Face à la crise de Régime, vite la 6ème République !

Face à la crise de Régime, vite la 6ème République !

Adrien Quatennens – Jeudi 28 Août 2014

François Hollande commémore

On avait entendu le 14 Juillet dernier, le Président de la République nous annoncer que la politique du gouvernement Valls allait finir par payer et que, à bien y penser, il sentait venir la reprise. Après quoi, il est retourné aux commémorations, pendant que les français continuaient d’observer l’échec de sa politique. Et derrière cet échec et cette persistance dans la politique de l’offre et de l’austérité, derrière cette indexation idéologique au MEDEF, à la Commission Européenne et aux injonctions de Madame Merkel, tant de souffrances chez les français pour si peu de résultats. Même la croissance, qui chez ces gens-là est pourtant religion, les boude. Quant au chômage n’en parlons pas ! C’est au moment où la nouvelle hausse du chômage est annoncée, au moment où l’on apprend que les entreprises du CAC40 ont augmenté de 30% leurs dividendes versés aux actionnaires que Valls fait une déclaration d’amour au MEDEF (qu’il confond visiblement avec « les entreprises ») et nomme un ancien financier, cheville-ouvrière du tournant libéral de la politique de Hollande, Ministre de l’Economie. C’était pourtant le candidat Hollande qui disait en 2012 « Mon ennemi, c’est la finance ! » (c’était au temps où il apparaissait un brin sensé). L’économie de notre pays est malade de la Finance prédatrice. L’économie européenne est malade de la politique d’Angela Merkel, qui soucieuse de satisfaire son électorat composé d’une population vieillissante disposant de retraites par capitalisation, a besoin d’un Euro fort. François Hollande avance aveuglément et semble incapable de penser un autre projet politique.

Chaud devant, aveuglément !

Il y eût la sortie du gouvernement des ministres issus d’Europe-Ecologie-Les-Verts, il y eût les frondeurs du Parti Socialiste, la remise en cause même du terme « Socialiste » par Manuel Valls, il y eût l’autre Gauche, la vraie, qui n’en pouvait plus que le mot « Gauche » puisse être associé à la trajectoire politique assumée par Hollande et Valls, il y eût la Droite qui, empêtrée dans ses affaires, ne cessât jamais la critique (et pourtant, la Droite devrait se contenter d’être heureuse, François Hollande se chargeant mieux qu’elle-même d’appliquer sa propre politique), il y eût la claque des Municipales, l’uppercut des Européennes, il y eût les frondeurs, les affligés, les atterrés, les tout-ce-que-vous-voudrez, il y eut, enfin la critique des ministres Montebourg et Hamon, la démission du Gouvernement Valls 1er et, malgré tout cela, François Hollande, droit dans ses bottes assume : Rien ne va plus ? On continue et qu’aucune tête ne dépasse ! C’est à n’y rien comprendre ! Même à pousser l’analyse, on se perd à chercher pourquoi François Hollande, dont la politique semble avoir touché le fond, ne s’arrête pas de creuser.

« Devoirs de Vérité »

S’il est une chose dont personne ne peut plus douter désormais, c’est que ce n’est pas en changeant quelques têtes, pas plus qu’en changeant de majorité que la crise profonde de régime qui se révèle va se résorber. En effet, les gens attendent un changement profond et radical qui améliore leurs conditions de vie et ils observent bien que leurs votes ne changent rien et que nos Institutions permettent aux élus, quand ils n’agissent pas pour leur propre compte ou celui de leur caste oligarchique, de faire l’inverse de ce pourquoi ils ont été élus. Par conséquent, il ne peut être question d’attendre les prochaines échéances électorales en faisant notre petite soupe politique sans remettre en cause de fond en comble les fondements mêmes de nos Institutions. A l’heure qu’il est, nous ne pouvons que renvoyer François Hollande à ses propres écrits de 2006 quand, dans son livre « Devoirs de Vérité », il prônait la « vérification démocratique » à mi-mandat. Cela pourrait prendre la forme d’un référendum révocatoire qu’au Parti de Gauche, nous appelons de nos vœux. Car ce régime de monarque présidentiel vient d’achever sa démonstration d’appartenance au passé. Il est plus que temps d’en changer. Il est plus que temps de passer sur la Cinquième République un large et ample coup de balai.

« Le système n’a pas peur de la Gauche, il a peur du Peuple »

En cette phrase, nous résumons notre analyse du moment politique. Quand le mot « Gauche » est associé à la politique économique de Droite menée par le gouvernement Valls, cela nous coûte cher. Quand l’idée même de Gauche est remise en cause, quand les structures partisanes assises sur le jeu électoral de la Cinquième République font se désintéresser le Peuple de sa propre cause, alors nous devons tirer cette conclusion que « le système n’a pas peur de la Gauche, qui lui mange dans la main. Le Système a peur du peuple ». Or, le peuple, pour les raisons que nous venons d’évoquer, décide de plus en plus de nous dire « si c’est comme cela, débrouillez-vous, moi je ne m’en occupe pas ! ». C’est ce qui s’est passé aux dernières Elections Européennes, avec le résultat que l’on sait. Or, il est plus que temps que tout le monde s’en mêle. Pour cela, il nous faut des Institutions et des instruments qui permettent au peuple de se réapproprier sa souveraineté, de ne plus la confier à quelques-uns qui n’en respectent rien. Il est temps de fédérer le Peuple et de lui donner les moyens de s’en mêler pour de bon.

« Vite, la 6ème République »

Au Parti de Gauche, nous menons depuis le début ce combat pour la 6ème République qui constitue la base de notre projet Ecosocialiste. Si nous venions à gouverner ce pays, la première chose que nous ferions serait de convoquer une Assemblée Constituante (elle serait composée de personnes non-élues au moment de sa convocation et qui ne pourrait être élues après les travaux de rédaction de la nouvelle Constitution). Ainsi, le Peuple participerait tout entier à la refonte de ses Institutions en se les appropriant pendant tout le processus constituant, redéfinissant ainsi le cadre et la règle du jeu. Des droits nouveaux pourraient être inscrits dans la nouvelle Constitution, de même que des principes généraux pour la France comme la Règle Verte qui pourrait mettre notre pays à l’avant-garde des questions écologiques. Bien évidemment, la Constituante pour la 6ème République n’apporterait pas immédiatement et en tant que telle les réponses attendues par les citoyens à la crise sociale et écologique et nous ne devons pas nous focaliser uniquement sur cet objectif. Mais elle serait inévitablement un moyen pour le Peuple de récupérer sa souveraineté et, sur cette nouvelle base de décider de ce qui est bon pour lui et de le faire ensuite appliquer par le biais des nouvelles Institutions. Notre projet écosocialiste doit également continuer à être porté avec force car il apporte les réponses nécessaires aux problèmes de notre temps. Nous allons aussi nous saisir de la question essentielle de la citoyenneté dans l’entreprise à l’heure où les touristes-pompeurs de la finance à court-terme ont remplacé dans les grandes entreprises les ingénieurs qui s’engageaient pour le long terme avec un horizon porteur d’avenir pour l’économie. Ils arrivent à trouver des travailleurs « moins chers » ? Nous allons trouver des patrons qui coûtent moins chers car ceux-là coûtent horriblement chers et sont, en plus, incapables d’autre chose que de gérer leur petite comptabilité de boutiquiers, leurs portefeuilles pour unique horizon alors que nous avons besoin d’imagination, d’inventivité et de nous réapproprier le temps long ! Nous ne confondons pas les grandes entreprises et les PME et artisans. Nous ne confondons pas les entreprises et les actionnaires. A l’heure où la dette écologique de l’Humanité s’avance d’années en années, nous devons aussi être en pointe pour nous assurer que ce que nous produisons n’altère pas davantage notre biosphère. Nous avons le souci d’une économie organisée de manière socialement utile et écologiquement soutenable.

« Fédérer le Peuple »

Pour autant, nous savons que cette ambition de la 6ème République ne peut rester celle du Parti de Gauche. Nous savons aussi que l’échéance électorale de 2017 ne sera pas une élection mais une insurrection. C’est une insurrection civique que nous souhaitons. Pour le moment et avec les élections Européennes, le cratère s’est ouvert du mauvais côté de la montagne. Nous constatons notre échec. Nous constatons que l’hégémonie culturelle en France n’est pas de notre côté. Conscient du noir dessin que cela pourrait produire en 2017, notre réponse ne peut pas être et ne sera pas de chercher à rassembler la Gauche. C’est bien au delà et sur un objectif nettement supérieur qu’il nous faut travailler : Il nous faut fédérer le Peuple.

« Un nouveau dispositif de combat »

Pour répondre à cet objectif, nous mettons notre porte-parole le plus ample en la personne de Jean-Luc Mélenchon à disposition du combat pour la 6ème République. C’est la raison pour laquelle, à l’occasion du Remue-Méninges estival du Parti de Gauche à Grenoble, Jean-Luc Mélenchon a annoncé son retrait de la co-présidence de notre Parti afin de pouvoir s’employer entièrement à la formation d’un mouvement pour la 6ème République. Mouvement qui vise à rassembler bien au delà du Parti de Gauche et du Front de Gauche. Bien au delà même des partis politiques et des associations, ce mouvement invite toutes celles et ceux qui veulent s’y mettre, ayant compris qu’il est temps, à nous rejoindre. Ce mouvement ne sera pas porté par un chef autoproclamé. Si Jean-Luc Mélenchon va se mettre en pointe pour impulser sa formation, le mouvement pour la 6ème République sera un mouvement par et pour le Peuple auquel chacun peut prendre part. Vous comprenez donc que, plutôt qu’un retrait ou qu’une retraite annoncée dont il n’est rien, Jean-Luc Mélenchon est déjà au travail. C’est ainsi que se déploie notre nouveau dispositif. Ainsi que nous faisons le pari que rien n’est encore joué pour 2017 malgré les hommes et femmes providentiels qui pourraient être tentés de rejoindre cette course folle, malgré les médias déjà capables de nous annoncer les résultats ! L’implication du Peuple est une nécessité à laquelle nous allons vigoureusement travailler pour faire de cette élection une insurrection civique qui nous sorte de l’impasse de ce régime, une insurrection civique qui permette le changement radical nécessaire, seul capable de faire que viennent les beaux jours. Faîtes-le savoir autour de vous, mêlez vous-en ! Demain est à nous !

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