Petit rappel des faits à l’usage de ceux que le combat effraie

Petit rappel des faits à l’usage de ceux que le combat effraie

6 mai 2012, Hollande est élu. Principalement grâce aux voix de citoyens clairement à gauche, qui ont, au choix : Cru au discours du Bourget. Voté pour lui dès le premier tour sans grande conviction mais par peur d’un Revival du 21 avril 2002. Voté pour Mélenchon (ou Joly ou Poutou ou Arthaud) au 1er tour mais et ont choisi au second d’éliminer Sarkozy. Aussitôt élu, Hollande met en application la ligne qu’il a toujours défendu au sein du PS : une politique centriste, soumise à l’union européenne, à peine social démocrate. Pour ce faire il muselle : – La gauche du ps (épisodes Montebourg / Florange, éviction Batho, rappel à l’ordre des députés un peu trop bruyants) – EELV (dont le récent congrès est riche d’enseignements) Il tente d’en faire autant avec le FdG.

La stratégie est simple : pour eux, le danger vient principalement de Mélenchon, qui ne cache pas son intention de faire du fdg de passer devant le PS. Ils le connaissent suffisamment pour savoir qu’il ne renoncera pas. il faut donc le neutraliser. Dès lors, tous les moyens sont bons : – Ne pas débattre avec lui, ou alors en envoyant le plus cynique d’entre tous (Cahuzac… No comment). – Taper taper taper tout en flattant les communistes (le sniper désigné est Carvounas) – évidemment, on se contente de taper la forme, s’aventurer sur le fond serait prendre le risque de valoriser les positions de l’ennemi – Hurler au populisme et le traiter d’homme seul. – L’accuser de tous les travers, et même d’antisémitisme !!! Las, le front de gauche tient bon et reste soudé.

Il reste cependant une dernière carte à jouer au PS : les municipales. Ils savent bien que c’est le talon d’Achille du Front de Gauche… et qu’au sein du PCF, deux lignes s’affrontent pour le premier tout : l’autonomie, ou l’alliance avec le PS. Alors les socialistes s’engouffrent dans la faille. Non contents de monter à l’assaut des derniers bastions rouges, ils veulent à tout prix maintenir les communistes sous leur coupe. Et notamment dans la principale ville, la plus visible, la plus symbolique : Paris. Les voici entrain de faire une cour effrénée aux communistes parisiens, leur proposant monts et merveilles, avec une seule idée en tête : « tuer Mélenchon », pour reprendre les termes de Jean-Bernard Bros, président de la fédération de Paris du PRG. Mais c’est loin d’être gagné. L’ambiance à Paris montre que les communistes tiennent au Front de Gauche, Ian Brossat le premier. Alors, c’est… Pierre Laurent, premier secrétaire du PCF, qui va s’y coller. A son tour, il va fustiger le « style » Mélenchon, parlant d’invectives et de provocation quand ce dernier s’en prend à… Manuel Valls ! Et pour asséner le coup de grâce, il ira jusqu’à accorder une interview au Parisien pour… défendre l’alliance avec les socialistes à Paris. C’est ainsi que, devant les caméras de France 3, un militant communiste ira raconter qu’il a voté pour l’alliance, « contraint et forcé ». Voilà pour les faits.

Prenons à présent le temps de revenir un peu sur un passé plus lointain… En 2009, lorsque nous avons créé le Front de Gauche, nous nous sommes engagés à, ensemble, refuser les compromissions pour proposer une force de gauche capable de briser l’hégémonie du PS, et contrer la dérive libérale du parti solférinien. Nous savions que ce n’était pas gagné d’avance, que ça prendrait peut-être du temps. Mais nous avons tenu bon. Et le Parti de Gauche tient toujours bon. Tout comme tiennent bon nos camarades de « Ensemble », nouvelle force du Front de Gauche, et la plupart des communistes, qui refusent les mésalliances. Alors aujourd’hui, quand nos délégués au congrès du PGE dénoncent le choix de Pierre Laurent à la présidence du Parti, rappelant qu’il est incohérent de mettre à la tête d’une force qui prône l’autonomie ce lui-là même qui a trahi cette autonomie, je les rejoins entièrement. Quand ils annoncent suspendre leur participation jusqu’aux municipales, parce qu’ils refusent de cautionner ce choix, je les salue pour leur intégrité. Ce n’est pas une position facile. Mais c’est une position légitime. Intègre. Sans compromission. Alors, ça grince dans les chaumières… certains s’évanouissent de nous voir nous éloigner de ce Parti européen dont ils seraient bien incapables de citer une seule réalisation… A ceux-là je veux rappeler qu’il faut toujours savoir quel est notre combat. Et le mener jusqu’au bout. Ou alors rendre les armes

Juliette Prados

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Une réflexion sur “ Petit rappel des faits à l’usage de ceux que le combat effraie ”

  1. Je crois que si nous avions mis l’accent sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui nous éloigne, nous serions plus proches de la république et de la victoire.

    Ps : Je suis de ceux, nombreux, qui parlent cru et dru, qui ne baissent les yeux ni devant Dieu et César réunis. Je suis de ceux que le combat n’effraie nullement. Je suis de ceux, enfin, qui prennent ce qui leur appartient, leur place.

    http://iberenexil.org/?p=2151

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