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En finir avec le chômage, nous on peut !

 

En finir avec le chômage, nous on peut !

Jeudi 25 Septembre 2014 | Sylvie Aebischer et Boris Bilia

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Le taux de chômage atteint aujourd’hui des sommets : avec 9,7% de la population active, 10,2% DOM compris. La France compte aujourd’hui près de 6 millions de travailleurs inscrits en recherche d’emploi. Le chômage endémique depuis les années 1970… est bien confortable pour le système : la peur du chômage est une muselière efficace pour empêcher les travailleurs de revendiquer de nouveaux droits et des hausses de salaire et permettre au gouvernement allié du Medef de casser le droit du travail !

Il est temps d’en finir avec les potions libérales qui nous sont imposées depuis 30 ans, aussi inefficaces contre le chômage que favorables aux profits des grands groupes privés. Ce n’est pas la guerre aux chômeurs qu’il faut mener comme le bien mal nommé ministre du travail Rebsamen, c’est relancer l’activité et affronter le coût du capital. En finir avec le chômage, nous on peut !

1) En finir avec les seules exonérations de cotisation

Les politiques de l’emploi depuis 30 ans s’inspirent toujours du même schéma libéral : abaisser le « coût du travail » et augmenter la com-pé-ti-ti-vi-té. Et toujours le seul levier : les exonérations de cotisations sociales. Pourtant aucun consensus universitaire rigoureux n’a pu en démontrer l’efficacité ! La Cour des comptes et un récent rapport du Sénat en soulignent même le coût exorbitant, de l’ordre de 1,5 % du PIB et dépassant les 300 milliards de coût cumulé… pour un impact limité voire nul sur l’emploi. Pire, ces baisses de cotisation étant ciblées sur le SMIC et les plus bas salaires, elles entraînent les salaires vers le bas et sont mal ciblées, favorisant trop souvent des secteurs qui ne sont pas en difficulté ni soumis au dumping mondial. Il faut donc de revenir sur tout ce processus aveugle d’exonérations enclenché par Édouard Balladur en 1993 et suivi par les gouvernements Juppé, Fillon et Valls.

2) Le secteur public, un levier pour relancer l’emploi

Pour créer massivement des emplois, le secteur public s’avère décisif et efficace. Il est même économique quand on le compare au coût des dispositifs Hollande de type CICE ou pacte d’irresponsabilité). Le plus urgent est de revenir sur les 190 000 suppressions d’emplois opérées depuis 2007 (150 000 sous la droite et 40 000 déjà sous Hollande) et la titularisation des précaires de la fonction publique. Sur 5 ans, il est ensuite possible de créer plusieurs centaines de milliers d’emplois publics, en assumant un recrutement progressif et une formation de qualité. Des besoins énormes existent (écoles, universités, crèches, justice, police, douanes, etc.). Les fonctionnaires créés pourraient même rapporter à l’État dans certaines missions cruciales tels que les services fiscaux pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ou l’inspection du travail.

3) Relancer l’activité par la demande, une clé pour la création d’emploi

Les politiques libérales cherchent à opposer les travailleurs entre eux, comme si les droits acquis ou gagnés par les salariés se faisaient aux dépens des créations d’emploi. Or c’est tout le contraire ! La relance de l’économie par la demande accorde davantage de droits pour les travailleurs, de meilleurs salaires et conditions de travail… pour créer des emplois en créant un cercle vertueux.
Cette relance de l’activité par la demande passera d’abord par une hausse des salaires et des minima sociaux, la mise en place d’un salaire maximum et la limitation des écarts de salaires de 1 à 20 dans les entreprises. Elle passe aussi par la fin du gel des salaires des fonctionnaires et le rattrapage sur l’inflation depuis 2000 via une refonte de la grille des échelons des fonctionnaires. À titre d’exemple, le SMIC à 1700 euros permettra une hausse de salaire de 20 milliards d’euros pour les les plus modestes ; la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires représenterait une augmentation de la consommation à hauteur de 10 milliards d’euros. Ce sont de l’ordre de 240 000 emplois supplémentaires qui pourraient être ainsi créés en quelques mois ! La relance de l’économie par la demande revient aussi à mettre fin à la précarité et faire du CDI à temps plein la norme : c’est à cette condition que les salaires permettront de relancer la consommation.

Améliorer les conditions de travail des salariés, c’est aussi partager le temps de travail et par conséquent créer des emplois. C’est la raison pour laquelle nous proposons d’appliquer réellement les 35 heures pour tous et aller vers les 32 heures sur le modèle de la semaine de 4 jours… tout en revendiquant une 6ème semaine de congé payés et la retraite à 60 ans. Il y a là encore un gisement de plusieurs centaines de milliers d’emplois.

4) Relancer l’activité par l’investissement public et rompre avec le libre-échange

La relance de l’activité passe également par un investissement public massif et ciblé sur les besoins pour créer des emplois utiles et non délocalisables.

Investir, c’est créer des emplois !

Construire 200 000 logements chaque année, majoritairement destinés à l’habitat social, reviendrait à créer plus de 100 000 emplois. Mêmes résultats avec l’ouverture de 100 000 nouvelles places en crèche et le développement des transports collectifs. La transition énergétique, en s’appuyant sur les investissements dans le secteur des énergies renouvelables, la remise aux normes énergétiques des bâtiments, le développement de la géothermie, permettrait de créer plus de 700 000 emplois selon le scénario Négawatt. Le développement d’un nouveau modèle agricole permettrait, selon la confédération paysanne, la création de 300 000 emplois supplémentaires. Enfin le soutien au développement de l’économie sociale et solidaire permettra de combler les 150 000 postes vacants dans ce secteur. D’autres pistes restent encore à explorer, notamment l’économie de la mer.

Assumer le protectionnisme

Selon l’Insee, entre 2000 et 2005 les délocalisations ont entrainé la destruction de 36 000 emplois chaque année en France. Depuis la crise de 2008, ce sont 60 000 emplois qui sont supprimés tous les ans en raison des délocalisations. La reconstitution d’une capacité de production nationale est impossible sans de fortes mesures de protection commerciale. Le protectionnisme est donc un puissant levier pour réorienter la production et la consommation vers les besoins humains, compagnon logique de la planification écologique permettant d’instaurer des protections sociales et environnementales. C’est dans ce cadre que doit s’inscrire notre politique de création d’emplois !

C’est maintenant à la rue de révoquer le gouvernement

C’est maintenant à la rue de révoquer le gouvernement

Mardi 16 Septembre 2014 |  Eric Coquerel, Secrétaire national à la coordination politique du PG

La brutalité et les menaces de l’exécutif ont payé.

Les députés, pourtant élus pour faire une politique inverse, ont accordé leur confiance au programme libéral de Manuel Valls. Quelle légitimité avaient-ils à le faire ?
Une minorité issue des rangs gouvernementaux s’est abstenue pour ne pas voter contre la confiance. Quelle cohérence est-ce là ?
Ceux qui voulaient faire naitre une majorité alternative dans cette assemblée comme nous le souhaitions ont échoué. Le verrouillage est total. La 5e République produit encore et toujours une majorité de députés godillots.

Sans majorité absolue le gouvernement Valls2 ressort cependant affaibli de la journée. Les choses sont donc maintenant claires : c’est dans les mobilisations et dans la rue qu’il revient de combattre ce gouvernement et ce régime anti-démocratique. Le Parti de Gauche soutiendra donc plus que jamais toutes les mobilisations sociales et écologiques à venir.

Mais il faut aller plus loin. C’est pourquoi le PG va proposer à ses partenaires l’idée d’une grande marche nationale à mi-mandat, pour voter dans la rue contre la confiance et exiger la révocation du gouvernement Valls et de la politique de François Hollande.

Le Parti de Gauche s’oppose à toute remise en cause des 35 heures

Le Parti de Gauche s’oppose à toute remise en cause des 35 heures

Jeudi 28 Août 2014 | Guillaume Etiévant, Secrétaire National à l’économie et au travail

Emmanuel Macron, banquier de Rotschild devenu ministre de l’économie, souhaite que les entreprises puissent déroger à la durée légale du travail et ainsi faire travailler les salariés plus de 35 heures sans leur accord individuel et sans majoration. Cela entrainera donc des baisses de salaires pour tous les salariés qui effectuaient des heures supplémentaires jusqu’à présent.

Le gouvernement Valls, plutôt que de se faire acclamer à l’université d’été du Medef et de multiplier les attaques contre les salariés, ferait mieux de donner un emploi aux 5 millions de chômeurs que compte notre pays.

Les solutions pour cela sont connues : investissements publics, réquisition puis nationalisation ou mise en coopérative, embauche massive de fonctionnaires, réduction du temps de travail, sécurisation des salariés dans l’entreprise, protectionnisme solidaire.

Ce ne sont pas les actionnaires qui créent la richesse et l’emploi mais bien les salariés eux-mêmes. Il est urgent de les rendre maitre de leur destin par la 6ème République qui mettra en place la citoyenneté dans l’entreprise, c’est-à-dire l’appropriation collective et républicaine des outils de production.

Chronique ukrainienne : Il faut arrêter l’engrenage d’urgence

Frédéric Martin-Bouyer, Commission Europe

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Cela fait plusieurs semaines que ces chroniques n’ont pas été alimentées, non pas que la situation de l’Est de l’Ukraine se soit améliorée, mais ce suivi n’aurait servi qu’à faire un décompte macabre (dont la population civile du Donbass paie le plus lourd tribut), tant les autorités dirigeantes persistent et s’obstinent à répondre par les armes aux revendications d’autonomie de cette région. Il aurait fallu également commenter et tirer des conclusions hâtives comme se sont empressés de le faire tous les journaux du monde, sans le moindre début d’élément d’enquête, sur la tragédie du vol MH17. A ce titre il est intéressant de noter aujourd’hui que les preuves prétendument possédées par le renseignement Etatsunien, accusant les insurgés, n’ont à ce jour jamais été présentées. Les premières observations des observateurs de l’OSCE, n’ont pour autant, elles, jamais été relayées par la presse. https://www.youtube.com/watch?v=7ze9BNGDyk4
LES ONG DENONCENT LES AGISSEMENTS DE L’ARMEE UKRAINIENNE
Et nombres d’ONG et d’organisations « légitimes » aux yeux des pays atlantistes, ont pu constater et rapporter les dégâts civils importants induits par l’opération dite « anti-terroriste » du gouvernement de Kiev. Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, le bilan est de 1367 tués, 4087 blessés, et 730 000 réfugiés. Il est également intéressant d’observer que la plupart des réfugiés choisissent de se rendre en Russie, qui est présenté comme le seul agresseur de ce conflit. Human Rights Watch et Amnesty international, généralement très alignés sur Washington ont tout de même émis des rapports mettant sérieusement en cause la régularité et les dégâts de l’opération militaire. La première a écrit ici une lettre ouverte au président d’Ukraine Poroshenko dénonçant les crimes de guerre de l’armée ukrainienne : http://www.hrw.org/news/2014/07/18/ukraine-letter-president-poroshenko-military-operations-lugansk-and-donetsk . La seconde dénonce l’impunité concernant les enlèvements et les mauvais traitements commis par les milices pro Kiev : http://www.amnesty.org/en/news/Impunity-reigns-for-abductions-ill-treatment-eastern-Ukraine-06-08-2014 . La croix Rouge internationale dénonce quand à elle la situation humanitaire très grave à l’est du Pays: http://www.icrc.org/eng/resources/documents/news-release/2014/08-08-ukraine-humanitarian-situation-deteriorates-east.htm . Depuis peu Lughansk, ville de plus de 1 millions d’habitants est privée d’eau et d’électricité. Les bombardements et les tirs d’artillerie font rage dans le centre-ville de Donetsk.

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UNE INSTABILITE DE PLUS EN PLUS FORTE
Mais différents évènements particulièrement inquiétants pour la stabilité de l’Ukraine et de l’Europe se succèdent ces derniers jours. Dans un communiqué récent, nous dénoncions l’invitation qui a été faite au fondateur du parti national socialiste d’Ukraine (et responsable du conseil de sécurité nationale et de défense) par le Parti Populaire Européen (auquel participe l’UMP française) au parlement. http://www.lepartidegauche.fr/actualites/communique/le-fondateur-parti-national-socialiste-d-ukraine-recu-par-le-parti-populaire-europeen-au-parlement-29495. Ce dernier a présenté sa démission il y a peu sans donner de raisons. De plus, M.Yatsenouk, premier ministre, a lui aussi présenté sa démission avant de se raviser, arguant que les caisses étaient vides, qu’on ne pouvait plus mette d’essence dans les chars. C’est dire le point déliquescence de cette armée, qui voit des divisions entières se rendre à la Russie. Les réservistes conscrits se voient aujourd’hui piégés : Sous couvert d’un « exercice », ils sont directement envoyés au front. Beaucoup n’en reviendront pas. De nombreuses voix commencent à s’élever dans le pays – les femmes notamment- et un groupe parlementaire « pour la paix » a récemment demandé la dé-classification des rapports sur le bilan humain réel estimé selon leurs observateurs a au moins 10 000 morts. L’interdiction du parti communiste que nous dénoncions ici est également un point très préoccupant et le signe d’un état déplorable de la démocratie dans le pays. http://www.lepartidegauche.fr/actualites/communique/ukraine-coup-force-antidemocratique-la-majorite-liberale-fasciste-29407
PLUS D’EAU CHAUDE A KIEV AFIN DE GARDER DU GAZ POUR CET HIVER…
C’est dans ce contexte que Vitaliy Klitschko, maire de Kiev, a annoncé la coupure d’eau chaude pour la ville, afin de « conserver les ressources en gaz car chacun sait que l’hiver sera très dur ». Les habitants se sont vus encouragés à faire des travaux d’isolation. Autrement dit, il n’y aura pas de chauffage cet hiver dans ce pays ou les températures descendent facilement a -20 C°. Encore une fois la fin des subventions au gaz demandées par le FMI et le conflit à l’est risquent de provoquer un drame humanitaire pour ceux qui n’auront pas les moyens de se chauffer, ce qui doit peu inquiéter les oligarques ultralibéraux au pouvoir. La dévaluation forte de la devise ukrainienne continue de renchérir le cout de la vie d’une population donc le salaire minimum est inférieur de 30% au salaire minimum chinois. Cette situation porte les germes d’une tragédie et d’un nouveau soulèvement social de grande ampleur. Les premiers signes se font sentir : des violents affrontements ont éclaté entre les milices encore présentes sur la place Maidan de Kiev et le bataillon mobilisé par la ville pour faire évacuer cette place. D’anciennes milices alliées s’affrontent.

L’OTAN SOUFFLE SUR LES BRAISES
C’est dans ce contexte également que M.Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, s’est rendu à Kiev pour déclarer (pour ceux qui doutaient encore de l’implication Etatsunienne dans le conflit) que : « l’Otan travaille de manière encore plus étroite avec l’Ukraine pour réformer ses forces armées et ses institutions de défense » et « Nous conseillons l’Ukraine en terme de planification militaire et de réforme de la défense et nous sommes prêts à renforcer cette coopération ». Kiev est par ailleurs invitée au prochain sommet de l’OTAN qui se tiendra en écosse début septembre. On renforce l’option militaire, alors qu’il est plus qu’urgent de faire taire les armes…

UNE SOLUTION POLITIQUE POSSIBLE
D’autant plus qu’une solution politique est possible : différents sondages réalisés par un sociologue de l’université d’Ottawa, originaire d’Ukraine, ont montré que la grande majorité des ukrainiens du Donbass et de l’Est en général ne souhaite pas un rattachement à la Russie, pas un état indépendant, mais bien plus d’autonomie au sein de l’Ukraine.

http://www.washingtonpost.com/blogs/monkey-cage/wp/2014/07/20/what-do-citizens-of-ukraine-actually-think-about-secession/ Si l’on fait taire les armes, une solution est possible.

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UN COURAGE POLITIQUE NECESSAIRE
C’est pour cela que notre diplomatie ne peut plus s’aligner béatement sur le soutien sans faille de Washington à ce gouvernement aventurier qui a préféré vider ses caisses jusqu’au dernier centime dans l’option militaire au détriment des aides sociales et des réformes institutionnelles indispensables à la stabilité de l’Ukraine. La France peut et a le devoir de réagir au plus vite pour arrêter cette tragédie humanitaire. Une tragédie qui pourrait se transformer en baril de poudre : la Russie a annoncé la mobilisation de ses réservistes pour un « grand exercice » entre aout et octobre… http://fr.ria.ru/defense/20140801/202011656.html

Les cheminots qui luttent aujourd’hui le font pour l’intérêt général

Les cheminots qui luttent aujourd’hui le font pour l’intérêt général

Jeudi 12 Juin 2014 | Martine Billard, Co-Présidente du Parti de Gauche

20130623_RailSNCF_0001.jpgCrédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)

Dans les mois qui viennent, le Parlement européen devrait se prononcer sur le 4ème paquet ferroviaire portant sur l’obligation d’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs de proximité. Bien évidemment, les libéraux le présentent sous de belles couleurs : « Le 4ème paquet ferroviaire vise à améliorer la qualité des services de transport ferroviaire des passagers » mais sans pouvoir cacher l’objectif : « permettre aux nouveaux opérateurs d’obtenir des contrats de services publics ». Le gouvernement de M. Valls a décidé d’anticiper, comme le reconnaît Gilles Savary, député PS rapporteur d’un projet de loi identique au système européen proposé. On apprend au détour des débats que « la part du chiffre d’affaires de la SNCF correspondant au service public ne dépasse plus 20 % ». Pas étonnant lorsqu’on découvre que la filiale publique Fret SNCF a perdu quasiment 50 % de son chiffre d’affaires pendant qu’une filiale privée est en pleine croissance ! C’est bien là tout le tour de passe passe de cette réforme : transférer le maximum d’activités rentables à des filiales privées et essayer de transférer les « charges » de service public aux régions.
Ainsi la restructuration en 3 sociétés, sous le statut d’EPIC (établissement public industriel et commercial), préfigure l’apparition aux côtés de « la SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités [qui] constituent un groupe public ferroviaire appartenant au système de transport ferroviaire national » d’autres sociétés qui seront privées. Tout est fait pour préparer cette concurrence, jusqu’au statut des salariés. Ainsi « La SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités [pourront] également employer des salariés sous le régime des conventions collectives. ». Pour les personnels qui resteront sous statut, « une convention de branche peut compléter les dispositions statutaires ou en déterminer les modalités d’application dans les limites fixées par le statut particulier. » Par ailleurs le temps de travail sera défini par décret.

C’est donc bien du démantèlement du statut des cheminots dont il est question. Cela reproduit l’évolution de la Poste où tous les recrutements se font maintenant sous contrat de droit privé avec toutes les dérives connues de l’intérim et des CDD à répétition. Voilà pourquoi aujourd’hui les cheminots sont en grève, mais aucun média ne vous a expliqué pourquoi. Le FN a lui montré son vrai visage en accusant les syndicats de complicité dans la situation dégradée de la SNCF ! Seule une entreprise publique du rail peut maintenir et développer un réseau ferroviaire permettant de répondre aux besoins d’aménagement du territoire dans le respect de l’égalité d’accès et dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Le Parti de Gauche soutient totalement la grève appelée par les syndicats pour la défense du service public contre la concurrence synonyme de service plus cher, de moindre qualité, moins respectueux de la sécurité, avec de moins bonnes conditions de travail et de moins bons salaires pour les cheminots.

Suppression des seuils sociaux : le gouvernement une fois de plus contre les salariés

Suppression des seuils sociaux : le gouvernement une fois de plus contre les salariés

Mercredi 28 Mai 2014

Guillaume Etievant, Secrétaire National à l’économie et au travail du Parti de Gauche

Le gouvernement ne tire décidément aucune conclusion du vote du week-end dernier. Il compte poursuivre ses réformes néo-libérales, comme si rien ne s’était passé. Après la LSE ( Loi sur la Sécurisation de l’Emploi) de l’année dernière qui a largement rogné sur le droit d’information/consultation des comités d’entreprise, François Rebsamen veut aller encore plus loin dans les attaques contre le droit du travail.

Le ministre du travail vient en effet de proposer de suspendre pendant trois ans les obligations légales qui s’imposent aux entreprises pour la création des institutions représentatives du personnel. S’il arrive à ses fins, les entreprises passant de 9 à 10 salariés ne seront plus obligées de créer des délégués du personnel et celles passant de 49 à 50 de mettre en place des Comités d’entreprises.

La CFDT, la CFE CGC et la CFTC, déjà signataires de l’accord ayant permis la LSE, ne sont pas opposées à aborder ce sujet lors de la conférence sociale des 8 et 9 juillet, si elles obtiennent des compromis en échange.

Si cette réforme était mise en place, elle constituerait un recul considérable des droits des salariés. Après avoir détricoté les prérogatives des Comités d’entreprise, le gouvernement veut désormais les faire tout simplement disparaitre. Cela mettrait les salariés dans des situations de précarité considérable et n’aurait aucun impact positif sur l’emploi. L’ensemble des études de l’INSEE sur la question démontrent en effet que les obligations pesant sur les entreprises ont très peu d’impact sur leurs embauches.

C’est pourtant tout l’inverse qu’il faudrait faire. Il y a urgence à sécuriser les salariés, par la création d’un droit de veto des comités d’entreprise sur toutes les décisions stratégiques et par l’interdiction des licenciements économiques dans les entreprises en bonne santé financière. Le droit du travail doit être renforcé et redevenir la norme qui domine toutes les autres pour ainsi protéger les salariés contre les méfaits des actionnaires.

Guillaume Etiévant, Secrétaire National à l’économie et au travail