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Martine Billard: «Il faut une grande clarification pour que le Front de gauche prenne son envol»

Martine Billard: «Il faut une grande clarification pour que le Front de gauche prenne son envol»

Créé le 19/08/2014 à 09h55 — Mis à jour le 20/08/2014 à 20h16 | http://www.20minutes.fr/politique/1429783-martine-billard-faut-grande-clarification-front-gauche-prenne-envol

INTERVIEW – La coprésidente du Parti de gauche pointe l’attitude du PCF, qui s’allie parfois au PS ce qui, à son sens, brouille la ligne politique…

Le Parti de gauche fait sa rentrée politique ce jeudi, avec ses «remue-méninges» de Grenoble (jusqu’à dimanche), dans un climat morose.

Aux municipales, le Front de gauche s’est désagrégé avec les alliances entre le PCF et le PS et les piques entre les deux partis se sont multipliés. Exténué, Jean-Luc Mélenchon a dressé un constat d’«échec» du Front de gauche, disant par ailleurs ne plus vouloir apparaître en première ligne. 20 Minutes fait le point sur le Parti de gauche, le Front de gauche et leur avenir avec Martine Billard, la coprésidente du PG.

Pour la première fois, PG et PCF font leur université d’été séparément… Un symbole du malaise actuel?

On a eu des difficultés, on s’y est pris un peu tard après les européennes. Mais c’est vrai que ce n’est pas seulement une histoire de timing, l’ambiance n’a pas été au beau fixe dernièrement. On a jugé qu’il serait plus productif qu’on se retrouve à la rentrée, le 6 septembre, pour discuter entre nous. Nous avons besoin de travailler, de voir où nous en sommes pour voir où nous voulons aller. Ce qui est sûr, c’est que nous ne voulons plus nous retrouver, à la veille d’une échéance électorale, dans la même situation qu’avant les municipales, sans clarté sur la ligne politique.

Jugez-vous comme Jean-Luc Mélenchon que le Front de gauche est «en échec»?

Par rapport aux objectifs que nous nous étions fixés, 2014 a été une mauvaise année. Nous n’avons pas progressé, nous n’avons pas élargi et approfondi le Front de gauche. Le manque d’unité d’expression politique du Front de gauche au niveau national a en effet fragilisé le mouvement. On ne peut pas critiquer le gouvernement, à juste titre, voter contre ses textes, à juste titre, et ensuite publier des déclarations qui appellent à l’union entre le PCF et le PS. Si aux municipales, ça n’avait été que quelques cas locaux… Mais 52 % des listes du PCF étaient avec le PS… Le PCF est un parti historique, on savait quelles étaient ses habitudes mais on ne pensait pas qu’il repartirait sur les mêmes schémas. A Grenoble, à Rennes, nous avons été avec les écologistes, et ça a fonctionné.

Comment relancer le Front de gauche?

Le PCF doit lever son ambiguïté avec le PS pour redonner confiance à ses partenaires. Il faut une grande clarification pour que le Front de gauche prenne son envol. Nous ne voulons pas être la marge de manœuvre que le PC utilise seulement quand le PS ne veut plus de lui. On a l’impression d’être utilisé dans les négociations du PC avec le PS et on le voit en ce moment avec les sénatoriales. On ne peut pas construire une force avec une telle absence de confiance et un problème de ligne politique

Et puis, il faut qu’on ouvre grand les portes du Front de gauche pour dépasser le cartel d’organisations que nous sommes actuellement. Il faut convaincre des militants de nous rejoindre et continuer à discuter, à travailler, avec des frondeurs du PS, avec EELV, avec le NPA, Nouvelle donne, tous ceux qui s’opposent à la politique du gouvernement, pour construire l’espoir d’une majorité alternative.

N’y a-t-il pas un problème de personnalité, avec un Jean-Luc Mélenchon qui serait jugé trop clivant, qui aurait trop personnalisé?

Jean-Luc Mélenchon a été notre candidat à la présidentielle, la principale élection de la Ve République: qu’il le veuille ou non, cette élection polarise, personnalise. C’est le système français. Mais choisir un candidat à la présidentielle en espérant qu’il fasse un bon score, utiliser ce bon score pour ses petites affaires et le rejeter ensuite, ce n’est pas correct. Avec sa personnalité, Jean-Luc Mélenchon nous a beaucoup aidés à la construction du Front de gauche il y a cinq ans.

Comment vous analysez ces critiques?

Certains pensent qu’il tape trop fort sur le PS et préfèrent en faire une affaire de personnalité plutôt que de parler de réels désaccords politiques de fond. C’est moins un problème de personne que de ligne.

Mélenchon lui-même souhaite prendre du champ… Le PG peut-il survivre sans lui en première ligne?

Jean-Luc Mélenchon sera toujours là mais c’est vrai que nous voulons mettre en avant d’autres personnalités émergentes au Parti de gauche. C’est toujours difficile, on l’a déjà vu, les médias disent « c’est Jean-Luc Mélenchon ou personne ». Nous avons une année 2015 sans échéance électorale qui va nous permettre de souffler un peu, de réorganiser nos forces et de relancer le travail théorique.

Le Parti de gauche peut-il survivre à une éventuelle fin du Front de gauche?

Nous sommes un vrai parti de militants, avec 12.000 adhérents, dont beaucoup de jeunes. Je ne suis donc pas inquiète pour l’avenir du PG qui est le seul à avoir réussi la synthèse des questions sociales, écologiques et institutionnelles.

Et pourtant, vous n’attirez pas les déçus de François Hollande…

Ce n’est pas automatique! Les pays où la gauche de la gauche marche sont ceux où la crise sociale a été beaucoup plus importante qu’en France. Et je ne souhaite pas à mon pays une crise plus grave. Le PS français termine la mue que les autres PS européens ont terminée: s’aligner sur les politiques libérales. Alors les électeurs le vivent comme une trahison et leur réaction est pour l’instant le repli. Mais c’est vrai, on n’a pas réussi à entraîner les déçus de François Hollande. C’est l’enjeu de cette année.

Le Parti de Gauche et Mélenchon reviennent pour leurs universités d’été

Le Parti de Gauche et Mélenchon reviennent pour leurs universités d’été

http://www.ledauphine.com/isere-sud/2014/08/20/le-parti-de-gauche-et-jean-luc-melenchon-reviennent-sur-le-campus-pour-leurs-universites-d-ete-fxiz

Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche, arrive dès jeudi   à Grenoble. Il fera la conclusion de la séance plénière dimanche à midi, sur le campus.
Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche, arrive dès jeudi à Grenoble. Il fera la conclusion de la séance plénière dimanche à midi, sur le campus.

C’est “le” rendez-vous politique de la rentrée en Isère, celui qui a lieu, depuis plusieurs années déjà, sur le campus universitaire de Saint-Martin-d’Hères, du côté de l’université Stendhal.

Le “Remue-méninges” (ou universités d’été) du Parti de gauche (PG) revient donc en Isère du 21 au 24 août. Différents ateliers, tables rondes et projections de films sont proposés aux militants du parti créé par Jean-Luc Mélenchon en 2009.

Concernant les deux premières journées, il faut noter qu’elles sont réservées aux militants encartés. Mais dès samedi, le “Remue-méninges” s’ouvre au public et aux sympathisants. À 14 heures, le thème du débat portera sur “L’écosocialisme, nouvelle doctrine de l’émancipation humaine”. Celui-ci sera animé par Eric Coquerel et Corinne Morel-Darleux, avec la présence d’intervenants nationaux et internationaux : Francis Parny, Laurence Lyonnais, Liem Hoang-Ngoc, François Ruffin, Henri Peña Ruiz, Christine Poupin.

Ouverture au public samedi et dimanche

D’autres débats, comme “De Jaurès à Robespierre, histoire et hégémonie culturelle”, “La dette, instrument de mise au pas des citoyens”, “Non au GMT !”, “Quelles mesures d’urgence pour l’emploi ?”, sont aussi programmés tout au long de la journée, de même que la projection du film “Résistance naturelle” en présence du réalisateur Jonathan Nossiter.

Si, pour l’instant, toutes les tables rondes sont annoncées sur le campus, la première sur l’écosocialisme pourrait être délocalisée, en fonction de la météo, en plein air, non loin de la mairie de Grenoble.

Enfin, dimanche, la grande plénière est programmée à 10 heures. Elle est intitulée “Qu’ils s’en aillent tous, vive la constituante !”. Jean-Luc Mélenchon – qui arrive dès jeudi sur Grenoble – en fera la conclusion de midi à 13 heures.