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Jean-Luc Mélenchon à Sciences Po Lille: La conférence en vidéo

Jean-Luc Mélenchon, député européen, co-fondateur du Parti de Gauche et du Front de Gauche a donné ce mardi 29 septembre 2015 une conférence à Sciences Po Lille sur l’un de ses derniers ouvrages « L’Ère du Peuple ». Il était invité à l’initiative de l’association étudiante  » Rouge Trévise ». Si vous l’avez ratée, voici l’intégralité de la conférence en vidéo. Merci à Régis et à la télé de gauche 59.

https://www.youtube.com/watch?v=sDguGWCsJ3Q

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Tous les étudiants n'ont pas pu rentrer dans la salle de conférence du fait de l'affluence.
Tous les étudiants n’ont pu rentrer dans la salle de conférence du fait de l’affluence.
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L’autre budget

L’autre budget

Lundi 29 Septembre 2014 | François Delapierre, Secrétaire national du Parti de Gauche

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Autrefois, il n’y a pas si longtemps, le débat budgétaire était le plus important d’une année parlementaire. Chacun, avec des jouteurs reconnus, se faisait fort d’y incarner le clivage gauche-droite. C’en est devenu la négation. Il s’est même trouvé des députés « de gauche », enfin du P « S », pour réclamer une ponction supplémentaire sur la consommation populaire à travers une hausse record de la TVA. A croire qu’ils préfèrent les satisfecit de la Commission européenne à ceux de leurs mandants. Sinon ils auraient applaudi la proposition de Sarkozy qui n’allait pas jusque-là. Seul Valls l’avait alors fait. Reconnaissons-lui le mérite de la continuité, en pire. Les autres avaient rebaptisé anti-sociale cette TVA pour mieux prendre le contre-pied de Sarkozy. Il ne fallait pas tout brouiller. Autrefois.

Le détail du budget Valls sera connu avec le Conseil des ministres de mercredi. Mais l’essentiel est déjà fixé. Il s’agit de l’argent pris au peuple au nom de la dette. Les 50 milliards d’ici 2017 claironnés par Hollande aux oreilles du Medef. Pour 2015, ce sont 21 milliards pour commencer : 7,3 dans les caisses de l’Etat, 3,7 dans celles des collectivités locales, 10 milliards dans la sécu. Tout en découle. C’est-à-dire des mesures d’austérité dont la seule justification est cette absurde règle comptable. La discussion porte sur la technique. L’impôt devient un auxiliaire de la rente : il est là pour faire rentrer l’argent qu’elle prélève. Passionnante discussion, à laquelle nous ne sacrifierons pas.

Car le résultat d’ensemble est déjà connu. Il ridiculise les pointages doctement compilés par les médiacrates et diverses officines « indépendantes » pendant la dernière présidentielle. Hollande avait promis de ramener le déficit public à 3% en 2013. On sait ce qu’il en fut. 4,2% cette année-là. Plus encore prévu pour l’année prochaine. La preuve est faite que l’austérité creuse les déficits. C’est pas faute de l’avoir annoncé dès le premier jour. Les prévisions de croissance faites par l’INSEE sont durablement faméliques. Et ne parlons pas de la fameuse courbe du chômage. C’est pourtant le chiffre qui pèse le plus sur le pays. Mais les savants pointages de Hollande lui avaient valu d’être raisonnable.

C’est donc un autre budget et une autre politique dont il faudrait parler. Il est urgent de soutenir la consommation populaire, de relancer l’activité par la planification écologique. Les propositions concrètes regorgent dans les contre-budgets du PG. Gageons que ce débat n’aura pas lieu. Le Parlement n’est plus le lieu où s’expriment et se structurent les contradictions qui traversent la société. C’est un Parlement de la Vème République. Vidé de toute substance. Juste bon à voter la confiance après avoir donné 5% tout mouillés au candidat Valls à la primaire. Il y manque trop de choses : des députés liés à leurs mandants, et donc fidèles à ceux-ci, un pluralisme véritable, des frondeurs qui préparent autre chose qu’un congrès du PS… Il est temps d’avoir un Parlement de la VIème République pour un autre budget, et une autre politique.

François Delapierre
Secrétaire national du Parti de Gauche

En finir avec le chômage, nous on peut !

 

En finir avec le chômage, nous on peut !

Jeudi 25 Septembre 2014 | Sylvie Aebischer et Boris Bilia

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Le taux de chômage atteint aujourd’hui des sommets : avec 9,7% de la population active, 10,2% DOM compris. La France compte aujourd’hui près de 6 millions de travailleurs inscrits en recherche d’emploi. Le chômage endémique depuis les années 1970… est bien confortable pour le système : la peur du chômage est une muselière efficace pour empêcher les travailleurs de revendiquer de nouveaux droits et des hausses de salaire et permettre au gouvernement allié du Medef de casser le droit du travail !

Il est temps d’en finir avec les potions libérales qui nous sont imposées depuis 30 ans, aussi inefficaces contre le chômage que favorables aux profits des grands groupes privés. Ce n’est pas la guerre aux chômeurs qu’il faut mener comme le bien mal nommé ministre du travail Rebsamen, c’est relancer l’activité et affronter le coût du capital. En finir avec le chômage, nous on peut !

1) En finir avec les seules exonérations de cotisation

Les politiques de l’emploi depuis 30 ans s’inspirent toujours du même schéma libéral : abaisser le « coût du travail » et augmenter la com-pé-ti-ti-vi-té. Et toujours le seul levier : les exonérations de cotisations sociales. Pourtant aucun consensus universitaire rigoureux n’a pu en démontrer l’efficacité ! La Cour des comptes et un récent rapport du Sénat en soulignent même le coût exorbitant, de l’ordre de 1,5 % du PIB et dépassant les 300 milliards de coût cumulé… pour un impact limité voire nul sur l’emploi. Pire, ces baisses de cotisation étant ciblées sur le SMIC et les plus bas salaires, elles entraînent les salaires vers le bas et sont mal ciblées, favorisant trop souvent des secteurs qui ne sont pas en difficulté ni soumis au dumping mondial. Il faut donc de revenir sur tout ce processus aveugle d’exonérations enclenché par Édouard Balladur en 1993 et suivi par les gouvernements Juppé, Fillon et Valls.

2) Le secteur public, un levier pour relancer l’emploi

Pour créer massivement des emplois, le secteur public s’avère décisif et efficace. Il est même économique quand on le compare au coût des dispositifs Hollande de type CICE ou pacte d’irresponsabilité). Le plus urgent est de revenir sur les 190 000 suppressions d’emplois opérées depuis 2007 (150 000 sous la droite et 40 000 déjà sous Hollande) et la titularisation des précaires de la fonction publique. Sur 5 ans, il est ensuite possible de créer plusieurs centaines de milliers d’emplois publics, en assumant un recrutement progressif et une formation de qualité. Des besoins énormes existent (écoles, universités, crèches, justice, police, douanes, etc.). Les fonctionnaires créés pourraient même rapporter à l’État dans certaines missions cruciales tels que les services fiscaux pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ou l’inspection du travail.

3) Relancer l’activité par la demande, une clé pour la création d’emploi

Les politiques libérales cherchent à opposer les travailleurs entre eux, comme si les droits acquis ou gagnés par les salariés se faisaient aux dépens des créations d’emploi. Or c’est tout le contraire ! La relance de l’économie par la demande accorde davantage de droits pour les travailleurs, de meilleurs salaires et conditions de travail… pour créer des emplois en créant un cercle vertueux.
Cette relance de l’activité par la demande passera d’abord par une hausse des salaires et des minima sociaux, la mise en place d’un salaire maximum et la limitation des écarts de salaires de 1 à 20 dans les entreprises. Elle passe aussi par la fin du gel des salaires des fonctionnaires et le rattrapage sur l’inflation depuis 2000 via une refonte de la grille des échelons des fonctionnaires. À titre d’exemple, le SMIC à 1700 euros permettra une hausse de salaire de 20 milliards d’euros pour les les plus modestes ; la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires représenterait une augmentation de la consommation à hauteur de 10 milliards d’euros. Ce sont de l’ordre de 240 000 emplois supplémentaires qui pourraient être ainsi créés en quelques mois ! La relance de l’économie par la demande revient aussi à mettre fin à la précarité et faire du CDI à temps plein la norme : c’est à cette condition que les salaires permettront de relancer la consommation.

Améliorer les conditions de travail des salariés, c’est aussi partager le temps de travail et par conséquent créer des emplois. C’est la raison pour laquelle nous proposons d’appliquer réellement les 35 heures pour tous et aller vers les 32 heures sur le modèle de la semaine de 4 jours… tout en revendiquant une 6ème semaine de congé payés et la retraite à 60 ans. Il y a là encore un gisement de plusieurs centaines de milliers d’emplois.

4) Relancer l’activité par l’investissement public et rompre avec le libre-échange

La relance de l’activité passe également par un investissement public massif et ciblé sur les besoins pour créer des emplois utiles et non délocalisables.

Investir, c’est créer des emplois !

Construire 200 000 logements chaque année, majoritairement destinés à l’habitat social, reviendrait à créer plus de 100 000 emplois. Mêmes résultats avec l’ouverture de 100 000 nouvelles places en crèche et le développement des transports collectifs. La transition énergétique, en s’appuyant sur les investissements dans le secteur des énergies renouvelables, la remise aux normes énergétiques des bâtiments, le développement de la géothermie, permettrait de créer plus de 700 000 emplois selon le scénario Négawatt. Le développement d’un nouveau modèle agricole permettrait, selon la confédération paysanne, la création de 300 000 emplois supplémentaires. Enfin le soutien au développement de l’économie sociale et solidaire permettra de combler les 150 000 postes vacants dans ce secteur. D’autres pistes restent encore à explorer, notamment l’économie de la mer.

Assumer le protectionnisme

Selon l’Insee, entre 2000 et 2005 les délocalisations ont entrainé la destruction de 36 000 emplois chaque année en France. Depuis la crise de 2008, ce sont 60 000 emplois qui sont supprimés tous les ans en raison des délocalisations. La reconstitution d’une capacité de production nationale est impossible sans de fortes mesures de protection commerciale. Le protectionnisme est donc un puissant levier pour réorienter la production et la consommation vers les besoins humains, compagnon logique de la planification écologique permettant d’instaurer des protections sociales et environnementales. C’est dans ce cadre que doit s’inscrire notre politique de création d’emplois !

Le Parti de Gauche dénonce l’incurie du gouvernement face à l’épisode de pollution

Le Parti de Gauche dénonce l’incurie du gouvernement face à l’épisode de pollution

Vendredi 14 Mars 2014 | Eric Coquerel et Corinne Morel-Darleux Secrétaires nationaux du Parti de Gauche

Depuis plusieurs jours la pollution envahit les villes et les régions urbanisées du pays. Chacun sait les risques sanitaires que font courir ces nuages de particules dont des problèmes respiratoires et cancers. En décembre 2013, Philippe Martin, ministre de l’écologie, a lui même quantifié une partie des conséquences de cette pollution : « avec plusieurs dizaines de milliers de décès prématurés chaque année, c’est un coût économique pour la collectivité nationale, que l’on peut évaluer à 20 à 30 milliards d’euros par an, dont un milliard d’euros directement supportés par le système de soins».

Pourtant cette situation était prévisible : depuis des jours Météo France annonçait ce long épisode anticyclonique sur le pays. Rien n’a été fait en amont, rien n’a été fait pendant. Les pouvoirs publics n’ont pris aucune mesure à la hauteur de l’événement si ce n’ est de réduire la vitesse sur les routes. La décision de collectivités territoriales de rendre les transports gratuits est certes utile mais arrive en fin de cette période. Pourquoi, par exemple, la décision de circulation alternée en fonction des numéros pairs ou impairs des plaques d’immatriculation n’a-t-elle pas été immédiatement appliquée voir l’interdiction de circulation pure et simple des véhicules individuels à Diésel ? Il suffit d’un simple arrêté préfectoral pour la circulation alternée. Comment expliquer que cette disposition n’ait été mise en place qu’une fois, le 1er octobre 1997 ? Les résultats avaient pourtant été jugés positifs avec une baisse du trafic automobile de 30% en Ile de France. Le Parti de Gauche dénonce donc l’incurie et l’imprévoyance du gouvernement sur ce sujet. Au delà de cette mesure d’urgence, cette pollution révèle toujours davantage la nécessité de mesures sur le long terme auxquels seuls la planification écologique et un aménagement du territoire conçu pour réduire les temps de transport entre les lieux de domicile et de travail pourraient répondre.