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L’autre budget

L’autre budget

Lundi 29 Septembre 2014 | François Delapierre, Secrétaire national du Parti de Gauche

Budget1

Autrefois, il n’y a pas si longtemps, le débat budgétaire était le plus important d’une année parlementaire. Chacun, avec des jouteurs reconnus, se faisait fort d’y incarner le clivage gauche-droite. C’en est devenu la négation. Il s’est même trouvé des députés « de gauche », enfin du P « S », pour réclamer une ponction supplémentaire sur la consommation populaire à travers une hausse record de la TVA. A croire qu’ils préfèrent les satisfecit de la Commission européenne à ceux de leurs mandants. Sinon ils auraient applaudi la proposition de Sarkozy qui n’allait pas jusque-là. Seul Valls l’avait alors fait. Reconnaissons-lui le mérite de la continuité, en pire. Les autres avaient rebaptisé anti-sociale cette TVA pour mieux prendre le contre-pied de Sarkozy. Il ne fallait pas tout brouiller. Autrefois.

Le détail du budget Valls sera connu avec le Conseil des ministres de mercredi. Mais l’essentiel est déjà fixé. Il s’agit de l’argent pris au peuple au nom de la dette. Les 50 milliards d’ici 2017 claironnés par Hollande aux oreilles du Medef. Pour 2015, ce sont 21 milliards pour commencer : 7,3 dans les caisses de l’Etat, 3,7 dans celles des collectivités locales, 10 milliards dans la sécu. Tout en découle. C’est-à-dire des mesures d’austérité dont la seule justification est cette absurde règle comptable. La discussion porte sur la technique. L’impôt devient un auxiliaire de la rente : il est là pour faire rentrer l’argent qu’elle prélève. Passionnante discussion, à laquelle nous ne sacrifierons pas.

Car le résultat d’ensemble est déjà connu. Il ridiculise les pointages doctement compilés par les médiacrates et diverses officines « indépendantes » pendant la dernière présidentielle. Hollande avait promis de ramener le déficit public à 3% en 2013. On sait ce qu’il en fut. 4,2% cette année-là. Plus encore prévu pour l’année prochaine. La preuve est faite que l’austérité creuse les déficits. C’est pas faute de l’avoir annoncé dès le premier jour. Les prévisions de croissance faites par l’INSEE sont durablement faméliques. Et ne parlons pas de la fameuse courbe du chômage. C’est pourtant le chiffre qui pèse le plus sur le pays. Mais les savants pointages de Hollande lui avaient valu d’être raisonnable.

C’est donc un autre budget et une autre politique dont il faudrait parler. Il est urgent de soutenir la consommation populaire, de relancer l’activité par la planification écologique. Les propositions concrètes regorgent dans les contre-budgets du PG. Gageons que ce débat n’aura pas lieu. Le Parlement n’est plus le lieu où s’expriment et se structurent les contradictions qui traversent la société. C’est un Parlement de la Vème République. Vidé de toute substance. Juste bon à voter la confiance après avoir donné 5% tout mouillés au candidat Valls à la primaire. Il y manque trop de choses : des députés liés à leurs mandants, et donc fidèles à ceux-ci, un pluralisme véritable, des frondeurs qui préparent autre chose qu’un congrès du PS… Il est temps d’avoir un Parlement de la VIème République pour un autre budget, et une autre politique.

François Delapierre
Secrétaire national du Parti de Gauche

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Faire sauter le verrou

Faire sauter le verrou

Adrien Quatennens – Mercredi 17 Septembre 2014

Vous avez confiance, vous ?

Les députés ont accordé la confiance à la politique libérale de Manuel Valls qui la demandait pour poursuivre sa feuille de route. Comme François Hollande, élu sur la base de discours tels que celui du Bourget, marqué à Gauche, les députés élus par le Peuple ont accordé leur confiance à une politique contraire à celle pour laquelle le Peuple les a mandatés. Une minorité issue du Parti Socialiste et d’Europe Ecologie Les Verts s’est abstenue, sans aller jusqu’au bout de la démarche qui aurait dû consister à voter contre.  A Gauche, seul le groupe Front de Gauche a voté en cohérence, contre. Les décibels de la fronde semblent diminuer dès lors que sonne l’heure d’aller voter. Est-ce la soumission aux mises en garde d’un exécutif pourtant au plus bas dans les sondages ou est-ce la crainte des conséquences de leurs actes qui fait rentrer dans les rangs les frondeurs au premier coup de sifflet ? L’abstention ne constitue pas une fronde. A cette heure, il ne fait aucun doute que ce qui sort du vote de l’Assemblée Nationale ne représente pas ce qu’en auraient dit les citoyens.

Ils ne représentent pas le Peuple !

Si cette question de la confiance avait été posée directement aux citoyens, la réponse aurait sans doute ressemblée davantage à un rire moqueur qu’au moindre signe embryonnaire de confiance. D’une manière générale, cet exercice du vote de confiance, loin de conforter Manuel Valls, met davantage en exergue le fossé qui se creuse entre le Peuple et ses représentants qui se représentent mieux eux-mêmes qu’ils ne représentent qui que ce soit d’autre. Ce constat est grave car, pour qui se veut défenseur d’une République exemplaire, l’élu est (et doit rester envers et contre tout) le représentant du Peuple qui l’a mandaté à chaque instant de son mandat. Au Parti de Gauche, nous espérions encore que puisse être constituée dans cette Assemblée une majorité alternative. Nous devons nous rendre à l’évidence : Cela s’avère difficile voire rendu impossible par le verrou que constitue la 5e République.

Révoquons-les !

Pour nous, les progressistes républicains, le Peuple doit rester souverain à chaque instant de la vie politique. C’est pourquoi, dans le moment que nous vivons, pourrait s’appliquer le référendum révocatoire que nous appelons de nos vœux. Il consisterait à pouvoir écourter le mandat d’un élu que les citoyens ne jugeraient plus digne de leur confiance. Ainsi, si un nombre suffisant d’électeurs s’expriment en ce sens, un référendum est engagé qui permettra de dire si le Maire, le député ou le Président de la République doit rester ou s’en aller. Il ne s’agit pas toujours de sortir l’élu mais plutôt de réinterroger le Peuple sur sa légitimité. Par exemple, au Venezuela, Hugo Chavez s’est soumis à ce référendum révocatoire car un nombre suffisant d’électeurs en avait pris l’initiative. Et le peuple vénézuélien a voté pour que Chavez reste, tant il avait fait pour son pays au travers, notamment, du processus constituant. De la même manière, ce type d’initiatives populaires doit être rendu possible pour que le Peuple s’exprime sur le fond et sur les grands sujets et non pas uniquement sur les personnes comme c’est le cas aujourd’hui. En effet, aujourd’hui le Peuple vote (mais l’abstention est colossale) puis il se retire de la scène politique, laissant l’oligarchie au pouvoir faire ses petites affaires jusqu’au terme du mandat sans qu’il ne puisse de nouveau reprendre la main sur les décisions qui le concernent pourtant. La 5e République, véritable monarchie présidentielle, est un verrou contre l’avis et la souveraineté du Peuple. Un « coup d’Etat permanent » comme l’écrivait François Mitterrand. En attendant de passer la sixième, c’est donc dans la rue que nous irons les révoquer ! Le Parti de Gauche va proposer de ce pas à ses partenaires une grande marche nationale à la mi-mandat de François Hollande pour que le Peuple puisse s’exprimer contre la confiance à cette politique libérale et exiger la révocation du gouvernement Valls et de sa politique.

L’urgence de faire sauter le verrou de la 5e République !

L’objectif de la 6e République n’est pas nouveau pour nous au Front de Gauche. La campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2012 y était déjà largement consacrée et a permis de populariser cet objectif.  Certains pensent encore que vouloir passer à la 6e n’est pas une priorité,  que c’est un objectif trop abstrait et qu’il ne répond pas aux problèmes quotidiens des citoyens. Mais qui a-t-il donc de plus urgent à faire que de redéfinir la règle du jeu à cette heure où le Peuple ne se mêle plus de politique ? Pourquoi ne se mêle t-il plus de politique ? Parce qu’il ne s’intéresse pas à son propre destin ?! Bien sûr que non ! C’est parce qu’il voit bien que, quoi qu’il décide, ils n’en tiennent aucun compte, ils s’en fichent ! Non, la 6e République ne règlera pas en tant que telle tous nos problèmes. C’est pour cela que nous disons qu’elle constitue un moyen et non une fin. Mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’aucun problème urgent ne peut trouver de réponse dans le système actuel verrouillé de la 5e République.  En effet, comment lutter contre le chômage et les bas salaires tant que ce sont les actionnaires et la finance qui dirigent les entreprises ? Comment sortir des politiques austéritaires tant que la Commission européenne nie la souveraineté du Peuple ? Comment ambitionner une véritable transition énergétique et la nécessaire bifurcation écologique de notre modèle tant que la politique énergétique n’est pas libérée des lobbys industriels ? Comment changer de politique si le Peuple n’est pas souverain ? En passant à la 6e République, en convoquant l’Assemblée Constituante, le Peuple cesse d’être une multitude éparse, il se constitue en tant que Peuple en décidant de sa Constitution et en choisissant d’y inclure les droits qu’il se reconnaît pour lui-même et pour les autres (par exemple le droit à disposer de soi et de son corps, de nouveaux droits dans l’entreprise) et  les règles qu’il souhaite appliquer (par exemple la Règle Verte qui ferait qu’on ne prendrait pas à la nature plus que ce qu’elle ne peut nous donner). Par le processus constituant, nous ferons sauter le verrou qu’est la 5e République face à la souveraineté du Peuple. Passer à la 6e République, c’est refuser que le Peuple s’éloigne de son propre destin en le confiant à une oligarchie qui en fait ce qu’elle veut sans qu’il ne puisse véritablement dire s’il en est d’accord ensuite. Passer à la 6e République et à l’élection d’une Assemblée Constituante, c’est poser la question du pouvoir, la question de savoir qui décide. Est-ce le Peuple ou l’oligarchie ? Le MEDEF ou les salariés ? Les lobbys ou les citoyens ? Passer à la 6e République c’est donner au Peuple la possibilité de remettre une bonne fois pour toutes les pendules à l’heure ! Beaucoup le comprennent ! En moins d’une semaine, notre Mouvement pour la 6e République a déjà recueilli plus de 20 000 signatures sur sa plateforme m6r.fr ! J’ai signé, et vous ?

Elections départementales : Manuel Valls organise le désordre public

Manuel Valls organise le désordre public

Mercredi 17 Septembre 2014 | François Cocq,Gabriel Amard

Manuel Valls vient d’annoncer que les élections départementales auraient finalement lieu au mois de mars 2015.

Voilà donc un scrutin ré-avancé après avoir été reculé et qui est désormais programmé dans tout juste 6 mois.

Manuel Valls voudrait effacer cette élection de la vie démocratique qu’il ne s’y prendrait pas autrement : une élection sur de nouvelles aires géographiques, avec un nouveau mode de scrutin, pour une collectivité dont les compétences futures n’ont pas encore été définies par le législateur, et moins de 180 jours pour impliquer les citoyennes et les citoyens.

Pour mieux rayer les départements de la carte, Manuel Valls cherche donc à se préserver de l’implication du populaire. Qu’il prenne garde : le peuple n’est pas aussi docile que les frondeurs.

C’est maintenant à la rue de révoquer le gouvernement

C’est maintenant à la rue de révoquer le gouvernement

Mardi 16 Septembre 2014 |  Eric Coquerel, Secrétaire national à la coordination politique du PG

La brutalité et les menaces de l’exécutif ont payé.

Les députés, pourtant élus pour faire une politique inverse, ont accordé leur confiance au programme libéral de Manuel Valls. Quelle légitimité avaient-ils à le faire ?
Une minorité issue des rangs gouvernementaux s’est abstenue pour ne pas voter contre la confiance. Quelle cohérence est-ce là ?
Ceux qui voulaient faire naitre une majorité alternative dans cette assemblée comme nous le souhaitions ont échoué. Le verrouillage est total. La 5e République produit encore et toujours une majorité de députés godillots.

Sans majorité absolue le gouvernement Valls2 ressort cependant affaibli de la journée. Les choses sont donc maintenant claires : c’est dans les mobilisations et dans la rue qu’il revient de combattre ce gouvernement et ce régime anti-démocratique. Le Parti de Gauche soutiendra donc plus que jamais toutes les mobilisations sociales et écologiques à venir.

Mais il faut aller plus loin. C’est pourquoi le PG va proposer à ses partenaires l’idée d’une grande marche nationale à mi-mandat, pour voter dans la rue contre la confiance et exiger la révocation du gouvernement Valls et de la politique de François Hollande.

Hollande et Valls, droits dans leurs bottes

Hollande et Valls, droits dans leurs bottes

Mercredi 23 Avril 2014 | François Cocq, Secrétaire général du Parti de Gauche

Ceux qui voulaient ajuster le programme Hollande-Valls en sont pour le frais : rien n’aura donc bougé. Ni les 50 milliards de baisse de dépense publique, ni la baisse des cotisations pour les grandes entreprises, ni même le gel du point d’indice des fonctionnaires. Rien !

Au contraire, Bruno Le Roux affirmait ce matin sur France-Inter que le pacte de responsabilité était « acté » pendant que Michel Sapin confirmait la réduction du déficit à 3 % dès 2015.

Droits dans leurs bottes, François Hollande et Manuel Valls ajoutent l’entêtement à l’absurdité et l’inefficacité de leur plan. Pour aller se prosterner devant la Commission européenne le 7 mai prochain, ils font le choix de s’asseoir sur la représentation nationale et de saigner le peuple.

Le 25 mai, avec le bulletin de vote Front de Gauche, nous appelons à rompre avec ce « pacte de responsabilité » mortifère.

Le Front de Gauche part en campagne européenne

MARDI 8 AVRIL 2014 | ERIC COQUEREL

Cinq ans après sa création, le Front de Gauche repart en campagne aux élections européennes avec l’ambition de bousculer le rapport de force à gauche, passer devant les listes gouvernementales et envoyer de nombreux député-e-s de résistance au Parlement européen.

Doté du programme « Rompre, et refonder l’Europe », le FDG, désormais élargi à Ensemble, nouvelle formation qui n’était pas présente lors de la création du Front de Gauche pour les Européennes 2009, est parvenu ce matin à un accord national sur les premiers de liste. En vertu de cet accord équilibré, le PCF désignera 3 têtes de liste, le Parti de Gauche 3, et Ensemble, 1.

Le Parti de Gauche a désigné Jean Luc Mélenchon pour conduire la liste dans le Grand Sud-Ouest, Gabriel Amard et Corinne Morel-Darleux respectivement têtes de liste dans le Grand Est et le Grand Centre, Raquel Garrido et Eric Coquerel respectivement en deuxième position dans les circonscriptions Ile-de-France et Grand Sud-Est. Ils seront tous cinq aux côtés d’Alexis Tsipras, candidat à la présidence de la commission européenne, ce vendredi soir à Aubervilliers, ville conquise par le Front de Gauche lors des dernières élections municipales, au détriment du Parti Socialiste.

Le jour où le Manuel Valls défend la poursuite de la politique d’austérité à l’Assemblée Nationale, le Parti de Gauche se félicite du lancement de la campagne du Front de Gauche aux élections européennes 2014. Tous ceux qui refusent la politique d’austérité et l’Europe libérale de François Hollande et Angela Merkel auront en effet un bulletin de vote à leur disposition le 25 mai prochain : celui des candidat-e-s Front de Gauche.