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Jean-Luc Mélenchon à Sciences Po Lille: La conférence en vidéo

Jean-Luc Mélenchon, député européen, co-fondateur du Parti de Gauche et du Front de Gauche a donné ce mardi 29 septembre 2015 une conférence à Sciences Po Lille sur l’un de ses derniers ouvrages « L’Ère du Peuple ». Il était invité à l’initiative de l’association étudiante  » Rouge Trévise ». Si vous l’avez ratée, voici l’intégralité de la conférence en vidéo. Merci à Régis et à la télé de gauche 59.

https://www.youtube.com/watch?v=sDguGWCsJ3Q

sciences po

Tous les étudiants n'ont pas pu rentrer dans la salle de conférence du fait de l'affluence.
Tous les étudiants n’ont pu rentrer dans la salle de conférence du fait de l’affluence.

Tous aux côtés des enseignants contre la casse de l’école publique

Le Parti de Gauche du Nord apporte tout son soutien à la mobilisation du mardi 19 mai contre la casse du collège public. Il appelle à se joindre aux cortèges intersyndicaux et aux nombreuses actions menées dans les collèges du département.

Cette énième réforme du collège met en péril l’égal accès des élèves à tous les enseignements, déshabille et affaibli les enseignements fondamentaux au détriment des « enseignements à projet » qui seront eux-même inefficaces faute de moyens. Par ailleurs, la réforme renforce la territorialisation de l’enseignement déjà entamé par la mise en place des rythmes scolaires en primaire. Au final, on sacrifie le collège public sur l’autel de l’austérité.

Nous vous donnons rendez-vous aux côtés du personnel éducatif, des parents et des citoyens mobilisés ce mardi 19 mai à 11h00, Porte de Paris à Lille.

Tous debout et unis pour reconstruire l’école républicaine et solidaire!

Bonnes nouvelles : La reprise et la fronde sont là ! Ah bon, où ça ?

Bonnes nouvelles : La reprise et la fronde sont là ! Ah bon, où ça ?

Adrien Quatennens

 

Le fond

François Hollande use de tous les moyens qui lui sont offerts pour assumer pleinement sa déroute politique. Il en a encore fait la démonstration lors de son allocution télévisuelle du 14 Juillet 2014, jour où (sans doute est-il de bon augure de le rappeler), nous célébrions la Révolution Française. D’aucuns feraient usage à son encontre de l’appréciation bien célèbre « a touché le fond mais creuse encore ». Car en effet, tant dans les mesures de sa cote de popularité que réalise le tout Paris médiatique que dans celles visant à appréhender les résultats économiques de sa politique et en particulier les chiffres du chômage, le Président de la République a touché le fond.

 

La reprise

Quand on touche le fond, soit on tape du pied pour remonter, soit on continue de creuser. Visiblement François Hollande a choisi la seconde solution. Il préfère assumer ce qu’il a commencé en continuant à indexer sa politique sur l’idéologie du Medef et conserver son tablier de « bon élève de la classe Europe » plutôt que de prendre acte de son échec pour mieux changer de trajectoire. En faisant cela, c’est toute la Gauche qu’il déboussole pendant que la Droite patauge dans les affaires et que Marine Le Pen s’en frotte les mains. Il veut finir ce qu’il a commencé même si cela ne fonctionne pas. Et autant dire que s’il réalise ce qu’il ambitionne, les français vont payer l’addition de son entêtement idéologique. Si l’on était naïfs on pourrait penser qu’il est pris en otage et qu’en réalité il ne choisit pas ce qu’il fait et que peut-être « There is no alternative » comme disait Thatcher. Mais naïfs, ne soyons pas ! Il n’y a pas à dire, il est beau avec ses nouvelles lunettes. Mais il n’y a pas besoin d’une longue vue pour s’apercevoir que la politique économique de l’offre à laquelle il souscrit n’amènera pas la « reprise » dont il dit, depuis les dorures de l’Elysée qu’elle est déjà là, même s’il veut bien l’admettre embryonnaire !

 

La Fronde et le Front

Si on pouvait penser, il y a encore quelques mois, qu’il y avait de quoi former une majorité alternative à l’Assemblée Nationale, l’épisode effrayant des frondeurs du Dimanche a achevé de nous convaincre que la tâche était plus rude qu’anticipée. En effet, si dans les colonnes médiatiques, de nombreux élus PS et EELV semblent s’affranchir clairement de la politique solférinienne, dès l’heure du vote sur le budget rectificatif de Manuel Valls ou sur celui de la Sécurité Sociale arrivée, la fronde s’effondre et chacun rentre dans les rangs. Nous ne pouvons que le regretter. Les solfériniens l’ont bien compris et lancent déjà leurs missives pour appeler à l’unité en vue des prochaines échéances électorales dans un contexte de montée du Front National qui fait, selon eux, argument d’autorité. Pour le Parti de Gauche, cela est clair : il n’y a aucun intérêt à discuter à ce jour avec le PS si l’objet de la discussion est autre que la construction d’une politique de gauche alternative à celle menée par le gouvernement, capable de redresser le pays. Le Front de Gauche s’est construit sur l’idée même d’autonomie du PS, ayant pris acte de son tournant libéral et les raisons politiques de ce choix sont encore plus valables aujourd’hui, après deux ans de gouvernance PS, qu’elles ne l’étaient hier. Il n’y a donc pas lieu de varier d’un pouce sur cette question qui constitue le socle de notre stratégie. Quiconque s’y laisserait tenter s’écarterait de la trajectoire décidée par le Front de Gauche.

 

Histoire d’offre…

En souscrivant à la politique de l’offre, François Hollande assume qu’il mène une politique économique de droite. Car économiquement, c’est là que se situe l’une des principales frontières entre la Gauche et la Droite et c’est là qu’apparaissent également les impacts écologiques des politiques économiques. La politique de l’offre consiste à produire tout et n’importe quoi, n’importe comment du moment que cela ne coûte pas cher et se vende. Si cela ne se vend pas, on usera toujours de la publicité pour susciter l’envie et créer le besoin et les frustrations. Il s’agit donc de réduire les « coûts » à toutes les étapes du processus de production en dépit de l’impact social et écologique de cette production. Il faut chercher à être toujours plus « compétitifs » et viser l’exportation dans un contexte de concurrence accrue entre les entreprises, les nations et les peuples.

 

… Et de demande

Preuve, s’il en fallait une, que la politique de l’offre n’est pas celle qu’il faut mener, seuls 18% des chefs d’entreprises se plaignent d’un problème d’offre. En revanche, la grande majorité persiste à dire que c’est bien le carnet de commande et donc la demande qui pose problème. Or comment relancer la demande quand les politiques économiques menées ne permettent pas la baisse du chômage et contractent les revenus des français ? Comment peut-on raisonnablement penser que la reprise économique d’un pays ne passe que par la compétitivité de ses entreprises quand on sait que cette compétitivité nécessite des sacrifices et des plans successifs d’austérité ? Le pacte de responsabilité de François Hollande, largement orienté vers l’offre, ne fera que satisfaire l’appétence sans borne des porteurs de pin’s du Medef et n’améliorera pas la demande. Mais le Medef n’est pas « les entreprises ». Par conséquent, les PME et les artisans, ne verront pas leurs carnets de commande s’améliorer, le chômage ne diminuera pas, et le Président de la République restera seul à voir la reprise !

 

L’horizon 

C’est, plus que jamais, une politique de relance de la demande qu’il faudrait mener, par la pérennisation et le développement du modèle social français, la désobéissance assumée aux poncifs néolibéraux tout droit débarqués de Bruxelles et surtout par des politiques industrielles d’envergure qui permettront à la France de reprendre le goût du futur. La catastrophe écologique qui s’avance prouve que l’avenir industriel est à la bifurcation complète de notre modèle, qu’il s’agisse de nos modes de production, de distribution et de consommation. Cela est tellement plus ambitieux, tellement plus passionnant et tellement plus urgent que les politiques de comptables d’apothicaire imposées par la Troïka. Quelles politiques pour quelles finalités ? Voilà la question que les très intelligents des hautes sphères du pouvoir feraient bien de se poser à nouveau. Il en va de notre économie, il en va du bonheur de la population et il en va aussi, et plus généralement, de la survie de l’Humanité.

 

Conclusion

Enterrée « la finance ennemie », enterré le discours du Bourget, enterré « le dialogue social apaisé ». En souscrivant à la politique de l’offre et en appliquant les recommandations du Medef, François Hollande et le gouvernement Valls n’appellent pas d’autres réactions de notre part que celles que nous aurions à l’encontre d’un gouvernement de droite. Les syndicats l’ont bien compris. La rentrée promet d’être chargée.

Européennes, abstention et FN

Européennes, abstention et FN

Cet article n’engage que son auteur, pas le PG, ni même le comité Georges Maréchal.

Ce dimanche, nous avons vécu ce que d’aucuns appellent un « séisme ». Une abstention énorme et un FN à 25%. Suite à ces résultats, chacun doit faire son autocritique. Nous n’avons convaincu que 6,60% d’électeurs de se déplacer et de voter pour le Front de gauche. C’est beaucoup trop peu.

J’estime, à titre personnel, que nous avons échoué à la fois sur la forme et sur le fond. Je réserverai ces critiques aux discussions internes, afin de ne pas donner stupidement d’arguments à nos adversaires. Néanmoins, je pense qu’il fallait commencer par le dire, et la suite de ma réflexion donnera des pistes sur cette autocritique.

Dans les médias, le PS et l’UMP se renvoient la patate chaude, comprendre: la responsabilité. Je pense que les deux camps ont raison. Le résultat de cette élection découle de nombreux paramètres que je ne minore pas. Simplement, je vais m’axer sur ce que je crois être les raisons principales.

Pourquoi l’abstention et le vote FN progressent, et tout particulièrement lors de cette élection?

Je ne crois pas que la France devienne un pays raciste, tout comme je ne crois pas que la majorité des électeurs du FN adhère à ses idées. Je crois, d’abord, qu’il s’agissait d’envoyer un message. Celui des municipales n’a pas été compris. François Hollande, élu par le peuple de gauche, continue à mener une politique de droite, libérale, en allant « plus vite » et plus loin dans l’austérité. Si le message n’est jamais compris, alors pourquoi continuer à voter, sinon pour passer un message plus fort encore? Le président nous promettait une inversion de la courbe du chômage pour fin 2013 au plus tard. Nous sommes pratiquement en juin 2014 et le chômage continue de croître. Si encore cette politique produisait quelques effets, le peuple de gauche pourrait tolérer tous ces sacrifices qu’on lui impose, encore et encore. François Hollande a perdu les villes, il a perdu des sièges au Parlement européen, il va perdre les régionales… Il a déjà perdu ses électeurs, ses élus, ses soutiens acharnés vont suivre, chacun leur tour. Les députés ne peuvent plus suivre, ils ont besoin de leurs électeurs, ils ont besoin de se désolidariser avec ce fiasco s’ils veulent conserver un semblant de crédibilité pour les prochains scrutins.

C’est une première explication, mais pas la principale.

Pour moi, la raison principale est que, très progressivement, les libéraux continuent à brader, pièce par pièce, la démocratie.

J’ai été choqué, il y a quelques mois par une scène pourtant anodine. J’ai probablement été le seul choqué. C’était lors d’une manifestation d’ouvriers qui devaient perdre leurs emplois. Il y en a tant depuis des années qu’on y prête presque plus attention. C’est devenu tellement banal. Presque normal. Parmi eux et aux premiers rangs, il y avait des élus, socialistes, pour l’essentiel. Il y avait surtout une députée maire socialiste.

Que faisait-elle là? Comment peut-on arpenter les rues d’une petite ville avec environ 200 ouvriers quand on tient la ville, le département, la région, le sénat, la majorité parlementaire, le gouvernement, la présidence de la République? Comment peut-on en arriver là… alors qu’on est censé détenir pratiquement les pleins pouvoirs dans le pays? La réponse est toute simple: le peuple et ses représentants ont été dépouillés de leurs pouvoirs réels.

Certains me rétorqueront que c’est la faute de l’Union Européenne. Et je répondrai que ce n’est qu’un cache sexe. Parce que l’Union Européenne, elle a été construite telle qu’elle est par les libéraux. Donc rejeter la faute sur l’UE, c’est rejeter la faute sur ceux-là même qui sont au pouvoir et leurs prédécesseurs. Ceux qui nous expliquent à longueur de JT qu’il n’y a qu’une politique possible, en omettant bien de dire qu’ils ont fait en sorte et continuent à faire en sorte que ce soit le cas.

Mais surtout quel pouvoir peut détenir le peuple souverain quand on lui enlève, très progressivement, le contrôle sur sa monnaie, sur ses banques, sur ses matières premières, sur l’eau, sur l’électricité, sur l’acier, sur les transports, les services publics?… Et tout ça au profit de multinationales qui n’ont aucune obligation de patriotisme.

Pourquoi voter si au final on se retrouve dans la rue aux côtés de nos élus, partageant la même impuissance que 200 ouvriers bientôt au chômage?

Nous avons proposé un autre modèle et une autre Europe. Nous n’avons pas convaincu. Le peuple de gauche ne croit pas que nous soyons capables de changer l’Europe et de lutter, dans l’état actuel des choses, contre la puissance de ces multinationales, et je le comprends même si j’ai un tout autre avis. Le peuple de gauche, et pas seulement lui, ne croit plus en ce semblant de démocratie.

Il va nous falloir l’entendre, et lui apporter les réponses, les espoirs et les actes qu’il attend, légitimement.

A Lille, Martine Aubry piétine sa Gauche !

A Lille, Martine Aubry piétine sa Gauche !

 

A Lille, pour la première fois depuis 1977, le Parti Communiste Français a fait le choix de la stratégie autonome du Front de Gauche en se désolidarisant du Parti Socialiste pour le premier tour des élections municipales. Au Parti de Gauche, nous avions accueilli leur décision avec un engouement certain, convaincus que nous sommes de la stratégie de l’autonomie dans la constitution de l’Opposition de Gauche nécessaire pour contester l’hégémonie d’un Parti Socialiste qui n’a plus à prouver son adhésion au libéralisme et aux politiques d’austérité.

Une campagne unitaire

Avec les partenaires du Front de Gauche local, nous avons mené campagne et porté à la connaissance des lillois notre belle liste « A Lille : L’Humain d’Abord ! ».

Nous avons rencontré les citoyens lors d’Assemblées Citoyennes pour les impliquer dans la constitution du programme et réactiver une démocratie réelle et participative.

Nous sommes allés à leurs rencontres sur les marchés et chez eux lors de nombreux porte-à-porte au cours desquels nous avons expliqué notre programme avec des axes fondamentaux essentiels pour rendre la Ville moins chère : des ServicesPublics de qualité, l’extension de la gratuité (transports, eau…), retour en Régie Publique de l’eau, reprise du terrain aux multinationales qui font avancer sans cesse le domaine de la marchandisation…

Les résultats du 1er tour

Nous le savions, cette autonomie déplaît. Parce qu’elle soulève de vrais sujets et donne espoir à ceux pour qui la politique ne veut plus rien dire. Malgré les difficultés rencontrées dans ce travail unitaire qui consiste à mettre d’accord les organisations politiques constituant le Front de Gauche, nous avons élargi notre liste à des représentants syndicaux, associatifs ou simples citoyens.

Au soir du premier tour, dans un contexte national de sanction du Parti Socialiste converti à la doxa libérale qui mène une politique économique de droite, contraire aux raisons qui ont fait élire François Hollande, notre liste A Lille, l’Humain d’Abord a recueilli 6.17% des suffrages exprimés.

  • La liste de Lutte Ouvrière et celle du Nouveau Parti Anticapitaliste ont recueilli à elles deux un peu moins de 3% des suffrages
  • L’Eglise de la Très Sainte Consommation a recueilli, elle, 3,55% des suffrages.
  • La liste des Radicaux emmenée par Jacques Mutez fait un peu moins de 2%.
  • Europe Ecologie Les Verts réalise un score de 11.08%
  • Le Front National triple son score de 2008 avec 17.5%.
  • L’UMP est à 22.73%.

Martine Aubry, elle, perd près de 12 points comparativement à son score de 2008 et totalise 34.86% des suffrages au premier tour.

Des négociations – punition

Dans ce contexte, dès lundi, une délégation du Front de Gauche de Lille rencontre le Parti Socialiste, représenté par les amis de Martine Aubry, que nous n’avons jamais pu rencontrer pendant ces négociations. En véritables scribes des propositions de fond que nous avions apportées, les représentants du PS se sont mis à tourner de l’oeil dès lors que notre délégation a sorti la calculette !

Avec 6.17%, nous revendiquions une juste représentation de nos électeurs avec 5-6 élus.
Le PS, sans doute fâché de son score relativement mauvais et de notre stratégie d’autonomie qu’il interprète sans doute comme un crime de lèse-majesté, a insulté littéralement nos électeurs en nous proposant 1 élu. Les négociations se sont arrêtées à ce stade.

Le même jour, dans l’après-midi, nous apprenons que la même démonstration d’arrogance a été faite avec la délégation d’Europe Ecologie Les Verts qui revendique un score de près de 12%.

Dans ces conditions, il a été évoqué dès lundi soir, l’éventualité d’une fusion entre la liste d’Europe Ecologie Les Verts et le Front de Gauche pour le second tour, dans une stratégie qu’au Parti de Gauche nous interprétions comme « à la Grenobloise » et qui permet à la l’Opposition de Gauche de prendre la tête de la Gauche à Grenoble. Nous étions pleins d’ardeur à cette idée bien que ce scénario n’avait pas été évoqué jusqu’à la crise de nerfs des solfériniens.

Cette perspective de fusion avec EELV s’est évanouie dès Mardi matin, EELV ayant finalement trouvé un accord avec le PS.

Au Front de Gauche, on proposa un élu, puis deux, puis trois. On proposa aussi par un tour de passe-passe de reléguer notre tête de liste, Hugo Vandamme, dans le fond de la liste, à une position non-éligible.

Epilogue : la gauche de gauche ne sera plus représentée au conseil municipal

Nous avons refusé cette braderie confuse, ce marchandage indigne, véritable insulte, non pas à nos personnes, ni même à notre étiquette à laquelle nous ne sommes pas attachée comme des moules à un rocher, mais aux 3437 électeurs qui se sont prononcés en faveur de l’Humain d’Abord.

Martine Aubry joue peut-être là un jeu vengeur ou peut-être souhaite t-elle un mandat sans partenaires trop vifs.
Elle devra sans doute composer avec un groupe d’élus du Front National mais pour elle, cela pose moins problème que le diable rouge !

Nous ne donnerons pas de consigne de vote. Nous n’appellerons pas à voter pour Martine Aubry, compte tenu de l’arrogance dont elle a fait preuve. Elle va pouvoir assumer seule son piétinement de la Gauche. Elle qu’on disait rassembleuse !

Le Front de Gauche disparaît donc du Conseil Municipal et les 3437 électeurs s’étant prononcés pour l’Humain d’Abord à Lille ne seront pas représentés.

Et au niveau national

Pour les médias, l’évènement de ces municipales, c’est le triomphe du FN. Nous prenons acte et par conséquent, nous nous comparons à l’évènement.

  • Nos 600 listes autonomes réalisent un score de 11.43%.
  • 308 de nos listes font plus de 10% (c’est 316 pour le FN).
  • Nos 82 listes avec Europe Ecologie Les Verts réalisent un score moyen de 15.31% (quand EELV est seule, c’est 9.69%).
  • Le FN gagne une ville au premier tour, Hénin Beaumont. Avec le Front de Gauche, nous en gagnons 67 !

Le triomphe du FN se résume donc à 8 villes de plus que nous à plus de 10% ! Mais le spectacle médiatique qui ignore le Front de Gauche doit continuer et les moutons de se voir servir la soupe réchauffée par le PS ! Miam !

D’ici là, nous vous donnons rendez-vous aux Européennes pour mettre une bonne Gauche aux solfériniens et porter notre aspiration à une Autre Europe.

Petite défense écolo du contre-budget du PG

Une révolution fiscale pour sortir de l’impasse et répondre aux besoins sociaux et écologiques.

contrebudget2014

Petite défense écolo du contre-budget du PG

Le contre-budget du Parti de Gauche est disponible ici.

En ratifiant le TSCG, qui place le budget de l’Etat sous la tutelle de la commission européenne, la majorité gouvernementale s’est elle-même engagée dans une impasse. Comme symbole de tous les reniements de ce gouvernement, la grande réforme fiscale promise par le candidat Hollande n’a toujours pas eu lieu.

Pire, dès que le MEDEF tousse, c’est tout le gouvernement qui s’enrhume ! En cédant ainsi à tous les chantages patronaux, François Hollande continue d’entretenir et d’approfondir l’injustice fiscale et sociale, au risque d’affaiblir le consentement à l’impôt qui est à la base de notre République. Depuis 25 ans, du fait des gouvernements libéraux et de la concurrence fiscale européenne, la fiscalité a été déformée au profit des bases mobiles (grandes entreprises et ménages aisés) et au détriment du plus grand nombre.

En matière d’écologie et de fiscalité, les choix gouvernementaux sont particulièrement désastreux. On voudrait rendre impopulaire toute transition écologique qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Ainsi, la cristallisation du mécontentement a été l’instauration de l’écotaxe poids lourds préparée par l’UMP, et non modifiée par l’actuel gouvernement. Ce dispositif cumule de nombreuses tares : censée pénaliser le trafic routier, elle ne s’appliquera pas sur les autoroutes à péage, là où passe l’essentiel du trafic de camions, ni à l’aviation ; elle pénalisera donc moins les transports de longue distance. Incohérent, ce même gouvernement a signé il y a moins d’un an un arrêté autorisant la circulation sur les routes des giga-camions de 44 tonnes. Dans le même temps, le frêt ferroviaire est délaissé depuis l’ouverture à la concurrence et le démantèlement de la SNCF en branches distinctes. Enfin, le recouvrement de cette taxe est confié à un opérateur privé monté par l’occasion, Ecomouv, en violation d’un droit hérité de la Révolution, qui prélèvera 23 % du produit de la taxe pour frais de recouvrement, alors que d’ordinaire les frais de recouvrement par l’Etat sont de l’ordre de 1 %…

Le projet de « contribution climat énergie » n’est guère moins injuste : elle touchera tous les ménages dans leurs dépenses contraintes, et notamment les trajets domicile-travail, alors que le marché de l’immobilier et la logique de « métropolisation » renvoient toujours les plus pauvres à la périphérie, alors qu’aucune planification du développement des transports publics n’est envisagée, tout cela pour alimenter le « crédit d’impôt compétitivité emploi » (CICE), cadeau aux plus grandes entreprises sans contrepartie et sans contrôle, en violation avec le principe d’égalité de traitement devant l’impôt. Pourquoi les ménages, et en particulier les plus modestes, devraient payer toujours plus au nom de l’écologie, alors que ce sont les plus pauvres qui subissent le plus les pollutions d’une part, et que d’autre part ils y contribuent le moins ? Par exemple sur le climat, un rapport de l’Insee a montré en 2010 que les 20 % les plus pauvres émettaient 2,7 fois moins de gaz à effet de serre que les 20 % les plus riches !

Enfin, dans ce contexte, l’augmentation de la TVA est une provocation de plus. Déjà, les 10 % les plus pauvres y consacrent 8,1% de leur revenu contre 3,4 % des 10 % les plus riches. Par ailleurs, la hausse du taux intermédiaire de TVA frappera directement les transports en commun et la gestion des déchets. Pour les transports collectifs on nous demandera de choisir entre l’augmentation des tarifs et la réduction du service ou de l’investissement. Et l’augmentation de la fiscalité sur la gestion des déchets renchérira le coût du recyclage, alors qu’il faudrait le favoriser. C’est inacceptable ! Et c’est pourquoi nous nous sommes mobilisés en masse le dimanche 1er décembre devant le « portique » de Bercy.

Toutes ces politiques alimentent un « ras-le-bol fiscal » largement instrumentalisé par la droite, et nourrit le sentiment qu’on n’est plus capable de répartir équitablement l’effort et que ce sont toujours les mêmes qui sont de plus en plus mis à contribution. Pourtant, pour financer les services publics et les investissements nécessaires aux besoins sociaux et à la transition écologique, les solutions existent !

  • En bloquant les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux et en redonnant à l’administration fiscale les moyens qui étaient les siens en 2002, nous pouvons lutter efficacement contre la fraude fiscale qui pèse environ 80 milliards d’euros chaque année.
  • Nous prônons la suppression des niches fiscales inutiles socialement ou nuisibles pour l’environnement (de toute façon en général elles ne profitent qu’aux 10 % les plus aisés). Supprimer celles néfastes pour l’environnement permettrait d’ores et déjà de récupérer au bas mot 42 milliards d’euros.
  • Favorables à la restauration de la progressivité de l’ensemble du système fiscal, nous réhabilitons en particulier un impôt sur le revenu beaucoup plus progressif (14 tranches), à l’assiette élargie pour taxer de la même façon les revenus du capital et ceux du travail, avec l’instauration d’un revenu maximal autorisé (tranche supérieure à 100 %) qui prend tout son sens avec l’individualisation de l’impôt (et un crédit d’impôt forfaitaire par enfant à charge), alors que l’imposition actuelle par foyer fiscal favorise les familles les plus riches et les inégalités entre femmes et hommes.
  • Les donations et successions doivent être fortement encadrées pour limiter la transmission des inégalités de génération en génération.
  • Des taxes environnementales peuvent être introduites à condition qu’elles soient ciblées (et non indifférenciées comme la « contribution climat énergie »), qu’elles distinguent premiers usages indispensables et mésusage, et qu’elles distinguent dépenses contraintes et celles où des alternatives sont mises en place.
  • Nous voulons aussi, entre autres, imposer toutes les entreprises au même taux effectif, supprimer les exonérations de cotisations sur les bas salaires, augmenter le taux de la taxe sur les transactions financières avec un taux supérieur pour les produits dérivés, taxer à la source les dépenses publicitaires des entreprises, augmenter le rendement de l’ISF, refiscaliser les heures supplémentaires et défiscaliser les indemnités journalières pour les accidents du travail…

Bref, la révolution fiscale que nous prônons est en rupture avec la « politique de l’offre » et avec l’austérité imposée partout en Europe dans le déni des souverainetés populaires et, en France, des mandats électoraux reçus par le suffrage universel ! Au contraire le contre-budget du PG est une première pierre de la transition vers le projet écosocialiste que nous portons et dont nous avons richement débattu à Douai le 7 décembre lors des Assises départementales de l’écosocialisme.