Dans le même temps, on assiste au show-come-back de Nicolas Sarkozy qui adapte sa position contre le Mariage pour tous à l’applaudimètre d’une foule en délire. C’est ainsi qu’il passe de « réécrire de fond en comble la loi » à « si vous préférez qu’on dise qu’il faut l’abroger, en français ça veut dire la même chose, mais si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher ». Son retour plus que mitigé l’amène à toutes les surenchères les plus droitières, mettant peut-être un peu plus en lumière le déséquilibre dans la balance entre la lourdeur de ses ambitions et le poids de ses réelles convictions. Il a suffi qu’une foule crie à l’abrogation pour qu’il passe d’une posture à l’autre, invoquant même la notion de « plaisir ». Et que dire d’Hollande, à qui il a suffi d’être élu pour passer de mon « ennemi c’est la finance » à « bon élève de la classe Europe » ? Un système qui concentre autant de pouvoirs sur une seule personne fini toujours pas le donner à des imbéciles !

Le Peuple ne dispose pas de moyens suffisants pour s’en mêler et d’ailleurs tout est fait pour qu’il ne s’en mêle pas. Et pourtant les questions qui se posent à l’Humanité nécessitent sa pleine implication. Pour n’évoquer aujourd’hui que l’urgence écologique (bien que l’urgence sociale soit de la même importance), la question n’est ainsi pas de savoir si la crise écologique va faire naître des catastrophes mais quand ces catastrophes vont se produire et sous quelles formes. Les défis sont de très haut niveau. Mais au moment où l’Humanité doit les affronter, elle ne les affronte pas dans les conditions de raison et de coopération qui devraient constituer le nouveau modèle économique et politique. Tout au contraire, c’est la compétition de tous contre tous et le productivisme chevronné qui perdurent. Pas étonnant qu’ils s’en fassent les défenseurs quand on constate que même dans leurs propres partis politique, ils sont en compétition permanente !

La Gauche en marche, oui, mais pas que !

Au jeu de « la gauche et la droite c’est pareil », ils vont finir par faire mourir la gauche. Nous devons les en empêcher. Mais si les étiquettes passent, l’idéal demeure. Car nous savons ce qui dans l’Histoire a fait naître le clivage entre la Gauche et la Droite autour de la question du droit de veto. Ces grandes questions sont toujours d’actualité : Tous ensemble ou chacun pour soi ? Égalité et intérêt général ou somme d’intérêts particuliers ? Ces clivages ne peuvent pas disparaître dans des alliances et des arrangements sans principe. Il serait dommage que passent les étiquettes mais tant pis si cela devait arriver du moment que l’idéal, lui, reste.

Ainsi, si le clivage Gauche/Droite est rendu moins perceptible par les politiques libérales menées par les uns et les autres, le clivage Peuple/Oligarchie, sur des thématiques similaires, est lui plus que jamais d’actualité.

Mais la Gauche ne se laissera pas sombrer avec François Hollande, Valls et Macron ! D’ailleurs, elle était décidée à le montrer en marchant ce Samedi 15 Novembre 2014 à l’occasion de la mi-mandat du Président de la République : Contre Hollande et Valls, contre le budget d’austérité. Les différentes marches organisées dans plus d’une vingtaine de grandes villes de France ont réuni 100 000 manifestants. A Paris, nous étions 30 000. C’est le collectif 3A, pour une alternative à l’austérité qui en était à l’initiative. D’ores et déjà, nous pouvons apprécier le fait qu’à cette occasion étaient réunies de nombreuses forces progressistes en opposition à la politique du gouvernement. L’arc s’est élargi : de nombreux syndicats, de nombreuses associations, de nombreux partis de gauche, allant de « l’extrême gauche » à l’écologie politique sans oublier la présence de « socialistes affligés » en désaccord avec la politique de Hollande et Valls. Ces forces constituent l’opposition de Gauche.

Il faut que convergent ces forces en mouvement. Cela est nécessaire. Mais cela ne sera pas suffisant. Il faut aller au delà même de la convergence de ces forces en appelant le Peuple tout entier à s’en mêler. C’est tout le combat que nous souhaitons mener avec le Mouvement pour la 6e République (www.m6r.fr) pour organiser le moyen de l’implication populaire, pour changer la règle du jeu par une constituante. Nous devons travailler ardemment pour que cette idée devienne rapidement majoritaire dans le pays. C’est cela ou les abîmes promises par ce que l’on voit venir de la situation politique actuelle.

Car oui, face à la situation sociale et écologique, face à l’ordre géopolitique mondial, il y a des raisons de s’inquiéter. Qui peut régler le désordre du Monde ? Il faut répondre à cette question et, une fois qu’on y a répondu, se tenir cramponné à la réponse pour ne jamais l’oublier : C’est le Peuple qui peut le faire pour le peu qu’on l’y appelle. L’implication populaire est la clé du dénouement de toute la situation politique mondiale, nationale et locale. Le Peuple doit se bouger les fesses, et nous, les citoyens engagés devons l’y encourager en le faisant les premiers. Il faut que cesse le rapport entre les citoyens et les politiques sur le thème : « Ne vous inquiétez pas, laissez-nous nous en occuper et rentrez à la maison ! ». Ce qu’il faut dire, c’est tout le contraire : Sortez de la maison, mettez-vous en mouvement, aidez les travailleurs quand ils sont en lutte dans leur entreprise, défendez ceux qui marchent devant en éclaireurs, manifestez contre les grands projets inutiles, contre les politiques libérales et de libre-échange comme cet abjecte projet de Grand Marché Transatlantique, pétitionnez, participez, agissez ! Cela vous sera rendu au centuple mais, nous vous en conjurons, bougez-vous ! Bougeons-nous !

APPEL UNITAIRE POUR LA MARCHE CONTRE L’AUSTERITE, 15 Novembre, PARIS
CONTRE L’AUSTERITE,

Le 15 novembre, MARCHONS POUR UN AUTRE AVENIR

Il y a maintenant 2 ans et demi, François Hollande était élu président de la République. Pour quel bilan aujourd’hui ? La politique menée est celle du renoncement au changement. Elle tourne le dos aux espoirs du monde du travail. La politique d’austérité du gouvernement Valls va même plus loin : Notre pays est désormais soumis au diktat de l’Europe de Bruxelles
2 ans et demi ont passé. Les Français n’en finissent plus d’encaisser les chocs successifs des cures d’austérité imposées par le gouvernement Hollande-Valls. La situation s’aggrave : l’industrie s’effondre, le chômage augmente, le gouvernement brade notre souveraineté économique, sociale et environnementale en validant le Tafta. Il repousse sans cesse la mise en place d’une réelle transition écologique. Notre région est au bord de l’asphyxie: austérité, compétitivité par la baisse du coût du travail, reculs sociaux, coupes claires dans les dépenses publiques, baisse des dotations aux collectivités locales. Ces politiques ont échoué partout comme elles échouent en France : elles nourrissent la crise, creusent tout à la fois les inégalités et les déficits. F. Hollande nous propose une politique de misère sociale.
Pour autant, nous pensons qu’il n’y a pas de fatalité. En France, comme dans le Nord-Pas-de-Calais, nous ne sommes pas condamnés au retour de la droite ou à l’arrivée de l’extrême-droite. Il y a dans notre pays une majorité de citoyens qui souhaitent construire collectivement une autre route, une alternative à la politique actuelle menée sans débat et avec autoritarisme. Nous lançons un appel à toutes ces forces de progrès : citoyens, associations, syndicats, partis. Nous pouvons ensemble construire une alternative politique sociale et écologique à gauche.
C’est dans contexte qu’en nous inscrivant dans la démarche du collectif national « 3A », (Alternative A l’Austérité, http://www.collectif3a.org ), nous invitons les citoyens du Nord à rejoindre le rassemblement du 15 novembre à Paris. En manifestant ils rappelleront à F. Hollande que le peuple ne lui a pas fait un chèque en blanc en mai 2012. Nous demandons des comptes sur sa politique intérieure et européenne. Il faut que le chantage à la dette cesse ! Nous proposons une vraie rupture avec la politique libérale menée jusqu’à présent : il faut une vraie relance sociale et écologique. Il faut redonner du pouvoir d’achat, augmenter les salaires, créer des emplois. Il faut créer les conditions d’une véritable reconquête industrielle en l’inscrivant dans le cadre d’une transition écologique réelle. Il faut s’attaquer au capital, à la finance, à la rente des actionnaires qui est supportée par les salariées, les chômeurs, les précaires, les retraités et la jeunesse.
POUR UNE RUPTURE AVEC l’AUSTERITE
POUR UNE DEFENSE DES HABITANTS ET TERRITOIRES DU NORD-PAS-DE-CALAIS
POUR UN VRAI PARTAGE DU TEMPS DE TRAVAIL
POUR LA TRANSITION ECOLOGIQUE
POUR RASSEMBLER ET CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE A LA POLITIQUE ACTUELLE,
Le 15 novembre, MARCHONS !

Julien Poix, co-secrétaire PG Nord                             Fabien Roussel, secrétaire départemental du PCF Nord

HOMMAGE A REMI FRAISSE, MORT POUR SES IDEES-communiqué du PG et du NPA

Hommage à Rémi FRAISSE, mort pour ses idées

Remi FRAISSE est décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier lors d’une manifestation contre le barrage du Testet. Rémi FRAISSE était un jeune homme de 21 ans engagé dans une association environnementale. Il est désormais établi que son décès est dû à une grenade offensive tirée par les forces de l’ordre.

Ce décès est révélateur de la criminalisation des mouvements sociaux et de la militarisation de leur répression. En effet, depuis plusieurs mois, les militants écologistes alertaient les pouvoirs publics sur la répression violente des mobilisations pacifiques contre le barrage du Testet. Les pouvoirs publics ont au contraire joué la provocation empêchant ce week-end le déroulement pacifique des manifestations de protestation.

Suite au décès de Rémi FRAISSE, le gouvernement, que l’on avait vu  si prompt à rendre hommage au patron de Total M. DE MARGERIE, a réagi par le silence voire par le déni. Plus grave encore, le Président PS du Conseil Général du Tarn, M.CARCENAC, y a ajouté l’insulte en prétendant qu’il est « bête et stupide de mourir pour des idées ».

Au-delà de la condamnation morale, il convient de tirer toutes les conséquences politiques de la mort de Rémi. C’est pourquoi, nous demandons :

- la démission du Ministre de l’Intérieur, M. CAZENEUVE et du Président du Conseil Général du Tarn, M.CARCENAC,

- la création d’une commission d’enquête  indépendante sur les évènements du Testet, dans laquelle les opposants au barrage seraient représentés,

- l’interdiction (et non la simple suspension) des grenades offensives,

- l’arrêt du projet de barrage.

Nous appelons à participer, sans banderole ni signe distinctif, au rassemblement pacifique organisé en la mémoire de Rémi FRAISSE, par la Fédération Nord Nature, ce dimanche 02 novembre à 14h30 place de la république à Lille.

Pour le PG Lille métropole, Sébastien Polvèche

Pour le NPA, Olivier Dussart

Prenons la route vers les Jours Heureux !

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Adrien Quatennens – Vendredi 24 Octobre 2014

Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures

 

Aux quatre coins du vieux continent, on nous chante le même refrain : la seule politique qu’il serait possible de mener est précisément celle qui nous a amenés à la crise écologique et sociale. Il n’y aurait pas d’alternative. Et s’il y en avait une, la commission européenne (pleine de commissaires dont les activités professionnelles ou politiques passées nous interrogent sur leur feuille de route, flanquée d’un Moscovici surveillé de près mais très content d’être là) a prévu le verrou des traités actuels pour y faire barrage.

Au niveau national, ce n’est pas mieux, puisque la monarchie présidentielle de la 5ème République piétine toute souveraineté populaire et applique les politiques libérales avec un autoritarisme assumé.

Chaque jour qui passe, ceux qui nous gouvernent font la démonstration parfaite qu’être Socialiste, ne veut pas dire avoir sa carte au Parti Socialiste ! Car eux l’ont mais ne le sont pas.

Ils appliquent les mêmes recettes que la droite. Cette pauvre droite qui ne trouve pas vraiment sa place dans l’opposition car, il faut bien le dire, elle n’a pas vraiment matière à s’opposer : Valls et le banquier Macron se chargent de mettre en application sa politique !

Sarkozy, même si son retour en homme providentiel est visiblement un échec, continue sa tournée à la rencontre de ses fans et, pour ne pas répéter les mêmes déclarations d’amour tragiquement banales à la finance et au business que Manuel Valls, il se différencie en faisant de longues envolées lyriques sur le fléau de l’immigration, dont on sait bien qu’il est notre grand problème et que sans lui, nous n’aurions plus, n’est-ce pas ?! C’est vrai quoi, parlons franchement : s’il n’y avait pas tous ces arabes, ces noirs, ces roms, ces jaunes, ces gris, tout irait bien, Madame la Marquise, c’est bien connu ! C’est à vomir !

Et Madame Le Pen, de son côté, de profiter des brèches laissées par ces guignols pour avancer. Y’a qu’à se baisser pour ramasser les miettes ! Pen-Art ! Elle aurait tort de se gêner !

Cette pièce de théâtre, cette comédie, cette plaisanterie n’a que trop durée. Et elle est d’autant moins drôle que pendant que les acteurs s’amusent, les spectateurs souffrent d’un chômage qui pète les plafonds, d’un pouvoir d’achat réduit à peau de chagrin, de difficultés à se loger et à se nourrir convenablement.

Il est grand temps, mes chers amis, de dégager les incapables qui nous gouvernent. Ce n’est pas un plaisir que de le dire avec tant de violence dans les mots. Mais cette oligarchie au pouvoir, qu’elle soit de droite ou prétendument d’ailleurs, mène une politique qui, de toutes les façons, ne peut qu’échouer. Ces gens-là ne sont capables de rien d’autre que de faire pâtir les pauvres gens. Ils sont aveuglés par les dorures des couloirs dans lesquels ils errent. Incapables de se saisir avec vigueur des problèmes de notre temps et des grands troubles qui arrivent, à commencer par le changement climatique face auquel une loi sur la transition énergétique qui intronise le capitalisme vert ne fera rien. Ils préfèrent gaspiller leur énergie à diviser les gens, à rendre la multitude inconsciente de son intérêt général, à alimenter l’engueulade généralisée et la suspicion permanente. Déjà nous allons au devant de graves déconvenues. Mais avec ces tristes personnages au pouvoir, nous accélérons en direction des abîmes.

La révision avant de prendre la route

Il est grand temps, donc, que les spectateurs fassent irruption sur la scène pour en dégager les mauvais acteurs, et se mettent à écrire un autre scénario. Celui d’une pièce que nous n’avons que trop attendue.

C’est à cette irruption du Peuple sur la scène que nous travaillons au Parti de Gauche. Et oui, la tâche est rude ! Il s’agit d’inventer et de construire des outils pour le faire. Nous ne prétendons pas avoir LA METHODE. Mais au moins, nous essayons. C’est la raison pour laquelle nous soutenons avec ardeur le Mouvement pour la 6ème République (www.m6r.fr).

C’est aussi la raison pour laquelle, alors qu’arrive la mi-mandat de François Hollande,  nous lançons notre campagne nationale sur le Droit de Révoquer les élu-e-s. Et nous irons poser la question à tous les citoyens qui voudront bien y répondre, le weekend du 8, 9, 10 et 11 Novembre avec une Votation Citoyenne dont nous prenons l’initiative : Etes-vous pour ou contre le droit de révoquer les élu-e-s ?

Pour rappel, ce droit de révoquer les élu-e-s qui trahissaient leurs mandats et leurs électeurs, inventé pendant la Révolution française, existe aujourd’hui dans d’autres pays. Face aux promesses électorales bafouées, il est temps de l’appliquer en France ! Il s’agirait de dire que si, à partir de la mi-mandat d’un élu, un pourcentage significatif des inscrits le demande (entre 5 et 10%, par exemple), les citoyen-ne-s ont le droit de provoquer un référendum révocatoire à l’encontre de toute personne disposant d’un mandat électif, du Président de la République au conseiller municipal. Si, lors de ce référendum révocatoire, une majorité de personnes est favorable à la révocation et que ce nombre de personnes représente plus d’électeurs que ceux qui ont voté pour l’élu-e concerné-e, alors l’élu-e est révoqué-e. Si l’élu-e est révoqué-e, on procède à une nouvelle élection.

Il s’agit avant tout de réaffirmer que ce sont les citoyens qui entendent et doivent avoir le dernier mot. Cette menace de la révocation sur les prétendants à une élection oblige à un certain sérieux sur le fond comme sur la forme. C’est une condition pour une 6ème République exemplaire. Que faisons-nous avec cette campagne pour le droit de révoquer les élu-e-s ? Nous nous préparons à prendre la route vers les jours heureux, et comme à chaque fois avant de prendre la route, il faut réviser le véhicule et enlever la crasse pour pouvoir avancer dans de bonnes conditions. Pour tenir une urne près de chez vous, commandez la par ici :

http://www.lepartidegauche.fr/militer/noscampagnes/votation-citoyenne-sur-le-droit-revoquer-30433/

Une fois sortie du garage, rien de tel qu’un tour de chauffe pour commencer. C’est pourquoi nous irons dans la rue à la mi-mandat de François Hollande, le Samedi 15 Novembre 2014 lors d’une Grande Marche Nationale rassemblant tous les progressistes (syndicats, associations, partis politiques de Gauche) en désaccord avec la politique menée par le gouvernement.

Et comme, au Parti de Gauche, nous ne faisons pas le travail à moitié, c’est en même temps que nous lançons notre campagne sur les 15 Mesures d’Urgences Sociales et Ecologiques. En effet, notre projet politique ne se résume pas, fort heureusement, à l’éviction de l’oligarchie en place. Il s’agit, oui, de la virer (campagne pour la révocation des élu-e-s), mais aussi de monter sur la scène (campagne pour la 6ème République et son Assemblée Constituante) pour réécrire le scénario.

Cette réécriture du scénario, au Parti de Gauche, nous l’appelons l’Ecosocialisme. Nous démontrons le lien entre la crise sociale et la crise environnementale et y apportons des réponses communes. Si certaines de nos propositions politiques sont des actions à longs termes dont les résultats ne pourront pas se faire sentir immédiatement, nous devons absolument répondre à l’urgence sociale que connaissent nos concitoyens ainsi qu’à l’urgence environnementale. C’est pourquoi nous présentons 15 mesures qui nous semblent prioritaires sans pour autant représenter un programme exhaustif. Vous trouverez ces 15 mesures ici :

http://www.gabrielamard.fr/pdf/15mesures.pdf

En avant !

Bref, vous l’aurez compris, au Parti de Gauche, nous refusons de mourir avec le pouvoir en place. Nous refusons de baisser les yeux et de regarder nos pieds quand on nous répète le catéchisme néolibéral auquel nous ne croyons pas parce que nous voyons bien que ça ne marche nulle part. Nous croyons profondément que ce pays a les ressources disponibles pour se redresser et se mettre en avant de toute sa grandeur dans la nécessaire transformation du Monde.

Encore faut-il, pour cela, ne pas céder : Ni à ceux qui nous proposent la consommation pour seul horizon avec son pendant, le productivisme insensé à toujours moins cher quitte à en faire souffrir les gens et à saccager la planète. Ni à ceux qui préfèrent pointer sans cesse du doigt nos différences, quitte à en inventer, pour en rajouter dans le chacun pour soi et le tous différents de couleurs, de cultures et de religions alors que nous sommes d’abord et avant tout des êtres humains semblables et profondément liés par un intérêt général, à savoir le seul écosystème qui permette la vie humaine. Il faudra bien se rassembler pour le sauver et ainsi assurer la pérennité de notre espèce !

On ne réussit pas et on ne réussira rien à chacun pour soi ! Ceux qui vous le font miroiter nient la réalité. Le problème n’est pas nos différences car, quand ça va bien, que le chômage est faible, que l’activité est bonne, que chacun dispose de quoi vivre convenablement, alors là étrangement, on s’entend très bien avec le voisin, même s’il n’a pas la même couleur de peau, et cela ne nous vient pas à l’idée de lui demander de compter depuis combien de générations il habite ici ! La République Française, ce n’est pas une couleur de peau ou une religion. La République Française, c’est Liberté-Egalité-Fraternité et c’est tout !

Je suis intimement persuadé que si la multitude composite prend conscience de son intérêt général et se l’approprie politiquement, alors les plus belles choses peuvent pousser, même d’une Terre qui à cette heure n’est pas respectée. Nous en sommes capables. Nous débordons d’intelligence et il n’y a aucun ordre établi qui puisse résister à l’avancée d’une masse populaire consciente et éclairée. Encore faut-il créer les moyens de l’avancée, de la conscience et de l’éclairage. Nous y travaillons. Et si parfois, c’est vrai, cela est difficile, nous trouvons toujours le courage nécessaire pour garder le drapeau bien en mains et avancer en éclaireurs. Nous savons que notre heure viendra, et elle viendra car

« Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue »

Victor Hugo

MARTINE AUBRY: LE SOCIAL-LIBERALISME A VISAGE (MOINS IN)HUMAIN

Martine la " Frondeuse" en compagnie du très "contestataire" Patrick Kanner son fidèle lieutenant devenu ministre de la Ville...
Martine la  » Frondeuse » en compagnie du très « contestataire » Patrick Kanner son fidèle lieutenant devenu ministre de la Ville…

Une lecture superficielle des prises de position récentes de Martine AUBRY pourrait laisser penser qu’elles tranchent radicalement avec la politique du gouvernement Valls / Hollande. A lire la contribution déposée par Martine AUBRY dans le cadre du congrès du Parti Socialiste on mesure que la réalité est tout autre.
Certes, on y retrouve quelques prises de position progressistes : défense des 35 heures, du repos dominical, des seuils sociaux,… Toutefois, dès lors qu’il s’agit de politique économique ou de politique fiscale, les propositions de Martine AUBRY sont floues ou marquées du sceau de la pensée unique :
– Elles ne remettent pas en cause le « chantage compétitif ». Le CICE serait maintenu pour moitié, l’autre moitié allant au soutien de la demande,
– La réforme fiscale se limiterait à un replâtrage du système actuel : CSCG plus progressive, fusionnée avec l’Impôt sur le Revenu et verdissement des taxes sur la consommation,
– Elles recyclent de vieilles recettes qui ont fait la preuve de leurs insuffisances : emplois aidés, soutien au BTP,…
Martine AUBRY serait plus crédible si sa politique municipale tranchait vraiment avec l’orientation libérale du gouvernement : politique fiscale injuste, partenariat public – privé pour le grand stade,…
Bien qu’elle s’en défende, Martine AUBRY ne rompt pas véritablement avec le social – libéralisme de Manuel VALLS !

Le Parti de Gauche défend, au contraire, des propositions rompant pour de bon avec le libéralisme et les politiques d’austérité. Il lance une campagne nationale défendant 15 mesures d’urgence, parmi lesquelles :
– L’interdiction des licenciements dans les entreprises réalisant des profits,
– L’Instauration d’un protectionnisme solidaire avec des taxes aux frontières notamment sur les produits dont la fabrication ne répond pas aux normes sociales et environnementales françaises,
– La création d’un pôle public de l’énergie et d’un pôle public des transports,
– La création d’un pôle financier public avec la nationalisation des principales banques françaises,
– Le SMIC à 1 700 € bruts et le retour à la retraite à 60 ans.

Pour le Parti de Gauche de Lille Métropole
Sébastien POLVECHE, co – secrétaire du comité PG de Lille Métropole

Vite, faire autrement!

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Vite, faire autrement !

Adrien QUATENNENS – Mardi 9 décembre 2014

La toile de fond

 

Nous venons de passer la mi-mandat d’un Président de droite. Assez des étiquettes et des mots usurpés, parlons des faits ! Dans les faits, la politique menée, les choix économiques réalisés sont de droite. Non seulement, ils sont de droite mais, sans surprise, ça ne marche toujours pas. Pour ne pas redire le déjà dit, nous ne prendrons qu’un seul exemple : le chômage continue son ascension.

Le budget qui vient d’être voté est le budget le plus restrictif depuis la libération. Depuis cinq ans déjà les dépenses publiques augmentaient moins vite mais, cette fois, elles baissent carrément. C’est un budget d’austérité. Elles ne baissent pas parce qu’il y a moins de richesses dans ce pays, c’est tout le contraire ! Elles baissent parce que notre gouvernement, sous les injonctions de Bruxelles, est persuadé que c’est en coupant dans les dépenses, en présentant d’immondes sacrifices comme du courage, que la machine va se remettre en route. C’est donc la course au moins-disant social sous couvert de com-pé-ti-ti-vi-té. Mais ça ne marche pas ! Plutôt que la reprise, c’est la récession qui pointe le bout de son nez. Même l’Allemagne qui ne cesse d’être présentée comme un modèle connaît un grand ralentissement économique.

Un modèle qui n’en est pasun

Il serait d’ailleurs temps qu’on cesse de nous rabattre les oreilles avec le « modèle allemand ». L’Allemagne n’est pas un modèle économique ! D’abord parce qu’une économie basée essentiellement sur l’export est une aberration écologique mais aussi et surtout parce qu’il faut voir la pauvreté et l’immense précarité derrière les chiffres de l’économie allemande (chiffres qui, on l’a dit, ne sont d’ailleurs plus ce qu’ils étaient). Respectons-nous, mais qu’on cesse de faire de l’Allemagne un modèle qu’il faudrait à tout prix appliquer en France ! La politique allemande est la politique de Madame Merkel. C’est-à-dire une politique de droite qui répond à un électorat vieillissant qui dispose de retraites par capitalisation et a donc besoin d’un euro fort et de hauts niveaux de dividendes pour prospérer. En Allemagne le taux de natalité est bas. Ce n’est pas notre cas ! Nous avons une population jeune, nous serons bientôt la première population européenne en nombre, nous ne pouvons pas appliquer cette politique qui en plus ne marche pas ! Que Madame Merkel s’occupe du redressement de l’Allemagne mais qu’elle cesse de donner des leçons à la France ! C’est la teneur des propos de Jean-Luc Mélenchon, faisant suite à l’intervention de trop de Madame Merkel sur la France à laquelle il répondait cette semaine : « Maul zu, Frau Merkel ! Frankreich ist frei. Occupez-vous de vos pauvres et de vos équipements en ruines ! ».

La « main invisible du marché » ne va pas d’elle même résoudre ses contradictions. L’austérité n’amène rien d’autre que l’austérité, sinon la récession. Ce parfum a des relents des années 30. Il représente un danger pour la paix, il ne tient pas compte de l’urgence écologique, il aggrave la crise sociale, le chômage et la précarité. Ajoutez à cela la déviance des citoyens à l’égard des politiques qui apparaissent non seulement comme incapables de régler leurs problèmes mais dont le petit monde del’entre-soi laisse désormais entrevoir ses nombreuses affaires qui dégoutent, et la pente s’en retrouve bien savonneuse ! Ce monde là est en train de s’écrouler et sa chute va se précipiter avec les conséquences de ces politiques qui ne répondent pas aux urgences, ni aux défis de notre temps.

L’inévitable recomposition du champ politique

Cette chute, ce monde qui s’écroule, va appeler à une recomposition du champ politique. Le Parti de Gauche est né de ce risque qu’il n’y ait plus de gauche dans ce pays après que le Parti Socialiste ait achevé sa mue libérale. La recomposition du champ politique face à l’écroulement du vieux monde peut se faire de deux côtés différents. C’est l’image des deux versants du volcan. En Grèce avec Syriza (qu’on peut comparer au Front de Gauche) et plus encore en Espagne avec Podemos (qui agit par et pour le Peuple), le volcan semble s’ouvrir du bon côté. En France, le volcan s’ouvre du côté opposé, celui du Front National.

Pendant longtemps, pour les forces politiques traditionnelles dont le Parti Socialiste, le Front National a représenté un diable de confort qui pouvait monter du moment qu’au second tour, le « vote utile » fonctionnait. Mais, sur fond de récession, la percée du Front National s’accélère et, à force de le laisser prospérer, il finit par apparaître comme une alternative. Aussi, nous devons avoir l’honnêteté de dire que l’idée que Marine Le Pen gagne aux prochaines élections présidentielles est tout à fait possible. Hollande pense qu’il va réussir à la battre au deuxième tour. Rien n’est moins certain. Nous devons donc prendre nos responsabilités. Le Parti de Gauche ne se dérobera pas aux siennes. Nous continuons à dire que le problème ce n’est pas l’immigré mais le financier !

Le Parti de Gauche dans cette recomposition

Le Parti de Gauche fondé par Jean-Luc Mélenchon (après sa sortie avec fracas du Parti Socialiste) vient de fêter ses six ans. Nous sommes d’une tradition volontariste. Nous pensons que le futur n’est pas écrit mais qu’il dépend de la manière dont on peut agir. Nous disposons d’un programme et d’une doctrine fruits d’un travail au long cours et seule capable de répondre à la crise sociale et écologique : L’écosocialisme. Nous disposons d’une méthode : La Révolution citoyenne, par les urnes, avec des bulletins de vote. Avec la construction du Front de Gauche, rassemblement de plusieurs partis politiques, nous avons redonné de la couleur à l’autre Gauche en la sortant des méandres dans lesquels elle s’enfonçait. Au Parti de Gauche, nous ne nous battons pas pour notre étiquette mais pour un idéal. Nous sommes prêts à mettre de côté notre carte de Parti (dont nous sommes pourtant fiers) si c’est pour nous mettre au service d’une idée qui nous dépasse. De plus, nous nous mettons en situation de gouverner le pays. Nos programmes et nos productions nous permettent d’agir sans attendre le jour où nous aurons à le faire, puisque c’est là notre principal objectif.

Après la très bonne campagne de 2012 de Jean-Luc Mélenchon qui a obtenu 11% aux élections présidentielles (17% dans les sondages avant la dernière semaine d’opération « vote utile »), nous avons appelé à battre Nicolas Sarkozy. Après la mi-mandat de François Hollande qui à renier la plupart de ses engagements, nous savons qu’il nous faut passer à une autre étape. Quelles solutions avons-nous ? Ou plutôt, quelles solutions n’avons-nous pas ?

Jusqu’à un passé récent, nous pensions qu’il était possible de faire émerger une majorité alternative à l’Assemblée. Le vote de confiance puis le vote du budget nous ont prouvés le contraire. De plus, les frondeurs étant minoritaires, ils ne représentent pas non plus la solution. Nous n’avons plus rien à attendre du Parti Socialiste et même de son congrès du mois de Juin dont certains croient qu’il pourrait sonner le retour de la Gauche en son sein. Selon nous, ce ne sera pas le cas. Les libéraux de Gauche sont avant tout des libéraux !

Nous avons également pensé un temps que, face aux vols des mots par Hollande et Valls qui se disent de Gauche, il fallait nous présenter comme « la vraie Gauche ». Nous pensions cela car il est vrai qu’en gros, encore un tiers des électeurs se réclament de la Gauche. Il y aurait donc un intérêt à montrer l’alternative que représente « la vraie Gauche ». En réalité, cela ne marche pas non plus. L’enjeu est ailleurs, car si un tiers de l’électorat se réclame de Gauche et un autre tiers de droite, l’enjeu se situe dans le tiers qui constitue ce grand marais d’indécis, ces gens pour qui, la gauche et la droite, finalement, c’est pareil. C’est à eux que nous devons nous adresser aussi et peut-être d’abord ! Et nous n’irons pas les chercher avec l’étiquette « Gauche », même si nous savons que nous la portons dignement, nous ! En effet, pour ce tiers là (et de plus en plus pour la grande masse du Peuple), ce sont les partis politiques eux-mêmes qui sont à rejeter. Les partis politiques, Bruxelles, le système…  Alors, comment fait-on pour les convaincre quand on est un parti politique et qu’on porte en plus comme nom  le« Parti de Gauche » ?

Quelle méthode ?

 

En Espagne, Podemos (en français « Nous pouvons ») devient la première force du pays. Nous devons nous en inspirer car ils ont une belle longueur d’avance sur nous. Podemos est la formation politique issue du mouvement des Indignés. Les ravages de la crise et de l’austérité additionnés à la corruption des formations politiques traditionnelles expliquent en grande partie sa montée en puissance. Mais Podemos ne joue pas à « la vraie gauche ». Au contraire, il dit « le système n’a pas peur de la gauche, il a peur du Peuple ! ». Podemos renouvèle de fond en comble la politique, jusque dans les manières de faire. Il rejette le système et construit une force alternative par et pour le Peuple au delà du clivage historique gauche/droite. Podemos balaye également les partis politiques traditionnels eux-mêmes.

Si ça fonctionne en Espagne, pourquoi cela ne fonctionnerait pas en France alors que le programme politique de Podemos est sensiblement identique à celui que nous défendons avec le Parti de Gauche dans le Front de Gauche (taxation plus importante des plus riches, partage des richesses, souveraineté populaire etc…) ? C’est dans la méthode et la pratique que se trouve la réponse à cette question, pas sur le fond. Sur le fond, le programme « l’Humain d’Abord » du Front de Gauche pour l’élection présidentielle de 2012 est le bon programme. De même que l’écosocialisme défendu par le Parti de Gauche est l’aboutissement théorique qui permet d’apporter la réponse à la crise sociale et écologique. Mais la méthode Podemos est bien différente. C’est une démocratie participative aboutie qui part du bas. Des assemblées citoyennes en permanence, des réseaux sociaux dédiés à la démocratie participative, des prises de décisions collectives par le Peuple. La méthode Podemos, ce n’est pas faire de la politique à la place des citoyens. C’est se mettre au service des citoyens pour qu’ils s’impliquent, pour qu’ils réinvestissent la politique, pour qu’ils s’occupent de leurs affaires à la place de ceux qui sont incapables de le faire ! Voilà ce que nous devons faire : de la politique par et pour le Peuple ! En Grèce, Syriza gagne du terrain sur un modèle plutôt Front de Gauche. En France, depuis la campagne présidentielle, le modèle Front de Gauche peine à aller au delà. C’est pourtant à cela qu’il est urgent de travailler : aller, avec le Front de Gauche, au delà du Front de Gauche pour constituer le Front du Peuple qui était et qui demeure notre objectif. Finalement, tout cela est assez logique. Sur le fond, ce que nous voulons c’est changer le système. Comment prétendre le faire et être crédible si sur la forme et dans notre façon de faire de la politique nous ne sommes pas capables de changer notre propre système ?

Allons-y !

 

Il faut donc dès maintenant nous mettre en dynamique. Il faut fédérer le Peuple car l’implication populaire est la clé face aux politiques qui ne fonctionnent pas et face à l’oligarchie qui tient le pouvoir. « Par et Pour le Peuple » doit être notre ligne de conduite, c’est d’ailleurs le titre de la nouvelle résolution politique adoptée par le Parti de Gauche  lorsde son Conseil National du 29 et 30 Novembre dernier.

Dans le pays, on le voit bien, il y a une aspiration syndicale et associative à l’union des formations politiques à la Gauche du Parti Socialiste. Nous devons y travailler. De même,  nous ne devons pas effacer ce que nous avons déjà construit mais nous devons d’urgence aller au delà. On voit bien que ce pays en a les ressources. C’est le cas face à l’austérité, avec le collectif 3A qui regroupe des syndicats, des associations, des partis politiques de gauche et des citoyens en désaccord avec la politique du gouvernement. C’est le cas aussi avec les Zones à Défendre qui se mettent en place face aux Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII) comme Notre-Dame-Des-Landes, le barrage de Sivens ou le Center Parcs en Isère.

L’austérité, la perte de souveraineté populaire et l’exigence écologique sont les principales préoccupations auxquelles nous devons répondre. Nous en faisons la synthèse avec le Mouvement pour la 6ème République (www.m6r.fr) lancé par Jean-Luc Mélenchon. Le Mouvement pour la 6ème République doit constituer un moyen de prise de pouvoir. Il ne s’agit pas que d’une question institutionnelle. La 6èmeRépublique pose la question du pouvoir en politique qui ne doit plus être le métier de quelques uns mais accessible au grand nombre. Elle pose la question du pouvoir dans les entreprises, la question de la propriété du capital, la question sociale, l’anticapitalisme, la question de la souveraineté populaire, la question écologique. La 6ème République est le moyen, par la Constituante, de renverser la table, de tout remettre à plat et de redéfinir collectivement, par l’implication du grand nombre en politique, la règle du jeu. C’est tout l’opposé de ce que représentent les forces politiques attachées au vieux monde et à la 5ème République que sont le FN, le PS et l’UMP. Nous devons donc marcher sur nos deux jambes : aller chercher le nouveau monde (la 6ème République démocratique, sociale et écologique) en nous appuyant sur les cadres existants déjà (sur le modèle des collectifs qui réunissent citoyens, associations, syndicats et partis politiques).

Traduisons pour les prochaines échéances électorales !

 

2017 est l’élection qui obnubile tous les commentateurs. Nous le savons bien, elle constitue notre objectif principal car elle nous permettrait de changer de politique, de mettre fin aux souffrances du Peuple, de lui redonner le pouvoir et d’impulser la relance de notre économie en répondant à l’urgence climatique par la transition écologique. Le plus tôt nous arriverons au pouvoir, le mieux cela sera pour les français, pour la France, pour l’Europe et par effet de retentissement pour l’Humanité. Mais nous n’y arriverons pas par un claquement de doigts. Déjà Sarkozy courre dans tous les sens pour remonter sur le trône et faire pire qu’Hollande, déjà Marine Le Pen se verrait bien Présidente avec les pouvoirs exceptionnels conférés par la Cinquième République pour appliquer son programme. Pour nous, en 2017, le candidat sera la 6ème République !

D’ici à 2017, nous avons deux échéances électorales. Il est impensable et impossible que ces deux échéances ne préfigurent pas de ce que nous voulons faire en 2017. Il faut commencer la méthode dès maintenant avec les élections départementales de Mars 2015 et les élections régionales de Décembre 2015. Il faut que ces deux échéances illustrent ce que nous souhaitons mettre en place.

L’élection départementale de Mars 2015 est difficile pour nous. D’abord parce qu’elle vient vite. Ensuite parce que le redécoupage territorial qui s’applique à ce scrutin rend la tâche encore plus complexe. Mais on ne peut pas contourner cette élection. On ne peut pas la contourner car à n’en pas douter,le Front National, lui, ne la contournera pas. Il va mobiliser ses électeurs.

Si on ne veut pas qu’au soir de l’annonce des résultats, les journaux télévisés ne focalisent que sur la percée du Front National et de la droite et l’effondrement du Parti Socialiste, il nous faut envoyer un signal positif.

Pour cela, le Parti de Gauche lance un appel à toutes les forces citoyennes en désaccord avec la politique du gouvernement et qui luttent contre l’austérité. Nous appelons nos partenaires du Front de Gauche à entendre cet appel mais aussi Europe Ecologie Les Verts (EELV), le Nouveau Parti Anticapitalistes (NPA), Nouvelle Donne et tous les partis politiques de gauche en désaccord avec le gouvernement. Cependant, si l’élargissement du Front de Gauche et de nouvelles alliances politiques sont nécessaires, nous savons qu’elles ne sont pas suffisantes, loin de là ! Il ne faut pas seulement fédérer les partis politiques de Gauche. Ce que nous devons faire ne se résume pas à un accord de politiciens ! C’est le Peuple qu’il faut fédérer. C’est pourquoi notre appel s’adresse aussi et surtout aux Citoyens qui voudraient se présenter (marchez devant si vous le voulez, nous, les partis politiques marcheront derrière, porterons vos valises !), aux associations et aux syndicats. Ouvrons vite le dialogue entre nous en vue des élections départementales ! Nous devons faire émerger une alternative à la politique gouvernementale. Le Parti de Gauche appelle à une dynamique et des candidatures citoyennes de rassemblement.

Sur cette base, nous proposons que ces candidatures s’articulent autour d’une charte et d’un label basés sur des principes communs comme les suivants :

-      Une autonomie totale vis-à-vis du Parti Socialiste, Parti qui symbolise désormais l’austérité

-      Une rupture avec les politiques d’austérité

-      Le refus du productivisme

-      Le refus de la réforme territoriale

-      Le placement au cœur du débat et des politiques départementales des questions de l’emploi durable, des politiques sociales et écologiques en veillant à combattre les disparités territoriales

-      Redonner le pouvoir aux citoyens par la mise en place d’Assemblées Citoyennes dans les cantons, associant toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche, pour co-élaborer le projet et construire la liste des candidats

Ce sont les citoyens qui doivent pouvoir décider de qui va les représenter à ces élections et avec quel programme ! Eux-mêmes doivent pouvoir se présenter s’ils le souhaitent auquel cas nous les encouragerons dans cette démarche.

Les élections départementales de Mars 2015 et les élections régionales de Décembre 2015 doivent donner à voir ce que nous voulons faire en 2017 avec la 6ème République.

« Nous le Peuple », le réseau citoyen du M6R

Au delà de cet appel pour les prochaines échéances électorales, le Parti de Gauche poursuit son action en faveur de l’écosocialisme et lance sa campagne sur les 15 mesures d’urgences sociales et écologiques. De plus, le Parti de Gauche soutient avec vigueur le Mouvement pour la 6èmeRépublique qui, en moins de trois mois d’existence, à recueilli plus de 70 000 signataires favorables à une Assemblée Constituante pour une 6èmeRépublique démocratique, sociale et écologique. Ce Mouvement dépasse largement le cadre de nos partis politiques, c’est un mouvement citoyen qui a pour objectif de rendre majoritaire d’ici à 2017 l’idée de la nécessité d’une 6èmeRépublique dans notre pays.

Ce mouvement a été lancé par Jean-Luc Mélenchon. Pour autant, le souhait de Jean-Luc Mélenchon et du comité d’initiatives composé des premiers signataires est que le Mouvement prenne vite son autonomie. Cette autonomie va être rendue possible par le lancement d’un réseau citoyen : « Nous le Peuple ».

« Nous le Peuple », le réseau citoyen du M6R sera lancé Mercredi 10 Décembre à 10h30 sur le site Internet du Mouvement pour la 6èmeRépublique (www.m6r.fr). Cet outil permettra à tous les signataires du Mouvement de débattre, de faire des propositions, de voter sur ces propositions et de commencer à se rencontrer localement.  Ainsi, chacun pourra être acteur du Mouvement et participer à la prise de décision collective. Ce réseau inédit est le fruit du travail de celles et ceux qui ont proposé leur aide technique de manière auto-organisée. Ce nouvel outil sera amélioré en permanence et intégrera, dans la mesure du possible, les propositions des citoyens pour le faire évoluer.

« Nous le Peuple » sera tout à la fois un réseau citoyen, une agora numérique, une plateforme collective et posera ainsi les bases de la convocation d’une Assemblée Constituante dont notre pays a tant besoin !

Le Mercredi 10 Décembre, dès 10h30, rejoignez le Mouvement pour la 6èmeRépublique et participez au nouveau réseau citoyen, « Nous le Peuple » !

Après lecture de ce (trop) long article, voilà mille et une raisons de se mettre en Mouvement. Alors en avant !

Adrien QUATENNENS

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UN MI-MANDAT CREPUSCULAIRE

Par Eric Coquerel, co-secrétaire national du PG

Le bilan à mi-mandat de François Hollande était des plus sombres. Depuis le week-end dernier, il est devenu dramatique. Pour la première fois depuis la mort de Malik Oussekine il y a 28 ans, un jeune homme a en effet été tué par la police lors d’une manifestation. Du côté des commentateurs zélés du pouvoir on refuse cette comparaison au prétexte, si l’on comprend bien, que Charles Pasqua était le Ministre de l’intérieur d’un gouvernement de droite et que Bernard Cazeneuve serait le Ministre de l’intérieur, forcément plus humaniste, d’un gouvernement « de gauche ». Cela n’est qu’une mauvaise communication politique. Car les faits sont têtus. Dans les deux cas la responsabilité politique du gouvernement est bien engagée. En 1986 Pasqua avait répondu par la répression au refus massif de la loi Devaquet chez les étudiants. Il avait tenté d’instrumentaliser, provoquer même, des débordements en marge des manifestations pour discréditer et diviser le mouvement et délégitimer ses revendications. Cette spirale s’est terminée de la façon dramatique que l’on connaît mais aussi par la défaite du gouvernement.

Qu’en est-il cette fois ? Un « manifestant pacifiste », caractérisé ainsi par Bernard Cazeneuve lui-même, est tué par une grenade offensive. Ce drame survient au cours d’un week-end où tout le monde sait, le Ministre de l’intérieur le premier, que les opposants ont décidé une grande mobilisation sur le site. Un site où, notons-le, la police n’a plus rien à protéger vraiment puisque, ignorant les recours déposés par les associations opposées au barrage, les autorités ont déjà quasiment rasé et dévasté la zone humide que la retenue d’eau doit recouvrir. Ce coup de force n’a d’ailleurs pas été pour rien dans la montée des tensions. Bien sûr, et nul ne le conteste, quelques-uns des manifestants n’excluent pas d’utiliser une certaine forme de violence pour s’opposer au barrage. Mais ce samedi, ils sont extrêmement minoritaires et toute la journée les organisateurs les ont marginalisés. De leur côté, et ce depuis des semaines, l’attitude des forces de police qui obéissent manifestement à des ordres en ce sens, n’apaise pas la tension. A plusieurs reprises, une forte répression a été opposée aux demandes de dialogues des associations y compris en présence des élus qui tentaient de s’interposer.

Cela a tout d’une stratégie visant à pourrir la situation. Dans la nuit de samedi à dimanche, cela n’a fait que s’aggraver : après une altercation entre un groupe de manifestants et un groupe isolé de policiers laissé, visible, sur le site, trente camions de gendarmes surviennent rapidement à l’entrée de la zone d’accès au chantier. Un tel dispositif ne pouvait qu’attiser le feu dans une zone constituant une sorte de cul-de-sac naturel, une souricière où la violence, nocturne en plus, ne pouvait que devenir incontrôlable. Ces faits étaient-ils inconnus du Ministre ? Il explique que non : « J’ai passé tout mon week-end en liaison avec ceux qui étaient en charge du maintien de l’ordre à appeler à la prudence, parce que je sentais cette violence et je voyais les provocations ».Il n’a donc pas tort quand il affirme : « Il ne s’agit pas d’une bavure » . On ne peut en effet le résumer ainsi. Des lampistes ne peuvent, seuls, payer ce drame même si une procédure judiciaire doit être ouverte. Il y a bien une grave faute dans la chaîne de commandement qui, on le voit, remonte directement au Ministre.

Dans les deux cas, l’opposition à la réforme Devaquet et au Barrage du Testet, il y a donc bien d’abord une situation de blocage. Car pour reprendre les mots de notre conseiller régional Midi-Pyrénées Guilhem Serieys : « S’il avait passé les différentes étapes réglementaires, le projet était illégitime du point de vue de l’esprit démocratique. Après les réserves de l’enquête publique, le Comité National de Protection de la Nature avait rendu un avis défavorable dont le maître d’ouvrage, le Conseil général du Tarn, n’a pas tenu compte. En faisant le choix de ne pas attendre les conclusions des instances juridictionnelles françaises et européennes, le Conseil général a cherché à imposer par la force et la précipitation ce qui est fragile par le droit ».

Devant une telle situation, un régime démocratique normal aurait recours au vote pour trancher la question. Dans une République non marquée par le caractère monarchique de la 5ème – qu’il soit exercé à l’Elysée ou, dans le cas présent, par un potentat local comme le Président du Conseil général Thierry Carcenac – le référendum constituerait une issue naturelle. Le même Carcenac aurait aussi pu décider un moratoire puis demander aux électeurs de trancher lors des prochaines élections départementales en assumant pour le coup ce projet de barrage dans son programme. Non : on a décidé de contourner l’opposition grandissante de citoyens et d’élus par la seule voie autoritaire et le recours à un outil répressif qui ne pouvait que s’avérer dangereux vu le terrain et les circonstances. Comme en 1986 là encore. Ce n’est pas chose isolée : le scénario avait été le même à Notre-Dame-des-Landes où on était passé à plusieurs reprises tout près d’un tel drame. Cette fois, malheureusement pour Rémi, cela n’a pas été le cas.

Alors oui, en République, la démission d’un Ministre de l’intérieur est la seule façon pour le gouvernement d’assumer une telle responsabilité politique. Pasqua ne l’avait pas fait en 1986 mais Devaquet si. Pour le moment, Bernard Cazeneuve donne des leçons, disant trouver indignes les propos des responsables du PG ou d’EELV alors que nous plaçons logiquement la mort de Rémi sur le terrain politique. Il nie par là l’engagement citoyen de Rémi Fraisse qui n’est pas mort dans un « accident » mais bien dans une manifestation où il défendait ses idées.

Non, ni M. Carcenac, le Président du Conseil général du Tarn, ni le gouvernement ne peuvent se dédouaner ainsi de leurs responsabilités. Tout cela est dans la logique d’une politique qui depuis deux ans est non seulement antisociale, mais qui plus est, criminalise et réprime les mouvements de contestations sauf ceux du patronat. Cela a commencé par le refus de la loi d’amnistie, cela s’est poursuivi mardi par la condamnation à des peines de prison avec sursis de militants de la Confédération paysanne en raison de leurs actions de protestation contre la ferme des mille vaches, assortis de peines d’amendes pour des refus de prélèvement d’ADN. Tout cela est dans la lignée habituelle de gouvernements de droite aux abois. Décidément le mi-mandat de François Hollande est déjà crépusculaire.

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