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Faire sauter le verrou

Faire sauter le verrou

Adrien Quatennens – Mercredi 17 Septembre 2014

Vous avez confiance, vous ?

Les députés ont accordé la confiance à la politique libérale de Manuel Valls qui la demandait pour poursuivre sa feuille de route. Comme François Hollande, élu sur la base de discours tels que celui du Bourget, marqué à Gauche, les députés élus par le Peuple ont accordé leur confiance à une politique contraire à celle pour laquelle le Peuple les a mandatés. Une minorité issue du Parti Socialiste et d’Europe Ecologie Les Verts s’est abstenue, sans aller jusqu’au bout de la démarche qui aurait dû consister à voter contre.  A Gauche, seul le groupe Front de Gauche a voté en cohérence, contre. Les décibels de la fronde semblent diminuer dès lors que sonne l’heure d’aller voter. Est-ce la soumission aux mises en garde d’un exécutif pourtant au plus bas dans les sondages ou est-ce la crainte des conséquences de leurs actes qui fait rentrer dans les rangs les frondeurs au premier coup de sifflet ? L’abstention ne constitue pas une fronde. A cette heure, il ne fait aucun doute que ce qui sort du vote de l’Assemblée Nationale ne représente pas ce qu’en auraient dit les citoyens.

Ils ne représentent pas le Peuple !

Si cette question de la confiance avait été posée directement aux citoyens, la réponse aurait sans doute ressemblée davantage à un rire moqueur qu’au moindre signe embryonnaire de confiance. D’une manière générale, cet exercice du vote de confiance, loin de conforter Manuel Valls, met davantage en exergue le fossé qui se creuse entre le Peuple et ses représentants qui se représentent mieux eux-mêmes qu’ils ne représentent qui que ce soit d’autre. Ce constat est grave car, pour qui se veut défenseur d’une République exemplaire, l’élu est (et doit rester envers et contre tout) le représentant du Peuple qui l’a mandaté à chaque instant de son mandat. Au Parti de Gauche, nous espérions encore que puisse être constituée dans cette Assemblée une majorité alternative. Nous devons nous rendre à l’évidence : Cela s’avère difficile voire rendu impossible par le verrou que constitue la 5e République.

Révoquons-les !

Pour nous, les progressistes républicains, le Peuple doit rester souverain à chaque instant de la vie politique. C’est pourquoi, dans le moment que nous vivons, pourrait s’appliquer le référendum révocatoire que nous appelons de nos vœux. Il consisterait à pouvoir écourter le mandat d’un élu que les citoyens ne jugeraient plus digne de leur confiance. Ainsi, si un nombre suffisant d’électeurs s’expriment en ce sens, un référendum est engagé qui permettra de dire si le Maire, le député ou le Président de la République doit rester ou s’en aller. Il ne s’agit pas toujours de sortir l’élu mais plutôt de réinterroger le Peuple sur sa légitimité. Par exemple, au Venezuela, Hugo Chavez s’est soumis à ce référendum révocatoire car un nombre suffisant d’électeurs en avait pris l’initiative. Et le peuple vénézuélien a voté pour que Chavez reste, tant il avait fait pour son pays au travers, notamment, du processus constituant. De la même manière, ce type d’initiatives populaires doit être rendu possible pour que le Peuple s’exprime sur le fond et sur les grands sujets et non pas uniquement sur les personnes comme c’est le cas aujourd’hui. En effet, aujourd’hui le Peuple vote (mais l’abstention est colossale) puis il se retire de la scène politique, laissant l’oligarchie au pouvoir faire ses petites affaires jusqu’au terme du mandat sans qu’il ne puisse de nouveau reprendre la main sur les décisions qui le concernent pourtant. La 5e République, véritable monarchie présidentielle, est un verrou contre l’avis et la souveraineté du Peuple. Un « coup d’Etat permanent » comme l’écrivait François Mitterrand. En attendant de passer la sixième, c’est donc dans la rue que nous irons les révoquer ! Le Parti de Gauche va proposer de ce pas à ses partenaires une grande marche nationale à la mi-mandat de François Hollande pour que le Peuple puisse s’exprimer contre la confiance à cette politique libérale et exiger la révocation du gouvernement Valls et de sa politique.

L’urgence de faire sauter le verrou de la 5e République !

L’objectif de la 6e République n’est pas nouveau pour nous au Front de Gauche. La campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2012 y était déjà largement consacrée et a permis de populariser cet objectif.  Certains pensent encore que vouloir passer à la 6e n’est pas une priorité,  que c’est un objectif trop abstrait et qu’il ne répond pas aux problèmes quotidiens des citoyens. Mais qui a-t-il donc de plus urgent à faire que de redéfinir la règle du jeu à cette heure où le Peuple ne se mêle plus de politique ? Pourquoi ne se mêle t-il plus de politique ? Parce qu’il ne s’intéresse pas à son propre destin ?! Bien sûr que non ! C’est parce qu’il voit bien que, quoi qu’il décide, ils n’en tiennent aucun compte, ils s’en fichent ! Non, la 6e République ne règlera pas en tant que telle tous nos problèmes. C’est pour cela que nous disons qu’elle constitue un moyen et non une fin. Mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’aucun problème urgent ne peut trouver de réponse dans le système actuel verrouillé de la 5e République.  En effet, comment lutter contre le chômage et les bas salaires tant que ce sont les actionnaires et la finance qui dirigent les entreprises ? Comment sortir des politiques austéritaires tant que la Commission européenne nie la souveraineté du Peuple ? Comment ambitionner une véritable transition énergétique et la nécessaire bifurcation écologique de notre modèle tant que la politique énergétique n’est pas libérée des lobbys industriels ? Comment changer de politique si le Peuple n’est pas souverain ? En passant à la 6e République, en convoquant l’Assemblée Constituante, le Peuple cesse d’être une multitude éparse, il se constitue en tant que Peuple en décidant de sa Constitution et en choisissant d’y inclure les droits qu’il se reconnaît pour lui-même et pour les autres (par exemple le droit à disposer de soi et de son corps, de nouveaux droits dans l’entreprise) et  les règles qu’il souhaite appliquer (par exemple la Règle Verte qui ferait qu’on ne prendrait pas à la nature plus que ce qu’elle ne peut nous donner). Par le processus constituant, nous ferons sauter le verrou qu’est la 5e République face à la souveraineté du Peuple. Passer à la 6e République, c’est refuser que le Peuple s’éloigne de son propre destin en le confiant à une oligarchie qui en fait ce qu’elle veut sans qu’il ne puisse véritablement dire s’il en est d’accord ensuite. Passer à la 6e République et à l’élection d’une Assemblée Constituante, c’est poser la question du pouvoir, la question de savoir qui décide. Est-ce le Peuple ou l’oligarchie ? Le MEDEF ou les salariés ? Les lobbys ou les citoyens ? Passer à la 6e République c’est donner au Peuple la possibilité de remettre une bonne fois pour toutes les pendules à l’heure ! Beaucoup le comprennent ! En moins d’une semaine, notre Mouvement pour la 6e République a déjà recueilli plus de 20 000 signatures sur sa plateforme m6r.fr ! J’ai signé, et vous ?

Signez pour la 6e République !

Signez pour la 6e République !

L’heure est grave.


Le nier serait un sévère excès d’optimisme.


François Hollande, une fois élu n’a eu de cesse de renier successivement des engagements qu’il avait pris devant le Peuple français qui l’a pourtant élu.
Les Institutions de la 5ème République permettent néanmoins au monarque présidentiel de rester en place sans changer de politique, envers et contre tous, malgré les signes d’alertes qui viennent du Peuple lui-même (confère l’épisode des élections municipales et européennes).


Dissolution, pour quoi faire ?


Certains demandent la dissolution de l’Assemblée Nationale. Mais pour quoi faire ?
Nous savons bien que, pour l’heure, cela reviendrait à y faire entrer une majorité UMP et de nouveaux parlementaires FN.
Or, la politique de François Hollande et de Manuel Valls est déjà une politique de Droite, indexée sur les volontés du grand patronat du MEDEF et d’Angela Merkel.
Par conséquent, la droite comme nos gouvernants « socialistes » (il faut bien mettre les guillemets) ont achevé de nous convaincre qu’ils faisaient grosso modo la même politique et ce n’est pas le retour d’on-ne-sait-quel-homme-prétendument-providentiel ou autre Nicolas Sarkozy qui va y changer quoi que ce soit, bien au contraire, nous le savons bien.


Quelle politique ?


Cette politique de l’offre qui consiste à soutenir la production de tout et n’importe quoi n’importe comment du moment que cela ne coûte pas cher et se vende ne tient absolument pas compte de la crise Sociale et Ecologique à laquelle il est nécessaire de répondre alors que le chômage et la pauvreté explosent dans notre pays pendant que les actionnaires augmentent leurs dividendes, et que le changement climatique causé par l’activité humaine ne nous annonce pas des lendemains qui chantent.
Il nous faut des politiques innovantes, de longs termes, socialement utiles et écologiquement soutenables, débarassées de la petite logique comptable et court-termiste qui nous mène dans le mur !
Nous devons voir grand et parler d’avenir quand la majorité de la caste oligarchique et politique de notre pays voit tout petit et nous parle du passé dans un déclinisme qui ruine tout espoir !


Les français dégoutés, décident de ne plus s’en mêler !


Dans ce contexte, l’obsolescence des Institutions qui ne permettent plus aux citoyens d’exercer réellement leur pouvoir et qui protègent des élus éclaboussés d’affaires qui révèlent la déconnexion entre le Peuple et ses représentants s’ajoute au dégoût des citoyens qui se désintéressent de la politique et donc de leur propre devenir.
Cela produit des vagues terribles d’abstention, comme on a pu l’observer lors des dernières élections européennes pendant lesquelles, alors que les médias annoncés tonitruants la victoire du FN, il y eût 60% d’abstention. Autrement dit, 60% des gens qui étaient appelés à voter décident de ne pas s’en mêler, produisant le résultat que l’on sait.
Ce cocktail est explosif et ajoute une crise de Régime à la crise Sociale et Ecologique que nous connaissons. A côté de cela, il faut ajouter l’instabilité du Monde dans lequel nous vivons avec la guerre à nos portes.


Que faire alors ?


Que faire dans ces conditions alors que le système politique en tant que tel désintéresse et éloigne le Peuple qui, capitulant, laisse faire ? Nous voyons bien le noir dessin que cela pourrait produire chez nous dès les prochaines échéances électorales. Cela serait catastrophique alors que la Crise Sociale et Ecologique revêt désormais un caractère d’urgence que personne ne peut plus nier.
Dans sa dernière note de blog, Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle de 2012, résume les choses en ces termes :
« Beaucoup sont inquiets et déprimés car ils voient trop bien comment la situation d’ensemble tourne mal. Je ne dis pas que je démens leur mauvais pressentiment. Mais je les invite à plonger leur main dans le combat pour y répondre. Que faire d’autre ? Vous connaissez l’adage ? Pessimistes et optimistes sont les deux faces d’une même capitulation. L’optimiste pense que tout va s’arranger, le pessimiste dit que tout est foutu. Les deux s’en remettent au temps pour régler les problèmes. Les deux ne se reconnaissent aucun rôle dans la fabrication du futur. (…) On ne doit jamais faire la politique de ses moyens mais celle de ses ambitions. »


Un grand Mouvement pour la 6e République !


Pour nous, il est temps de lancer un grand Mouvement pour la 6e République.
Il ne s’agit pas d’appliquer les anciennes recettes d’un quelconque rassemblement de la Gauche, ou de tambouilles politiques : elles ont montré leurs limites. Le système n’a pas peur de la Gauche, il a peur du Peuple.
Il faut que le Peuple s’en mêle ! La réponse ne peut venir que du Peuple.
La 6e République n’est pas une fin en soi. Elle est un moyen, elle constitue la clé avec laquelle nous devons ouvrir la porte pour ne plus être enfermés.
Nous pensons que la première chose à faire et de redéfinir collectivement la règle du jeu : la Constitution.
En convoquant une Assemblée Constituante, c’est le Peuple tout entier qui est amené à s’approprier sa patrie et à réfléchir aux contours du fonctionnement de ses Institutions.
Nous demandons l’élection d’une Assemblée Constituante qui fonde avec les citoyens la 6e République.
Une République débarrassée de la monarchie présidentielle et fondant les nouveaux droits personnels, écologiques et sociaux dont notre pays a besoin.
Comment allons-nous nous y prendre ? 


Il n’est pas question que les citoyens qui refusent d’adhérer à un parti ne puissent pas participer à cette ambition qui appartient à tous.
Par conséquent, le Mouvement pour la 6e République n’et pas un parti politique.
Les initiateurs de notre mouvement sont ceux qui décident, à cet instant, d’agir ensemble.
Notre mouvement commence comme un réseau social. La « toile » est la plus grande place publique de notre pays.
La suite viendra très rapidement.


Signez, partagez, aidez, n’attendez pas les consignes !
Tout commence par ici : www.m6r.fr


Place au Peuple !


ADRIEN QUATENNENS

Braderie, Mélenchon, poulet… la rentrée du Parti de gauche

Braderie, Mélenchon, poulet… la rentrée du Parti de gauche

04/09/2014 | Voix du Nord

Des visages du «Parti»: Laurent Matejko, conseiller régional, Adrien Quatennens, militant, Sébastien Polvèche, candidat à Lille.

 

Partout, il y aura des masques de pouletAu chlore», détaille Sébastien Polvèche, sur une liste de gauche aux dernières municipales de Lille). À quoi reconnaît-on un poulet au chlore d’un poulet non chloré? Les militants du Parti de gauche ont promis d’expliquer tout ça ce week-end, sur le stand qu’ils occupent à la Braderie de Lille, place Simon-Vollant. Derrière l’utilisation un peu comique de masques de couleurs, il y a un sujet très sérieux: le danger que représente pour eux le grand marché transaltantique. Avec les gens du Parti de gauche, il va falloir s’habituer à cette nouvelle façon de faire de la politique. «C’est carrément une bataille culturelle et non plus politique que nous menons», lâche Laurent Matejko, conseiller régional. Pour eux, être à gauche ne veut plus trop rien dire depuis que les socialistes ont copieusement malmené ses principes. «Avec les socialistes, ça a le mérite d’être clair: on n’est plus d’accord sur rien.» Alors, ils font de la politique autrement, quitte à se tourner en dérision avec des masques de poulet pendant la Braderie. «On veut fédérer le peuple. On se rend bien compte que la parole présidentielle c’est dépassé. Il est temps de changer les institutions.» Et donc de dessiner les contours de la VIe République.
Le Parti de gauche fait une rentrée offensive. Ce matin-là, dans un bistro lillois, on tord le cou au grand marché transatlantique mais on n’oublie pas non plus les sujets locaux. «On appelle de nos vœux une gestion publique de l’eau.» En matière de gestion des déchets, ils ont aussi des propositions à faire. «Nous n’avons pas d’élus à LMCU mais nous ne manquerons pas d’interpeller les élus communautaires sur cette question, comme sur beaucoup d’autres.» Autre temps fort pour le Parti de gauche, sa «journée» d’octobre: c’était à Lille, ce sera à Roubaix. Il est possible que Mélenchon soit de la partie. «Il aura la promotion d’un bouquin à assurer. C’est l’occasion.» C’est souvent l’occasion qui fait le larron. EM.C.