Bougeons-nous!

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Article rédigé par Adrien QUATENNENS

Ne pas sombrer avec François Hollande

Nous sommes arrivés à la mi-mandat de François Hollande. Ce prétendu ennemi de la finance qu’elle a raison de ne pas craindre. Difficile désormais de mettre en relief ce qui sépare véritablement l’actuel Président de la République de son prédécesseur sur le plan idéologique. En absolus convertis au culte libéral, ils ne semblent plus capables de penser en politique sans faire allégeance à la direction imposée par Bruxelles, si insensée et arbitraire puisse-t-elle être. Ils portent la politique de l’offre, la concurrence et la compétition en bandoulière, à cette heure où, pourtant, notre pays devrait s’avancer de toute sa grandeur sur la scène internationale pour impulser le changement absolument nécessaire pour répondre aux grands défis de notre temps, à commencer par le changement climatique.

La France doit cesser de se laisser rabougrir et rabaisser sous prétexte d’une dette dont on sait qu’elle est en grande partie illégitime du fait de la spéculation générée par la finance sur elle-même. Assez de déclinisme ! La politique des caisses vides est un moyen d’obliger les français à baisser les yeux et à regarder leurs chaussures en faisant passer pour du courage  des sacrifices inacceptables (coupes dans les dépenses publiques, austérité généralisée etc.). La France a besoin de Gauche et le Monde a besoin d’une France de Gauche.

Le niveau de reniement de François Hollande est tel que, désormais pour beaucoup, « la gauche et la droite c’est pareil » et nombreux sont ceux qui renoncent à faire la différence entre notre idéal et la supercherie qui gouverne en son nom. François Hollande sombre un peu plus chaque jour dans les abîmes de l’impopularité.

Étranges institutions que celles de la 5ème République qui permettent à un Président de la République d’exercer le pouvoir sans soutien populaire. Mais à mesure que sa chute s’avance, des éboulis de la 5ème République commencent à tomber aussi, tant ce système institutionnel, véritable monarchie présidentielle, a sa grande part de responsabilité dans la colère populaire.

En attendant, et malgré le fait qu’en 2006 dans son entretien avec Edwy Plenel, François Hollande prônait la« vérification démocratique » à mi-mandat, il nous aura fallu nous contenter d’une émission de TF1 « Face aux Français » qui en a ajouté au spectacle du rapetissement de la fonction qu’il incarne. Passant en deux heures d’émission du registre Pole Emploi à une certaine allégeance à une patronne adepte de l’anti-syndicalisme primaire. Seul le Medef a dû à peu près s’y retrouver. Jean-Luc Mélenchon a résumé en moins de dix mots notre sentiment face à ce spectacle abjecte : « 150 ans de Gauche pour en arriver là. Usurpateur ! ».

Dès lors, s’il est une perspective qui nous anime à cet instant, c’est celle de ne pas sombrer avec François Hollande. Pour cela, nous devons incarner mieux que jamais l’alternative que nous représentons, la seule capable de redresser ce pays tout en répondant aux grands défis imposés par notre temps.

La révocabilité, une nécessité !

Du 8 au 11 novembre, le Parti de Gauche a tenu une première votation citoyenne sur le droit de révoquer les élu-e-s. Dans 75 départements et même outre-mer, ses militants ont occupé les marchés et les places avec des urnes pour faire voter les citoyens, appelés à répondre à la question « Êtes-vous favorable au droit de révoquer les élu-e-s ? ». Qu’il en soit de la mobilisation des militants, de la participation comme du résultat, cette première votation est un succès. Cela n’est pas étonnant : elle est complètement d’actualité.

Cette question de la révocabilité des élus en appelle à leur responsabilité permanente, percutant ainsi l’irresponsabilité cultivée par les institutions de la 5ème République. Celle-là même qui rend possible les affaires Cahuzac, Thévenoud ou autres Balkany sans que le Peuple ne puisse les renvoyer d’où ils viennent sans attendre la fin de leur mandat. Celle-là même qui rend possible pour un Président de la République le reniement à ses engagements sans que cela ne lui en coûte pour exercer le pouvoir.

Finalement, la question de la révocabilité des élu-e-s est une affaire de responsabilité. C’est devant le seul souverain qu’est le Peuple que doit s’exercer la responsabilité des élu-e-s. Aucun élu ne doit pouvoir se garder de rendre des comptes. Il n’est pas question de « punition » mais de contrôle civique. Rappelons que ce droit a été inventé pendant la Révolution Française et qu’il s’applique dans certains États des États-Unis ou des pays d’Amérique du Sud. Il est temps de l’appliquer en France !

Le fait que ce droit existe ne permettrait plus de faire des promesses électorales qui ne sauraient être tenues. Il inciterait à faire campagne sur des programmes et objectifs clairs que l’élu ne pourrait pas laisser soumettre aux pressions extra-démocratiques que sont les lobbys ou les pressions financières. L’élu serait à tout moment responsable devant le Peuple. Pour autant, il faut nécessairement pouvoir concilier l’expression du Peuple avec la stabilité des institutions. C’est pourquoi le référendum révocatoire ne pourrait pas avoir lieu avant la mi-mandat de l’élu concerné.

Quoi qu’il en soit, le Parti de Gauche continuera à porter ce débat en faveur du droit de révoquer dans ses campagnes et souhaite que cet axe soit partagé avec ses partenaires. D’ores et déjà, il propose le texte d’une disposition constitutionnelle sur le référendum révocatoire qui permettrait de renforcer le contrôle citoyen sur l’exercice des mandats et la responsabilité des élus. Celui-ci pourrait être rédigé ainsi :

« Toute personne titulaire d’un mandat public électif peut être révoquée à l’issue d’un référendum organisé à l’initiative d’au moins un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales de la circonscription concernée, dans des conditions prévues par la loi. » « La révocation ne peut être sollicitée avant l’expiration de la moitié au moins de la durée d’exercice d’une charge publique élective. Il ne peut être organisé qu’un seul référendum révocatoire au cours d’un même mandat ».

On imagine aisément ce qu’il en serait à cette heure du « Moi, Président » Hollande si le droit de révoquer les élu-e-s s’appliquait en France !

Le vaudeville permanent

L’actualité ajoute quotidiennement son pesant de comique de répétition dans le vaudeville permanent de l’oligarchie au pouvoir. Ainsi, après le lot de turpitudes des Cahuzac, Thévenoud, Balkany et compagnie, apparaissent les accointances entre les gens de la Cour ! Comme lorsque Monsieur Jouyet,cet indestructible parmi les belles personnes (bras droit de François Hollande après avoir été ministre de Nicolas Sarkozy), déclare que François Fillon serait venu lui demander de faire accélérer les procédures à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Vous avez bien suivi ? François Fillon a porté plainte en diffamation, la justice suivra mais quel qu’en soit le résultat, il faut bien reconnaître que dans les lumières des écrans cathodiques (ou plats !) comme dans les lignes des journaux, ce régime ressemble à si perdre à une petite monarchie et sa cour, dans les noblesses de l’entre-soi.

Dans le même temps, on assiste au show-come-back de Nicolas Sarkozy qui adapte sa position contre le Mariage pour tous à l’applaudimètre d’une foule en délire. C’est ainsi qu’il passe de « réécrire de fond en comble la loi » à « si vous préférez qu’on dise qu’il faut l’abroger, en français ça veut dire la même chose, mais si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher ». Son retour plus que mitigé l’amène à toutes les surenchères les plus droitières, mettant peut-être un peu plus en lumière le déséquilibre dans la balance entre la lourdeur de ses ambitions et le poids de ses réelles convictions. Il a suffi qu’une foule crie à l’abrogation pour qu’il passe d’une posture à l’autre, invoquant même la notion de « plaisir ». Et que dire d’Hollande, à qui il a suffi d’être élu pour passer de mon « ennemi c’est la finance » à « bon élève de la classe Europe » ? Un système qui concentre autant de pouvoirs sur une seule personne fini toujours pas le donner à des imbéciles !

Le Peuple ne dispose pas de moyens suffisants pour s’en mêler et d’ailleurs tout est fait pour qu’il ne s’en mêle pas. Et pourtant les questions qui se posent à l’Humanité nécessitent sa pleine implication. Pour n’évoquer aujourd’hui que l’urgence écologique (bien que l’urgence sociale soit de la même importance), la question n’est ainsi pas de savoir si la crise écologique va faire naître des catastrophes mais quand ces catastrophes vont se produire et sous quelles formes. Les défis sont de très haut niveau. Mais au moment où l’Humanité doit les affronter, elle ne les affronte pas dans les conditions de raison et de coopération qui devraient constituer le nouveau modèle économique et politique. Tout au contraire, c’est la compétition de tous contre tous et le productivisme chevronné qui perdurent. Pas étonnant qu’ils s’en fassent les défenseurs quand on constate que même dans leurs propres partis politique, ils sont en compétition permanente !

La Gauche en marche, oui, mais pas que !

Au jeu de « la gauche et la droite c’est pareil », ils vont finir par faire mourir la gauche. Nous devons les en empêcher. Mais si les étiquettes passent, l’idéal demeure. Car nous savons ce qui dans l’Histoire a fait naître le clivage entre la Gauche et la Droite autour de la question du droit de veto. Ces grandes questions sont toujours d’actualité : Tous ensemble ou chacun pour soi ? Égalité et intérêt général ou somme d’intérêts particuliers ? Ces clivages ne peuvent pas disparaître dans des alliances et des arrangements sans principe. Il serait dommage que passent les étiquettes mais tant pis si cela devait arriver du moment que l’idéal, lui, reste.

Ainsi, si le clivage Gauche/Droite est rendu moins perceptible par les politiques libérales menées par les uns et les autres, le clivage Peuple/Oligarchie, sur des thématiques similaires, est lui plus que jamais d’actualité.

Mais la Gauche ne se laissera pas sombrer avec François Hollande, Valls et Macron ! D’ailleurs, elle était décidée à le montrer en marchant ce Samedi 15 Novembre 2014 à l’occasion de la mi-mandat du Président de la République : Contre Hollande et Valls, contre le budget d’austérité. Les différentes marches organisées dans plus d’une vingtaine de grandes villes de France ont réuni 100 000 manifestants. A Paris, nous étions 30 000. C’est le collectif 3A, pour une alternative à l’austérité qui en était à l’initiative. D’ores et déjà, nous pouvons apprécier le fait qu’à cette occasion étaient réunies de nombreuses forces progressistes en opposition à la politique du gouvernement. L’arc s’est élargi : de nombreux syndicats, de nombreuses associations, de nombreux partis de gauche, allant de « l’extrême gauche » à l’écologie politique sans oublier la présence de « socialistes affligés » en désaccord avec la politique de Hollande et Valls. Ces forces constituent l’opposition de Gauche.

Il faut que convergent ces forces en mouvement. Cela est nécessaire. Mais cela ne sera pas suffisant. Il faut aller au delà même de la convergence de ces forces en appelant le Peuple tout entier à s’en mêler. C’est tout le combat que nous souhaitons mener avec le Mouvement pour la 6e République (www.m6r.fr) pour organiser le moyen de l’implication populaire, pour changer la règle du jeu par une constituante. Nous devons travailler ardemment pour que cette idée devienne rapidement majoritaire dans le pays. C’est cela ou les abîmes promises par ce que l’on voit venir de la situation politique actuelle.

Car oui, face à la situation sociale et écologique, face à l’ordre géopolitique mondial, il y a des raisons de s’inquiéter. Qui peut régler le désordre du Monde ? Il faut répondre à cette question et, une fois qu’on y a répondu, se tenir cramponné à la réponse pour ne jamais l’oublier : C’est le Peuple qui peut le faire pour le peu qu’on l’y appelle. L’implication populaire est la clé du dénouement de toute la situation politique mondiale, nationale et locale. Le Peuple doit se bouger les fesses, et nous, les citoyens engagés devons l’y encourager en le faisant les premiers. Il faut que cesse le rapport entre les citoyens et les politiques sur le thème : « Ne vous inquiétez pas, laissez-nous nous en occuper et rentrez à la maison ! ». Ce qu’il faut dire, c’est tout le contraire : Sortez de la maison, mettez-vous en mouvement, aidez les travailleurs quand ils sont en lutte dans leur entreprise, défendez ceux qui marchent devant en éclaireurs, manifestez contre les grands projets inutiles, contre les politiques libérales et de libre-échange comme cet abjecte projet de Grand Marché Transatlantique, pétitionnez, participez, agissez ! Cela vous sera rendu au centuple mais, nous vous en conjurons, bougez-vous ! Bougeons-nous !

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Une réflexion sur “ Bougeons-nous! ”

  1. Bonjour Adrien,

    Tout d’abord, je vois que tu bouge beaucoup et je t’en félicite. Je suis d’accord avec ton article par ailleurs excellent.
    La désaffection des citoyens est évidemment le problème majeur que nous ayons à comprendre puis à pallier dans la perspective de la révolution citoyenne. Tant que ce problème n’aura pas été étudié et résolu, tu pourras écrire des milliers de fois « le peuple doit se bouger les fesses… » il ne bougera pas, en tout cas pas pour nous. C’est dans les quartiers que se trouvent les solutions.
    Nous avions dans ce Parti de bonnes idées : démocratie, la 6ième république, les assemblées citoyennes, l’implication du peuple, « la seule consigne : il n’y a pas de consignes »…etc… Le parti n’a pas mis en pratique ses idées et je constate que ce n’est et ne sera pas probablement jamais à l’ordre du jour.

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