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LA TELE DE GAUCHE 59 VIENT DE NAITRE!

Le Parti de Gauche du Nord a maintenant sa Télé de Gauche! Cette télé aura pour but de rendre compte et de relayer les mobilisations et évènements militantes importants dans tout le département. Elle se veut un outil d’éducation populaire et un relais d’information engagé.N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez participer à l’alimentation de la chaine youtube!

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Le Peuple grec ouvre la voie, empruntons-la !

Le Peuple grec ouvre la voie, empruntons-la !

Adrien QUATENNENS – Jeudi 29 Janvier 2015

Un Peuple relève la tête

En ce début d’année tragique dont le plus fidèle tableau ressemblerait à s’y méprendre à une nuit noire et glaciale, le soleil grec s’est levé, suggérant son parfum de printemps des peuples à toute l’Europe. Ce Dimanche 25 Janvier 2015, en portant Syriza au pouvoir dans leur pays, les grecs relèvent la tête. Ils relèvent la tête après des années de souffrances endurées. Et endurées pourquoi s’il vous plait ? Pour rien. Pour rien sinon pour satisfaire l’appétit des puissants et leur idéologie bornée. Les politiques ineptes et cruelles de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) ont mis le pays à terre au nom de traités dont l’application est souvent antinomique du bon sens. Cette politique de petits boutiquiers pour tenir les comptes en ordre appliquée à la lettre a mis la Grèce à genoux. Il était temps que le Peuple grec se lève. C’est chose faite !

C’est chose faite mais ce fût long. Depuis le milieu des années 1970, le Peuple grec a eu à supporter les alternances successives de la droite (Nouvelle Démocratie) et du parti socialiste (PASOK). Alternance sans réelle alternative, à l’image de ce que nous pouvons facilement constater en France dans l’alternance UMP/PS. Aucune alternative n’est d’ailleurs possible quand les forces politiques en présence n’ont que le marché et la libre concurrence pour modèle. Avec la construction de l’euro, une âpre réalité est apparue aux yeux des grecs : le déficit public avait été maquillé par la banque Goldman Sachs pour faciliter l’entrée du pays dans la monnaie unique. C’est avec l’arrivée de la crise de 2008 et sa contagion internationale que commence le cauchemar des grecs. Les politiques d’austérité, remède de cheval imposé par la Troïka à la Grèce avec la capitulation de Georges Papandreou (Parti Socialiste PASOK), n’ont fait qu’aggraver la crise : le remède, au lieu de soigner le malade, a pour effet d’aggraver son état ! Entre 2010 et 2013, les grecs ont eu à subir 11 plans d’austérité. 11 plans d’austérité appliqués arbitrairement, totalement inefficaces mais terriblement dévastateurs pour le pays. Ces plans visaient à réduire la dette et ont eu pour effet de l’accroître considérablement (celle-ci est passée de 113% du PIB en 2008 à 175% du PIB en 2014). L’alimentation de ce puits sans fond détruit toutes les richesses productives du pays et le PIB lui-même s’effondre. Les effets de ces politiques sur la population sont catastrophiques : taux de chômage en hausse de 15% entre 2010 et 2014, baisse des pensions, baisse des salaires en général et baisse du salaire minimum, coupes dans les services publics (jusqu’à l’extinction de la télévision publique), moindre remboursement des frais de santé, suicides. Bref, nous qui en France luttons aussi contre les politiques de la Troïka en Europe, n’avons pas idée du véritable martyre qu’a subi le peuple grec.

Dans ce décor cataclysmique conçu par la Troïka avec le consentement de la droite et des sociaux-libéraux en Grèce, de nouvelles forces politiques ont émergées. Ce fût notamment le cas d’Aube Dorée, ce parti d’extrême droite qui trouva écho du mécontentement du Peuple. Mais pendant que les médias braquaient leur caméra sur ce parti et sur la descente aux enfers de la Grèce, Syriza pointait déjà le bout de son nez. Si les médias français comparent Syriza au Front de Gauche et Alexis Tsipras à Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas par hasard. Quoiqu’il y ait quelques différences de formes et de fond entre les deux formations, elles sont des formations amies qui travaillent ensemble en Europe. Comme le Front de Gauche, Syriza est une coalition de plusieurs partis de l’autre Gauche (en Europe, on appelle « l’autre Gauche » la Gauche qui ne s’accommode pas du libéralisme économique, autrement dit, les forces se trouvant généralement à la Gauche du Parti Socialiste). Comme le Front de Gauche, Syriza en appelle à la reprise du pouvoir par le Peuple en l’invitant à reconquérir sa souveraineté confisquée par la Troïka en Europe avec la collaboration des dirigeants nationaux. Il s’agit de remettre la politique et l’économie au service de l’humain et non pas l’inverse comme c’est le cas aujourd’hui. Cela passe par un programme large de reconquête des biens communs avec notamment l’accès gratuit à tous les services publics de santé et d’éducation, la gratuité des premières tranches de produits essentiels à la vie avec une tarification progressive contre les mesusages (c’est le cas par exemple de l’électricité), la réduction des tarifs de transports publics, la revalorisation des pensions de retraites, etc… Bref, tout ce que peut contenir un programme d’une Gauche qui assume le fait que l’économie doit servir l’Humain avant que l’Humain ne serve à l’économie.

Syriza, le « Qu’ils s’en aillent tous » grec !

Les grecs viennent de traduire dans les urnes le point de non-retour décris mille fois par Jean-Luc Mélenchon, le « Qu’ils s’en aillent tous » qui est le titre de son livre de 2012 dont est tiré cet extrait où il parle de la France : « « Qu’ils s’en aillent tous ! » Ce sera demain le slogan de millions de gens. Ils iront prendre aux cheveux les importants parce qu’ils sont excédés de les voir piller et saccager notre pays, gaspiller les efforts des travailleurs, dilapider les savoir-faire, solder nos innovations et condamner la population de la cinquième puissance économique du monde à une misère croissante et au recul de tous les acquis sociaux arrachés en un siècle et demi d’Histoire. Ils le feront, révulsés par les mœurs arrogantes des amis de l’argent, écoeurés par le mode de vie égoïste qu’ils imposent, indignés par les attrape-gogos du genre « Travailler plus pour gagner plus », « Moraliser le capitalisme », « Grenelle de l’environnement », j’en passe et des meilleures. (…) En phase active, « Qu’ils s’en aillent tous » sera un feu d’artifice mille fois plus large. Car la consigne ne visera pas seulement ce président, roi des accointances, et ses ministres, ce conseil d’administration gouvernemental de la clique du Fouquet’s ! Elle concernera aussi toute l’oligarchie bénéficiaire du gâchis actuel. « Qu’ils s’en aillent tous ! » : les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qui est humain en marchandises, les émigrés fiscaux, les financiers dont les exigences cancérisent les entreprises. Qu’ils s’en aillent aussi, les griots du prétendu « déclin de la France » avec leurs sales refrains qui injectent le poison de la résignation. Et pendant que j’y suis, « Qu’ils s’en aillent tous » aussi ces antihéros du sport, gorgés d’argent, planqués du fisc, blindés d’ingratitude. Du balai ! Ouste ! De l’air ! ». Ce « Qu’ils s’en aillent tous » vérifiés des révolutions citoyennes d’Amérique Latine arrive en Europe, par la Méditerranée. Il était temps !

Les grecs viennent de faire la démonstration que, malgré les souffrances, on peut renverser la table en convaincant, par l’opiniâtreté, pacifiquement avec des bulletins de vote. Non seulement renverser la table mais surtout donner aux problèmes rencontrés une issue raisonnée, positive, à mille lieux des discours de guerre civile et de divisions entre les Peuples. Finalement, il est certain que tôt ou tard l’Histoire vient à nous. Elle ne vient pas à nous faute de mieux, par dépit. Elle vient à nous parce qu’il est certain que seules les solutions que nous proposons sont capables de régler les problèmes et les grands défis de notre temps mais aussi parce que l’horizon que nous proposons redonne simplement du sens à notre existence. En effet, nous défendons un projet politique au service du bonheur et des jours heureux, dans le souci de la préservation de notre écosystème. L’économie au service de l’humain dans le respect de la planète. Oui, c’est un projet politique qui a de l’avenir et qui est foncièrement opposé à ce qui se fait actuellement : L’humain et la planète au service de l’économie. Il est temps d’en finir avec ce vieux monde de la croissance infinie et de la pressurisation des peuples au service de l’économie. Il est temps d’en finir avec ce vieux monde qui permet le saccage de notre héritage le plus essentiel car nécessaire à notre vie : notre planète. Il est temps d’en finir avec ce vieux monde dans lequel 1% de l’humanité se partage plus de la moitié des richesses, où les 80 personnes les plus riches ont vu leur fortune encore augmenter de 600 milliards de dollars, tandis que 3,5 milliards de pauvres se sont appauvris. Il est temps d’en finir avec ce vieux monde où pendant qu’une minorité se gave, 80% de la population doit se partager les miettes, c’est-à-dire 5,5% de la richesse restante (chiffres de l’ONG Oxfam). Il est temps d’en finir avec ce vieux monde des politiciens motivés uniquement par leurs intérêts privés. Il est  temps d’en finir avec ce vieux monde. C’est ce que les grecs nous proposent de commencer avec la victoire de Syriza. Commencer le nouveau monde.

Le bal des faux derches 

Même si l’on sait bien que les 7 millions de français qui ont marché le weekend du 10 et 11 janvier suite aux attentats derrière les banderoles « Je Suis Charlie » n’étaient pas tous des lecteurs de Charlie Hebdo (le journal n’était vendu qu’à 30 000 exemplaires), on peut comprendre que ce que représente le journal, à cet instant, a largement dépassé son lectorat et c’est d’ailleurs tant mieux. En revanche, ils sont trop nombreux à dire « Nous sommes Syriza » après la victoire d’Alexis Tsipras en Grèce pour être pris au sérieux. Le Syriza au pouvoir a bien plus de défenseurs que le Syriza qui prétendait le prendre. Etrange non ? Je veux parler du bal ahurissant des faux derches qui se sont empressés de soutenir Syriza pour aller dans le sens du vent. Dans le journal l’Humanité, Maurice Ulrich a parfaitement décrit la chose en disant que le Front National ou le Parti Socialiste qui soutiennent Syriza, c’est un peu le coucou qui vient pondre ses œufs dans le nid des autres. Pas sûr que cela marche mais ce qui, en revanche, fonctionne à merveille, c’est la musique des petits répétiteurs de l’information cathodiques ou publicitaires ! Regardons voir de plus près !

Le plus gros enfumage est celui des médias qui, parce que Marine Le Pen et certains au Front National ont fait des sorties médiatiques en disant soutenir Syriza, ont relayé sans discernement cette information de manière à dire que, tout de même, c’est une étrange coalition qui soutient Syriza depuis la France, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen ! La vérité est que la victoire de Syriza fait naître d’étranges et opportunes conversions. Quand on sait l’opposition idéologique entre Syriza et le Front National, les ficelles sont facilement détectables. Encore, s’il n’y avait que le Front National, mais non, il y a aussi le Parti Socialiste à qui la victoire de Syriza lui fait se sentir pousser des ailes. Ce Parti Socialiste qui en 2012, lorsqu’Alexis Tsipras était venu à Paris, n’avait pas souhaité le rencontrer alors que Jean-Luc Mélenchon avait insisté partout pour qu’il soit reçu. Quand on voit la ligne politique du gouvernement actuel sensé être l’ennemi de la finance, on se dit qu’une rencontre avec les dirigeants de Syriza aurait pu leur être profitable pour leur rappeler un peu pourquoi ils ont été élus ! Mais non, ceux-là avaient décidé de snober Alexis Tsipras et préfèrent aujourd’hui persévérer dans les politiques ineptes, à l’image de la loi Macron en discussion ces jours-ci à l’Assemblée Nationale et qui contient tout ce qui pourrait motiver l’opposition de Syriza et qui motive d’ailleurs la nôtre.

On comprend pourquoi le Parti Socialiste, subitement, se range derrière Syriza. La vérité est qu’ils ont du mal à avaler le résultat de leurs homologues grecs. En effet, le Parti Socialiste grec, le PASOK, vient de prendre une raclée avec un score de 5%. Leur conversion au libéralisme économique, l’ambiance de corruption et de soumission qui y règne viennent de les remettre à leur juste place. Au tapis ! C’est le même sort qui attend le Parti Socialiste français. A continuer dans sa direction droitière, en niant le mandat que le Peuple lui a donné, il finira aux oubliettes et c’est bien ce qu’il mérite. Nous nous amusons de les voir venir jouer les soutiens de l’autre Gauche européenne, conscients qu’ils sont de leur déroute. Quant à la droite, pour eux, la victoire de Syriza est une catastrophe qui bousculent leurs certitudes. Alors, ils crient au scandale, à l’irresponsabilité. On le comprend car entre eux et un parti comme Syriza, s’exprime l’essence du clivage Gauche/Droite, ce qui n’est pas le cas dans les accointances PS/UMP qui, en définitive, font la même politique et soutiennent la même trajectoire européenne. Syriza c’est le camp qui donne le pouvoir au Peuple, la droite c’est le camp qui le musèle pour conserver le pouvoir. On ne rappellera jamais assez comment sont nées la Gauche et la Droite : De cette opposition entre Souveraineté du Peuple et pouvoir d’une minorité. Voilà ce qu’est depuis qu’il existe, le vrai clivage Gauche/Droite. Ce clivage ne s’entretient pas de confusions opportunes, le Peuple n’est pas dupe ! Quand il voit Syriza arrivé au pouvoir en Grèce, il sait reconnaître qui sont ses vrais soutiens en France.

Vouloir une autre Europe n’est pas être anti Europe !

Avant même que Syriza ne gagne en Grèce, les médias avaient déjà entamé la partition de la diabolisation : « L’extrême gauche aux portes du pouvoir » ! Derrière leurs formules ils voulaient que vous lisiez que les sauvages arrivent, qu’il fallait vite se mettre aux abris. Ils ont fait la démonstration de leur incapacité de discernement. Il n’y a pas de nuances possibles, ni d’alternative pour ces gens-là. Il faut marcher droit ! Tout ce qui s’éloigne du dictat européen est « extrême » ou « anti-européen ». Le soir de la victoire de Syriza, les commentateurs s’en sont donnés à cœur joie : « C’est un bras d’honneur à l’Europe », « la victoire des populistes ». Nous les comprenons, cela a été dit mille fois. Ils ont peur. Quand le Peuple se lève, menace de renverser la table et de reprendre le pouvoir, les puissants ont peur. Les puissants, ce ne sont pas que les androïdes de la commission européenne. Ce sont aussi leurs vassaux médiatiques, chiens de garde et deuxième peau du système. La mesure de leur peur doit nous encourager. Enfin, la peur change de camp ! Ils ont peur et pourtant nous ne menaçons pas de leur couper la tête. Ils ont peur de ce que nous voulons faire : l’Humain d’Abord ! C’est inquiétant, non ? Et c’est parce qu’ils ont peur qu’ils utilisent notamment les médias pour masquer la vérité de ce que nous sommes et de ce qu’est Syriza.

Ni le Front de Gauche en France, ni Syriza en Grèce ne sont des forces anti-européennes. Au contraire, en Internationalistes que nous sommes, nous savons que nos propositions ont besoin d’une coopération entre les Peuples, en opposition au repli sur soi. Nous ne sommes pas contre l’Europe. Pas plus que nous ne voulons lui faire de bras d’honneur ou lui cracher dessus. L’Europe a été créé au lendemain de la guerre avec de nobles intentions. La construction européenne est d’ailleurs souvent présentée comme un rêve de paix, de prospérité et d’amitiés entre les Peuples. Mais très vite, les nobles intentions ont fait place au libéralisme économique. A notre « Plutôt la coopération entre les Peuples que la guerre », ils ont opposé leur « plutôt le libre marché que le communisme ». L’Europe aujourd’hui, de par les politiques économiques absurdes qu’elle impulse, est synonyme de chômage, de régression sociale et de négation de la souveraineté des peuples. C’est à cette Europe là que nous sommes opposés. Pas à l’Europe en tant que telle, au contraire. C’est nous qui voulons redonner à l’Europe le sens qu’elle avait à sa construction, ce sens de paix entre les peuples. Nous sommes opposés à cette Europe du tout-marché, de la concurrence libre et non faussée, de la compétition généralisée érigés en dogmes irréfutables et de la finance reine qui justifient des politiques absurdes qui ruinent les pays et sèment la misère pendant que quelques uns se gavent.

Certains proposent la sortie de l’Union Européenne. Pas nous ! Pour nous, sortir de l’Union Européenne sera l’ultime solution et nous ne la souhaitons pas. Avant d’envisager quelque sortie que ce soit, c’est justement parce que nous savons que les peuples d’Europe ont besoin de la Gauche et que le Monde a besoin d’une Europe de Gauche que nous voulons mener le combat à l’intérieur de l’Union Européenne, pour la réorienter. Cela suppose d’assumer un rapport de force diplomatique. Ceux qui proposent d’en sortir décident de ne pas mener le combat et de capituler, pas nous, pas Syriza ! En revanche, nous refusons de nous soumettre au dictat de la Troïka comme le font main dans la main la droite et les sociaux-libéraux. C’est en cela que nous leur faisons peur car, nous venons contester et nous viendrons bousculer l’ordre établi. Contre eux, nous mènerons le combat idéologique car il doit être mené. Nous ne sacrifierons pas les Peuples pour l’Europe. L’Europe n’est pas condamné à l’austérité à perpétuité. Cette politique est imposée par la finance, les traités européens et le gouvernement allemand avec l’aide des sociaux-libéraux et de la droite européenne. Nous devons mettre fin à cette catastrophe économique et sociale avant qu’elle ne devienne une catastrophe politique dont la pente serait glissante et pourrait mener à rejouer l’Histoire.

Nous ne sommes pas les anti-européens qu’ils décrivent. Nous sommes ceux qui veulent redonner à l’Europe son visage original. Cela a été parfaitement décrit dans le livre de Matthias Tavel, « Le Cauchemar européen, comment s’en sortir ! » auquel je vous renvoie. Dans son livre, Matthias remet les pendules à l’heure sur ce que nous défendons pour l’Europe. Il conclut ainsi : « L’Europe devait être la solution. Elle est devenue une partie du problème. L’Union européenne dans sa forme actuelle avec ses traités, doit être refondée entièrement pour mettre fin au chômage de masse, à l’appauvrissement des peuples et à la confiscation de la souveraineté populaire. Soit la pression populaires et des gouvernements déterminés et audacieux y parviennent. Soit l’UE mourra car les peuples n’accepteront plus longtemps ces politiques barbares. La crise, c’est eux. La solution, c’est nous ! ». Voilà en vérité qui nous sommes. Nous ne sommes pas ces anti-européens barbares que décrivent les médias. Nous sommes ceux qui veulent l’avenir de l’Europe. Une Europe par et pour les peuples. Nous voulons tenter de la réorienter. Nous pensons que cela est possible et nécessaire et nous sommes opposés à ceux qui proposent de la quitter sans condition. Nous ne la quitterons que si nous n’aboutissons pas dans notre combat idéologique en son sein car nous refuserons alors de faire payer au Peuple le prix des politiques odieuses de la Troïka. Ce prix qu’a payé dans sa chair le Peuple grec.

La dette, épouvantail de mise au pas des peuples

Ceux que certains font avec des armes et des bâtons, nous le faisons avec des mots, des arguments, des débats. C’est pour cela que nous faisons de la politique. Mais nous sommes des têtes dures, opiniâtres, aux convictions charpentées. Méthodiquement, nous déconstruisons les arguments de nos adversaires politiques pour faire de la place pour les nôtres sur la table. Ainsi, avec la « dette », ils pensaient avoir trouvé le verrou idéologique qui les prémunirait. C’est ce verrou qu’ils nous donnent l’occasion de faire sauter. Le Parti de Gauche répond à son exigence d’éducation populaire. Les arguments que nous construisons doivent être partagés pour que chacun se les approprie et les partage à son tour. C’est ainsi que, depuis Dimanche, Jean-Luc Mélenchon profite des invitations médiatiques qu’on lui propose afin d’avoir la parole du « Tsipras français » (en effet, les médias appellent Alexis Tsipras le « Mélenchon grec ») pour déployer un argumentaire très complet sur la dette. Argumentaire que je me suis approprié pour vous le partager à mon tour afin que vous vous l’appropriez vous-même et puissiez le partager dans vos discussions en famille, entre amis ou entre collègues. Afin que vous puissiez vous opposer au discours ambiant sur la dette et être vous aussi un rempart contre la bêtise. La dette, la dette et encore la dette ! Cette dette qui n’est qu’un épouvantail de mise au pas des peuples, un argument sensé faire autorité mais qui n’est en réalité qu’un écran de fumée.

Bien entendu, le sort de la dette Grecque est intimement lié au futur du pays. Syriza a d’ailleurs remporté les élections largement grâce aux réponses qu’il propose à ce sujet. Les puissants agitent le spectre de la dette et dénoncent l’irresponsabilité de ceux qui osent la remettre en cause. Ils expliquent partout que ne pas la payer serait synonyme de désastre économique. En réalité, voilà plusieurs années que les grecs se plient à des politiques sensées leur permettre de la payer et c’est cette tentative de payer qui provoque le désastre économique. La vérité est que cette dette est impayable. Tout le monde le sait. Ce qui est absurde ce n’est pas dire qu’elle ne sera pas payée, c’est le contraire. Pour la payer, le peuple concerné aurait à y consacrer toutes ses ressources à perpétuité. La dette grecque représentait 120% de la richesse annuelle du pays en 2008 et, après 5 années d’austérité pour la payer, elle représente près de 190% de la richesse produite en une année. C’est encore un manque de discernement qui permet que soit relayé le discours de ceux qui se croient très intelligents en blablatant des phrases communes et toutes faites à ce sujet du type « une dette n’est pas faite pour être effacée, elle existe, elle doit être remboursée. » Dans cette famille, on trouve notamment Pierre Moscovici !

En réalité, c’est sur la nature de la dette elle-même qu’il faut s’interroger. Dans le cas de la dette grecque, le capital a largement été remboursé. Ainsi ce n’est plus la dette en tant que telle mais des intérêts qu’on demande aux grecs de payer. Il faudrait donc empêcher de dire « payer la dette » et dire « payer les intérêts ». C’est alors que l’on pourrait s’interroger sur le montant de ces intérêts et leur justification. Et puis, si les intérêts sont une contrepartie exigée pour couvrir le risque de défaut, il faut bien accepter alors que ce risque puisse devenir une réalité, non ? C’est pour payer ce risque qu’ils ont saigné la Grèce.

Alexis Tsipras a très bien fait de mettre en garde le gouvernement allemand sur le sujet de la dette. Car en effet, comme le rappelle Jean-Luc Mélenchon, « il arrive que les prêteurs soient conscients du fait que leurs exigences sont insoutenables et que, s’ils les maintiennent, tout le système qui les contient eux-mêmes pourrait s’effondrer. C’est ce qui s’est produit au lendemain de la seconde guerre mondiale à propos de l’Allemagne vaincue ». En effet, la dette colossale de l’Allemagne envers les autres pays issue des frais de l’occupation a été largement annulée. C’est également le cas d’un exemple plus récent qui est la dette de l’Irak qui a été rayée d’un trait de plume parce que jugée « odieuse » par les Etats-Unis eux-mêmes ! Ainsi, Alexis Tsipras a précisé aux allemands que, s’ils refusent de discuter à propos de la dette grecque, alors, la Grèce acceptera la thèse du remboursement obligatoire et indépendant de toutes circonstances et contraindra l’Allemagne à payer la dette qu’elle a envers la Grèce, liée au frais d’occupation ! Cela représente 168 milliards d’euros actuels et devrait permettre d’aider la Grèce à rembourser sa dette si toutefois les dirigeants européens voulaient absolument jouer à ce jeu là. Et si vous êtes tentés, comme beaucoup de dire que la dette de l’Allemagne pour  les frais d’occupation fait partie de l’Histoire ancienne et qu’il faut savoir tourner la page, nous vous suivrons dans cette argumentation. Mais alors il faut que l’acte de tourner la page s’applique dans tous les cas ! Aussi, il est ignoble d’associer tout le Peuple grec à la contraction de cette dette dont on sait, non seulement, qu’elle est composée d’intérêts sur les intérêts et de purs produits financiers mais aussi que c’est un petit nombre qui maquilla l’état des comptes publics grecs avec l’aide de la banque Goldman Sachs.

Autrement dit, on voit bien que la question de la dette grecque, présentée comme un fait indiscutable est bel et bien discutable et que l’imposer comme responsabilité du Peuple grec lui-même, c’est rajouter de l’odieux à l’ignominie du procédé. Même économique, la guerre reste la guerre. Nous sommes pour la paix !

D’Athènes à Paris en passant par Madrid, vite, le Domino !

Il est certain que, si le Peuple grec vient de relever la tête, pour Syriza, le plus dur arrive. Car, bien évidemment, les puissances de l’argent sont considérables et elles vont se mettre en ordre de bataille contre ceux qui les contestent. C’est pourquoi c’est une ascension de montagne qui attend nos camarades grecs. Rude bataille qui sera menée pour le Peuple et avec son soutien massif, ce qui la rend particulièrement noble. Avec Syriza au pouvoir en Grèce, c’est un maillon de la chaîne austéritaire européenne qui vient de rompre. Cela est beaucoup mais ne suffira pas à faire rompre la chaîne tout entière. Nous en espérons donc un effet immédiat de contagion, un effet « Domino », et nous sommes déjà au travail pour le rendre possible. Il nous faut commencer par soutenir de toutes nos forces l’action du nouveau gouvernement grec dirigé par notre camarade Alexis Tsipras.

Après la Grèce, premier accomplissement de notre plan en Europe, c’est vers l’Espagne que doivent se tourner nos regards et notre soutien. Là-bas, le tout nouveau parti « Podemos », force issue du mouvement des indignés, atteint des sommets qui laissent penser qu’il peut être le prochain parmi les nôtres à prendre le pouvoir. Ce sera pour la fin d’année 2015. Podemos va encore plus loin que Syriza sur la remise en cause du système politique traditionnel. Podemos balaye la vieille politique et cherche l’implication populaire de masse en faisant que le Peuple lui-même s’empare de la politique. Syriza en Grèce, comme Podemos en Espagne doivent être des moteurs de notre inspiration.

Car en France, l’énergie est là, disponible pour en faire tout autant. Face à la démonstration désormais achevée des accointances idéologiques entre la droite et le Parti Socialiste, il y a de la place pour une alternative pour celles et ceux qui ne se laissent pas convaincre par les discours de l’extrême droite. Avec le Front de Gauche, nous avons commencé il y a 6 ans, à construire cette grande coalition de l’autre gauche qui a permis de redonner de la couleur à notre camp. Bien que le Front de Gauche reste notre outil principal, il a atteint ses limites. L’objectif demeurant la constitution d’un Front du Peuple capable de reproduire ce que vient de faire Syriza en Grèce et ce que fera demain Podemos en Espagne, nous devons travailler avec le Front de Gauche à aller plus loin.

Politiquement, plus loin c’est déjà là. Il suffit d’observer les forces en présence au meeting parisien de soutien à Syriza pour comprendre que les bases d’une nouvelle coalition nécessaire sont là. Les forces du Front de Gauche étaient là et notamment Jean-Luc Mélenchon pour le Parti de Gauche, Pierre Laurent pour le Parti Communiste Français, Clémentine Autain pour Ensemble. Mais il y avait aussi des représentants d’Europe-Ecologie-Les-Verts emmenés par Cécile Duflot, des socialistes affligés comme Liêm Hoang-Ngoc, des représentants de Nouvelle Donne comme Pierre Larrouturou. Bref, il y a matière à rassembler l’autre Gauche française, du Rouge au Vert en passant par le rose très vif ! C’est sans aucun doute à cela qu’il nous faut d’urgence travailler, sans exclusive. C’est ce que nous faisons déjà et sans attendre en concrétisant les prémices de cette nouvelle offre politique pour les élections départementales de Mars 2015. A cette heure, les négociations ont abouties et le nombre de listes que le Front de Gauche présentera en commun avec Europe-Ecologie-Les-Verts sera a peu près égal au nombre de listes pour lesquelles cela n’a pas encore été rendu possible. Au Parti de Gauche, nous travaillons d’arrache-pieds à ce rassemblement nécessaire. Nous ne voulons pas faire du témoignage. Nous voulons prendre le pouvoir dans ce pays et ainsi être un prochain maillon de la chaîne, comme Syriza en Grèce.

Mais au delà de l’offre politique, nous n’oublions pas notre deuxième jambe sans laquelle l’équilibre est impossible : l’implication populaire. C’est pour cela que nous marchons aux côtés des syndicats, des associations et des mouvements citoyens. Nous visons un objectif commun dans la diversité de nos formes. C’est tous ensemble, rassemblés, dans le respect de notre diversité que nous pourrons y arriver. C’est aussi pour cela que nous continuons le développement du nouveau Mouvement pour la 6ème République qui peut constituer notre dénominateur commun autour des valeurs de la République à laquelle nous voulons proposer un vrai projet politique émancipateur. Quelle grande réussite cela constituerait si le Peuple français rassemblé le Dimanche 11 Janvier 2015 autour des valeurs de la République pouvait emprunter ce chemin.

Dès maintenant et tous ensemble, travaillons quotidiennement et par tous nos moyens ! Qu’il s’agisse de s’impliquer en politique, de militer dans une association, un syndicat ou simplement de convaincre autour de soi en mettant les sujets sur la table des repas de famille ou entre amis, aucun effort ne sera inutile, tout notre courage sera nécessaire pour donner vie à ce qui peut constituer aujourd’hui notre nouveau slogan :

Aujourd’hui Athènes, demain Madrid, vivement Paris !

Bougeons-nous!

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Article rédigé par Adrien QUATENNENS

Ne pas sombrer avec François Hollande

Nous sommes arrivés à la mi-mandat de François Hollande. Ce prétendu ennemi de la finance qu’elle a raison de ne pas craindre. Difficile désormais de mettre en relief ce qui sépare véritablement l’actuel Président de la République de son prédécesseur sur le plan idéologique. En absolus convertis au culte libéral, ils ne semblent plus capables de penser en politique sans faire allégeance à la direction imposée par Bruxelles, si insensée et arbitraire puisse-t-elle être. Ils portent la politique de l’offre, la concurrence et la compétition en bandoulière, à cette heure où, pourtant, notre pays devrait s’avancer de toute sa grandeur sur la scène internationale pour impulser le changement absolument nécessaire pour répondre aux grands défis de notre temps, à commencer par le changement climatique.

La France doit cesser de se laisser rabougrir et rabaisser sous prétexte d’une dette dont on sait qu’elle est en grande partie illégitime du fait de la spéculation générée par la finance sur elle-même. Assez de déclinisme ! La politique des caisses vides est un moyen d’obliger les français à baisser les yeux et à regarder leurs chaussures en faisant passer pour du courage  des sacrifices inacceptables (coupes dans les dépenses publiques, austérité généralisée etc.). La France a besoin de Gauche et le Monde a besoin d’une France de Gauche.

Le niveau de reniement de François Hollande est tel que, désormais pour beaucoup, « la gauche et la droite c’est pareil » et nombreux sont ceux qui renoncent à faire la différence entre notre idéal et la supercherie qui gouverne en son nom. François Hollande sombre un peu plus chaque jour dans les abîmes de l’impopularité.

Étranges institutions que celles de la 5ème République qui permettent à un Président de la République d’exercer le pouvoir sans soutien populaire. Mais à mesure que sa chute s’avance, des éboulis de la 5ème République commencent à tomber aussi, tant ce système institutionnel, véritable monarchie présidentielle, a sa grande part de responsabilité dans la colère populaire.

En attendant, et malgré le fait qu’en 2006 dans son entretien avec Edwy Plenel, François Hollande prônait la« vérification démocratique » à mi-mandat, il nous aura fallu nous contenter d’une émission de TF1 « Face aux Français » qui en a ajouté au spectacle du rapetissement de la fonction qu’il incarne. Passant en deux heures d’émission du registre Pole Emploi à une certaine allégeance à une patronne adepte de l’anti-syndicalisme primaire. Seul le Medef a dû à peu près s’y retrouver. Jean-Luc Mélenchon a résumé en moins de dix mots notre sentiment face à ce spectacle abjecte : « 150 ans de Gauche pour en arriver là. Usurpateur ! ».

Dès lors, s’il est une perspective qui nous anime à cet instant, c’est celle de ne pas sombrer avec François Hollande. Pour cela, nous devons incarner mieux que jamais l’alternative que nous représentons, la seule capable de redresser ce pays tout en répondant aux grands défis imposés par notre temps.

La révocabilité, une nécessité !

Du 8 au 11 novembre, le Parti de Gauche a tenu une première votation citoyenne sur le droit de révoquer les élu-e-s. Dans 75 départements et même outre-mer, ses militants ont occupé les marchés et les places avec des urnes pour faire voter les citoyens, appelés à répondre à la question « Êtes-vous favorable au droit de révoquer les élu-e-s ? ». Qu’il en soit de la mobilisation des militants, de la participation comme du résultat, cette première votation est un succès. Cela n’est pas étonnant : elle est complètement d’actualité.

Cette question de la révocabilité des élus en appelle à leur responsabilité permanente, percutant ainsi l’irresponsabilité cultivée par les institutions de la 5ème République. Celle-là même qui rend possible les affaires Cahuzac, Thévenoud ou autres Balkany sans que le Peuple ne puisse les renvoyer d’où ils viennent sans attendre la fin de leur mandat. Celle-là même qui rend possible pour un Président de la République le reniement à ses engagements sans que cela ne lui en coûte pour exercer le pouvoir.

Finalement, la question de la révocabilité des élu-e-s est une affaire de responsabilité. C’est devant le seul souverain qu’est le Peuple que doit s’exercer la responsabilité des élu-e-s. Aucun élu ne doit pouvoir se garder de rendre des comptes. Il n’est pas question de « punition » mais de contrôle civique. Rappelons que ce droit a été inventé pendant la Révolution Française et qu’il s’applique dans certains États des États-Unis ou des pays d’Amérique du Sud. Il est temps de l’appliquer en France !

Le fait que ce droit existe ne permettrait plus de faire des promesses électorales qui ne sauraient être tenues. Il inciterait à faire campagne sur des programmes et objectifs clairs que l’élu ne pourrait pas laisser soumettre aux pressions extra-démocratiques que sont les lobbys ou les pressions financières. L’élu serait à tout moment responsable devant le Peuple. Pour autant, il faut nécessairement pouvoir concilier l’expression du Peuple avec la stabilité des institutions. C’est pourquoi le référendum révocatoire ne pourrait pas avoir lieu avant la mi-mandat de l’élu concerné.

Quoi qu’il en soit, le Parti de Gauche continuera à porter ce débat en faveur du droit de révoquer dans ses campagnes et souhaite que cet axe soit partagé avec ses partenaires. D’ores et déjà, il propose le texte d’une disposition constitutionnelle sur le référendum révocatoire qui permettrait de renforcer le contrôle citoyen sur l’exercice des mandats et la responsabilité des élus. Celui-ci pourrait être rédigé ainsi :

« Toute personne titulaire d’un mandat public électif peut être révoquée à l’issue d’un référendum organisé à l’initiative d’au moins un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales de la circonscription concernée, dans des conditions prévues par la loi. » « La révocation ne peut être sollicitée avant l’expiration de la moitié au moins de la durée d’exercice d’une charge publique élective. Il ne peut être organisé qu’un seul référendum révocatoire au cours d’un même mandat ».

On imagine aisément ce qu’il en serait à cette heure du « Moi, Président » Hollande si le droit de révoquer les élu-e-s s’appliquait en France !

Le vaudeville permanent

L’actualité ajoute quotidiennement son pesant de comique de répétition dans le vaudeville permanent de l’oligarchie au pouvoir. Ainsi, après le lot de turpitudes des Cahuzac, Thévenoud, Balkany et compagnie, apparaissent les accointances entre les gens de la Cour ! Comme lorsque Monsieur Jouyet,cet indestructible parmi les belles personnes (bras droit de François Hollande après avoir été ministre de Nicolas Sarkozy), déclare que François Fillon serait venu lui demander de faire accélérer les procédures à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Vous avez bien suivi ? François Fillon a porté plainte en diffamation, la justice suivra mais quel qu’en soit le résultat, il faut bien reconnaître que dans les lumières des écrans cathodiques (ou plats !) comme dans les lignes des journaux, ce régime ressemble à si perdre à une petite monarchie et sa cour, dans les noblesses de l’entre-soi.

Dans le même temps, on assiste au show-come-back de Nicolas Sarkozy qui adapte sa position contre le Mariage pour tous à l’applaudimètre d’une foule en délire. C’est ainsi qu’il passe de « réécrire de fond en comble la loi » à « si vous préférez qu’on dise qu’il faut l’abroger, en français ça veut dire la même chose, mais si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher ». Son retour plus que mitigé l’amène à toutes les surenchères les plus droitières, mettant peut-être un peu plus en lumière le déséquilibre dans la balance entre la lourdeur de ses ambitions et le poids de ses réelles convictions. Il a suffi qu’une foule crie à l’abrogation pour qu’il passe d’une posture à l’autre, invoquant même la notion de « plaisir ». Et que dire d’Hollande, à qui il a suffi d’être élu pour passer de mon « ennemi c’est la finance » à « bon élève de la classe Europe » ? Un système qui concentre autant de pouvoirs sur une seule personne fini toujours pas le donner à des imbéciles !

Le Peuple ne dispose pas de moyens suffisants pour s’en mêler et d’ailleurs tout est fait pour qu’il ne s’en mêle pas. Et pourtant les questions qui se posent à l’Humanité nécessitent sa pleine implication. Pour n’évoquer aujourd’hui que l’urgence écologique (bien que l’urgence sociale soit de la même importance), la question n’est ainsi pas de savoir si la crise écologique va faire naître des catastrophes mais quand ces catastrophes vont se produire et sous quelles formes. Les défis sont de très haut niveau. Mais au moment où l’Humanité doit les affronter, elle ne les affronte pas dans les conditions de raison et de coopération qui devraient constituer le nouveau modèle économique et politique. Tout au contraire, c’est la compétition de tous contre tous et le productivisme chevronné qui perdurent. Pas étonnant qu’ils s’en fassent les défenseurs quand on constate que même dans leurs propres partis politique, ils sont en compétition permanente !

La Gauche en marche, oui, mais pas que !

Au jeu de « la gauche et la droite c’est pareil », ils vont finir par faire mourir la gauche. Nous devons les en empêcher. Mais si les étiquettes passent, l’idéal demeure. Car nous savons ce qui dans l’Histoire a fait naître le clivage entre la Gauche et la Droite autour de la question du droit de veto. Ces grandes questions sont toujours d’actualité : Tous ensemble ou chacun pour soi ? Égalité et intérêt général ou somme d’intérêts particuliers ? Ces clivages ne peuvent pas disparaître dans des alliances et des arrangements sans principe. Il serait dommage que passent les étiquettes mais tant pis si cela devait arriver du moment que l’idéal, lui, reste.

Ainsi, si le clivage Gauche/Droite est rendu moins perceptible par les politiques libérales menées par les uns et les autres, le clivage Peuple/Oligarchie, sur des thématiques similaires, est lui plus que jamais d’actualité.

Mais la Gauche ne se laissera pas sombrer avec François Hollande, Valls et Macron ! D’ailleurs, elle était décidée à le montrer en marchant ce Samedi 15 Novembre 2014 à l’occasion de la mi-mandat du Président de la République : Contre Hollande et Valls, contre le budget d’austérité. Les différentes marches organisées dans plus d’une vingtaine de grandes villes de France ont réuni 100 000 manifestants. A Paris, nous étions 30 000. C’est le collectif 3A, pour une alternative à l’austérité qui en était à l’initiative. D’ores et déjà, nous pouvons apprécier le fait qu’à cette occasion étaient réunies de nombreuses forces progressistes en opposition à la politique du gouvernement. L’arc s’est élargi : de nombreux syndicats, de nombreuses associations, de nombreux partis de gauche, allant de « l’extrême gauche » à l’écologie politique sans oublier la présence de « socialistes affligés » en désaccord avec la politique de Hollande et Valls. Ces forces constituent l’opposition de Gauche.

Il faut que convergent ces forces en mouvement. Cela est nécessaire. Mais cela ne sera pas suffisant. Il faut aller au delà même de la convergence de ces forces en appelant le Peuple tout entier à s’en mêler. C’est tout le combat que nous souhaitons mener avec le Mouvement pour la 6e République (www.m6r.fr) pour organiser le moyen de l’implication populaire, pour changer la règle du jeu par une constituante. Nous devons travailler ardemment pour que cette idée devienne rapidement majoritaire dans le pays. C’est cela ou les abîmes promises par ce que l’on voit venir de la situation politique actuelle.

Car oui, face à la situation sociale et écologique, face à l’ordre géopolitique mondial, il y a des raisons de s’inquiéter. Qui peut régler le désordre du Monde ? Il faut répondre à cette question et, une fois qu’on y a répondu, se tenir cramponné à la réponse pour ne jamais l’oublier : C’est le Peuple qui peut le faire pour le peu qu’on l’y appelle. L’implication populaire est la clé du dénouement de toute la situation politique mondiale, nationale et locale. Le Peuple doit se bouger les fesses, et nous, les citoyens engagés devons l’y encourager en le faisant les premiers. Il faut que cesse le rapport entre les citoyens et les politiques sur le thème : « Ne vous inquiétez pas, laissez-nous nous en occuper et rentrez à la maison ! ». Ce qu’il faut dire, c’est tout le contraire : Sortez de la maison, mettez-vous en mouvement, aidez les travailleurs quand ils sont en lutte dans leur entreprise, défendez ceux qui marchent devant en éclaireurs, manifestez contre les grands projets inutiles, contre les politiques libérales et de libre-échange comme cet abjecte projet de Grand Marché Transatlantique, pétitionnez, participez, agissez ! Cela vous sera rendu au centuple mais, nous vous en conjurons, bougez-vous ! Bougeons-nous !

En finir avec le chômage, nous on peut !

 

En finir avec le chômage, nous on peut !

Jeudi 25 Septembre 2014 | Sylvie Aebischer et Boris Bilia

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Le taux de chômage atteint aujourd’hui des sommets : avec 9,7% de la population active, 10,2% DOM compris. La France compte aujourd’hui près de 6 millions de travailleurs inscrits en recherche d’emploi. Le chômage endémique depuis les années 1970… est bien confortable pour le système : la peur du chômage est une muselière efficace pour empêcher les travailleurs de revendiquer de nouveaux droits et des hausses de salaire et permettre au gouvernement allié du Medef de casser le droit du travail !

Il est temps d’en finir avec les potions libérales qui nous sont imposées depuis 30 ans, aussi inefficaces contre le chômage que favorables aux profits des grands groupes privés. Ce n’est pas la guerre aux chômeurs qu’il faut mener comme le bien mal nommé ministre du travail Rebsamen, c’est relancer l’activité et affronter le coût du capital. En finir avec le chômage, nous on peut !

1) En finir avec les seules exonérations de cotisation

Les politiques de l’emploi depuis 30 ans s’inspirent toujours du même schéma libéral : abaisser le « coût du travail » et augmenter la com-pé-ti-ti-vi-té. Et toujours le seul levier : les exonérations de cotisations sociales. Pourtant aucun consensus universitaire rigoureux n’a pu en démontrer l’efficacité ! La Cour des comptes et un récent rapport du Sénat en soulignent même le coût exorbitant, de l’ordre de 1,5 % du PIB et dépassant les 300 milliards de coût cumulé… pour un impact limité voire nul sur l’emploi. Pire, ces baisses de cotisation étant ciblées sur le SMIC et les plus bas salaires, elles entraînent les salaires vers le bas et sont mal ciblées, favorisant trop souvent des secteurs qui ne sont pas en difficulté ni soumis au dumping mondial. Il faut donc de revenir sur tout ce processus aveugle d’exonérations enclenché par Édouard Balladur en 1993 et suivi par les gouvernements Juppé, Fillon et Valls.

2) Le secteur public, un levier pour relancer l’emploi

Pour créer massivement des emplois, le secteur public s’avère décisif et efficace. Il est même économique quand on le compare au coût des dispositifs Hollande de type CICE ou pacte d’irresponsabilité). Le plus urgent est de revenir sur les 190 000 suppressions d’emplois opérées depuis 2007 (150 000 sous la droite et 40 000 déjà sous Hollande) et la titularisation des précaires de la fonction publique. Sur 5 ans, il est ensuite possible de créer plusieurs centaines de milliers d’emplois publics, en assumant un recrutement progressif et une formation de qualité. Des besoins énormes existent (écoles, universités, crèches, justice, police, douanes, etc.). Les fonctionnaires créés pourraient même rapporter à l’État dans certaines missions cruciales tels que les services fiscaux pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ou l’inspection du travail.

3) Relancer l’activité par la demande, une clé pour la création d’emploi

Les politiques libérales cherchent à opposer les travailleurs entre eux, comme si les droits acquis ou gagnés par les salariés se faisaient aux dépens des créations d’emploi. Or c’est tout le contraire ! La relance de l’économie par la demande accorde davantage de droits pour les travailleurs, de meilleurs salaires et conditions de travail… pour créer des emplois en créant un cercle vertueux.
Cette relance de l’activité par la demande passera d’abord par une hausse des salaires et des minima sociaux, la mise en place d’un salaire maximum et la limitation des écarts de salaires de 1 à 20 dans les entreprises. Elle passe aussi par la fin du gel des salaires des fonctionnaires et le rattrapage sur l’inflation depuis 2000 via une refonte de la grille des échelons des fonctionnaires. À titre d’exemple, le SMIC à 1700 euros permettra une hausse de salaire de 20 milliards d’euros pour les les plus modestes ; la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires représenterait une augmentation de la consommation à hauteur de 10 milliards d’euros. Ce sont de l’ordre de 240 000 emplois supplémentaires qui pourraient être ainsi créés en quelques mois ! La relance de l’économie par la demande revient aussi à mettre fin à la précarité et faire du CDI à temps plein la norme : c’est à cette condition que les salaires permettront de relancer la consommation.

Améliorer les conditions de travail des salariés, c’est aussi partager le temps de travail et par conséquent créer des emplois. C’est la raison pour laquelle nous proposons d’appliquer réellement les 35 heures pour tous et aller vers les 32 heures sur le modèle de la semaine de 4 jours… tout en revendiquant une 6ème semaine de congé payés et la retraite à 60 ans. Il y a là encore un gisement de plusieurs centaines de milliers d’emplois.

4) Relancer l’activité par l’investissement public et rompre avec le libre-échange

La relance de l’activité passe également par un investissement public massif et ciblé sur les besoins pour créer des emplois utiles et non délocalisables.

Investir, c’est créer des emplois !

Construire 200 000 logements chaque année, majoritairement destinés à l’habitat social, reviendrait à créer plus de 100 000 emplois. Mêmes résultats avec l’ouverture de 100 000 nouvelles places en crèche et le développement des transports collectifs. La transition énergétique, en s’appuyant sur les investissements dans le secteur des énergies renouvelables, la remise aux normes énergétiques des bâtiments, le développement de la géothermie, permettrait de créer plus de 700 000 emplois selon le scénario Négawatt. Le développement d’un nouveau modèle agricole permettrait, selon la confédération paysanne, la création de 300 000 emplois supplémentaires. Enfin le soutien au développement de l’économie sociale et solidaire permettra de combler les 150 000 postes vacants dans ce secteur. D’autres pistes restent encore à explorer, notamment l’économie de la mer.

Assumer le protectionnisme

Selon l’Insee, entre 2000 et 2005 les délocalisations ont entrainé la destruction de 36 000 emplois chaque année en France. Depuis la crise de 2008, ce sont 60 000 emplois qui sont supprimés tous les ans en raison des délocalisations. La reconstitution d’une capacité de production nationale est impossible sans de fortes mesures de protection commerciale. Le protectionnisme est donc un puissant levier pour réorienter la production et la consommation vers les besoins humains, compagnon logique de la planification écologique permettant d’instaurer des protections sociales et environnementales. C’est dans ce cadre que doit s’inscrire notre politique de création d’emplois !