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La Poste:  » Fais ton travail,on appellera les pompiers ensuite »

Communiqué du Secteur entreprises et luttes sociales du Parti de Gauche

La Poste: « Fais ton travail, on appellera les pompiers ensuite »

Mardi 13 Septembre 2016
 Julien Poix, responsable du secteur entreprises et luttes sociales du PG Nord, Ugo Bernalicis et Jocelyne Dubois, co-secrétaires du PG 59, Paul Vannier, secrétaire national du Parti de Gauche


C’est l’histoire d’une employée du centre de distribution de La Poste à Villeneuve d’Ascq (Nord). Emeline Broequevielle, 25 ans, se réveille un matin de février 2016 et elle ne se sent pas bien. Téléphonant à son supérieur pour lui expliquer la situation, celui-ci l’incite fortement à venir pour compenser les « nombreuses absences » du jour.

Emeline obéit et arrive à 6h30 sur son lieu de travail. Son état ne s’améliore guère. Alors qu’elle commence le tri du courrier, elle ressent des fourmillements dans le bras et la jambe. Rien d’inquiétant pour sa hiérarchie qui n’appellera les pompiers que 3h plus tard sous la pression d’un syndicaliste du CHSCT ! Conduit à l’hôpital, le diagnostic tombe : La jeune femme a bien été victime d’un AVC. Elle en subit encore les séquelles aujourd’hui.

Voilà l’état du monde du travail. En France, en 2016, la direction de la Poste préfère mettre en danger l’intégrité physique et la santé de ses employés pour éviter de prendre du retard. Drôle de conception de la mission de service public !

Mais derrière reste le drame : Emeline est toujours en arrêt longue maladie et n’a pas récupéré toutes ses capacités physiques. Emeline était embauchée en CDD. Ils sont des centaines comme elle à obéir aux injonctions des « petits chefs » par crainte du licenciement, et parfois même comme ici, jusqu’à mettre leur santé en péril.

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L’injustice ne s’arrête pas à la situation dramatique d’Emeline. Le collègue syndicaliste qui est intervenu pour contraindre la direction du centre de distribution à appeler les pompiers a été mis à pied par la Poste et fait l’objet d’une procédure disciplinaire ! Son crime ? Avoir sollicité des réunions du CHSCT et avoir demandé une enquête interne.

Le Parti de Gauche et son secteur entreprises et luttes sociales affirment leur entier soutien à Emeline et au syndicaliste mis à pied par la Poste. Le PG dénonce cette situation scandaleuse : une fois de plus les précaires sont frappés par la violence d’un monde du travail qui s’ensauvage. Une fois de plus, on entrave le droit des syndicalistes à défendre leurs collègues. Le PG voit dans cette situation plus qu’un simple fait divers social : il s’agit d’une des facettes du monde que le gouvernement actuel nous façonne avec la Loi El Khomry. Un monde du travail brutalisé où le précarisé n’aura d’autre choix que de courber l’échine jusqu’ à l’épuisement complet de ses forces. Nous demandons une enquête sur les circonstances du drame. Le PG souhaite que des sanctions soient prises à l’égard de la hiérarchie d’Emeline Broequevielle pour mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger.

Le Parti de Gauche appelle tous les citoyens et citoyennes à manifester leur soutien à Emeline Broequevielle et au courageux syndicaliste qui lui a sauvé la vie. Il sera représenté jeudi 15 septembre à 8h au rassemblement de soutien organisé à la poste de Villeneuve d’Ascq. Nous demandons par ailleurs, la levée immédiate de toutes les sanctions prises à son égard.

Fives Industries: « Non à la fermeture, non aux licenciements, 100%de reclassements »

« NON A LA FERMETURE DE FIVES INDUSTRIES (59), ZERO LICENCIEMENTS, 100% DE RECLASSEMENTS »

Ce mardi 3 mai 2016, une délégation du secteur entreprises et luttes sociales du Parti de Gauche Nord a rencontré les représentants CGT de Fives Industries. L’occasion pour le Parti de Gauche d’apporter son plein appui à la lutte menée depuis des semaines par les 68 salariés.

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Le Groupe Fives Industries est un groupe international d’envergure. Il compte 8300 employés répartis en 100 implantations à travers le monde. Il a généré en une année 1, 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires ! Le site installé à Noyelles-les-Seclin (Nord, 59) est centré sur la production d’équipements, des pièces de rechange pour l’industrie sidérurgique, de cage de laminoirs, de descentes étanches pour l’exploitation pétrolière, de tuyaux, de pièces et châssis de différentes tailles. Fives industries possède à l’heure actuelle un carnet de commande bien rempli (500000 /an) et travaille régulièrement avec des grands noms de l’industrie mondiale : AREVA, SHELL… Enfin, en complément de la partie production, le site dispose d’un secteur « Ingénierie » et « Recherche et développement » bien développé regroupant 50 % des employés.

Par ailleurs, les salariés du site sont les détenteurs d’un savoir-faire unique au sein de leur groupe : ils sont les seuls à pouvoir fabriquer des pièces de très grand format et de plusieurs tonnes. Autre atout, un secteur « Recherche et Développement » performant qui travaille actuellement avec l’entreprise SHELL sur un nouveau prototype de machine de pompage pour les stations pétrolières. On est bien loin du portrait d’une entreprise sur le déclin. Et pourtant…

Pourtant, le président du groupe M. Frédéric Sanchez a décidé que le site de Noyelles n’avait pas d’avenir. Le verdict est tombé brutalement après l’arrivée d’un nouveau directeur, M. Begin, qui semble tout juste nommé pour « liquider » la boite.  Mais qui est M. Sanchez ? Vous le connaissez sans doute : vice-président du MEDEF dont il est le responsable de la branche internationale, M. Sanchez fait partie du groupe constitué par le gouvernement Valls-Hollande pour « réindustrialiser » la France !

Est-ce cela M. Sanchez, M. Hollande, M. Valls votre vision de la réindustrialisation de la France ? Supprimer des emplois d’un coup de stylo, détruire les savoir-faire irremplaçables et disperser les brevets et machines aux « quatre vents » ?

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Le Parti de Gauche soutient et relaye les revendications de la CGT Fives Industries : «  Non à la fermeture du site, non aux licenciements, 100% de reclassements ».Le PG salue la détermination des salariés de Fives Industries. Nous appelons à mise en place en urgence d’une politique de planification industrielle et écologique au niveau européen. L’industrie française peut et doit jouer un rôle dans la transition énergétique qui doit être mise en place au plus vite pour sauver notre planète.  La transition énergétique, le développement de l’éolien et de la géothermie ne se fera pas sans les savoir-faire des ouvriers et techniciens de Fives-Industries à Noyelles. Mobilisons-nous à leurs côtés pour gagner ce combat pour l’avenir!

Julien Poix, responsable départemental du secteur entreprises et luttes sociales du Parti de Gauche Nord

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Le code du travail en sursis? Débat avec G. Etiévant

Le Comité du Parti de Gauche Lille métropole en liaison avec le secteur formation du PG Nord a le plaisir de vous inviter une réunion publique en présence de Guillaume Etiévant, secrétaire national du PG à l’économie. Il interviendra sur le thème :  » le code du travail, un outil en sursis? ». Face à la destruction des droits organisés par le Parti socialiste les travailleurs et salariés doivent s’organiser. Cela passe d’abord pat comprendre les conséquences des réformes libérales sur le monde du travail.

Rendez-vous donc :

le lundi 4 janvier à 18h30 à Lille

Salle Alain Colas, rue Marbrerie, métro Marbrerie

 

L’intervention sera suivie d’un large temps de dialogue avec la salle.

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C’est la violence patronale qui brise la vie des travailleurs!

A l’heure ou le PS lance son référendum-mascarade sur « l’Union de la gauche », à l’heure où l’Ump de M. Bertrand propose d’interroger par référendum les citoyens sur le nom de notre future grande région (on croit rêver!), le Parti de gauche Valenciennois et le secteur entreprises et luttes sociales du PG 59 avaient choisi de donner la parole à ceux qui sont en première ligne face aux politiques destructrices du gouvernement: les travailleurs et les syndicalistes.

La réunion s’est tenue à Valenciennes. Elle s’est ouverte par un court extrait de l’interview récente de Xavier Mathieu, leader syndical des « Conti ». Face aux médias-chiens de garde il a fait la démonstration que la lutte paye quand elle dépasse le cadre de la légalité, surtout quand les exploiteurs s’abritent derrière celle-ci.

Plusieurs invités sont ensuite intervenus lors de cette soirée. Ils ont pu témoigner de la brutalisation accélérée du monde du travail et ont tous constatés le mur de violence et d’indifférence construit autour d’eux par le patronat et le gouvernement complice.

Ainsi Patrice Dayez, délégué sud-industries chez Ogura ( sous-traitant de l’automobile installé à Onnaing) est venu nous expliquer la situation de son entreprise. Nous l’avions rencontré lors d’un piquet de grève il y a plusieurs semaines. Il nous a hélas appris que lui et 9 de ses camarades avaient reçu leur lettre de licenciement. Jamais l’entreprise n’a écouté leurs remarques sur la nécessité urgente de diversifier la production et son carnet de clients.

Patrice Dayez, syndicaliste sud-industries chez Ogura Onnaing
Patrice Dayez, syndicaliste sud-industries chez Ogura Onnaing

C’est ensuite les parents d’un intérimaire de France assistance entreprise implantée dans la Sambre qui sont venus à la tribune. Embauchés en Emploi avenir avec les subsides de la région, ils ont été mis à la porte par un patron-voyou aujourd’hui condamné par la justice. Des mois de guérilla administrative ont été nécessaire pour obtenir cette condamnation. Une situation parfois insoutenable dûe à l’arrogance du patron mis en cause:  elle a conduit au suicide d’un des employés.

Des syndicalistes  sud-cheminots ont pour leur part fait le point sur la nouvelle convention Ter qui n’est pas respectée par la SNCF: les suppressions d’agents d’escales, ouvertures des gares à géométrie variable, menace sur les contrôleurs… Sur l’autel de l’austérité on sacrifie un outil indispensable à l’équilibre des territoires.

Des responsables locaux et départementaux du syndicat sud-cheminots étaient présents pour intervenir sur la nouvelle convention TER régionale
Des responsables locaux et départementaux du syndicat sud-cheminots étaient présents pour intervenir sur la nouvelle convention TER régionale

Les luttes de l »industrie étaient aussi au programme. Comment empêcher que notre région deviennent un désert industrielle tout en préservant la dignité des travailleurs et leur cadre de vie? Il faut remettre le volontarisme politique au goût du jour. Aurélien Motte, de la CGT Sambre-et Meuse, propose « une commission de contrôle des subventions données aux entreprises par le conseil régional associant les salariés et les syndicats ». En effet, plusieurs centaines de milliers d’euros avaient été donnés aux éventuels repreneurs de l’usine Sambre-et-Meuse de Feignies. Au final, après les coups de marteau fatidiques de la vente aux enchères, le repreneur va vendre à la découpe aux entreprises indiennes le matériel de l’usine. Et laisser une centaine d’ouvriers sur le carreau.

De gauche à droite: le père d'un des licenciés de France Assistance, Jean-Paul Renoux du secteur entreprises et luttes sociales du PG, Aurélien Motte, responsable syndicale CGT de Sambre-et-Meuse
De gauche à droite: le père d’un des licenciés de France Assistance, Jean-Paul Renoux du secteur entreprises et luttes sociales du PG, Aurélien Motte, responsable syndicale CGT de Sambre-et-Meuse

L’attente d’un débouché politique est forte. Tout comme la colère. Le rejet du système politique traditionnel est unanime.

Les syndicalistes ont pu interpeller plusieurs personnalités politiques qui avaient répondu présent à l’invitation du PG-FDG. Les questions de l’emploi, de l’industrie, de la formation ont été évoquées. Laurent Matejko, conseiller régional du Parti de Gauche-Front de Gauche, Sandrine Rousseau, candidate du Rassemblement ( EELV, Front de Gauche, Nouvelle Gauche Socialiste, Nouvelle Donne) ont pu témoigner de leur solidarité et débattre des solutions à trouver.

Le Parti de Gauche continue le combat sur le front des luttes. Plus que jamais il faut rassembler toutes les forces prêtent à renverser la table. Cette vague citoyenne naitra de ces luttes. C’est dans ce sens que le Parti de Gauche Nord a lancé depuis plusieurs mois un secteur entreprises et luttes sociales en liaison étroite avec  Philippe Juraver et Jean-Paul Renoux responsables nationaux. Merci à Jean-Paul Renoux pour son soutien et sa présence, merci à Françoise Dupont et à tous les camarades du Valenciennois pour leur courage et leur implication dans les luttes. On lâche rien!

Julien Poix, responsable du secteur entreprises et luttes sociales du PG Nord-membre du Front de Gauche

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JEUDI 26 JUIN 2014 : Le Parti de Gauche avec les Syndicats !

Par Adrien QUATENNENS,

 

Salaires, emplois, Sécurité Sociale, Fiscalité, Services Publics, Politique Industrielle sont autant de sujets pour lesquels les organisations syndicales se mobiliseront ce Jeudi 26 Juin 2014 avec un appel interprofessionnel à la Grève.
Dans le contexte politique actuel et à l’heure où un nombre important de secteurs sont en lutte, à l’image des cheminots et des intermittents, il est grand temps de conforter les convergences !
Un rassemblement pour départ en Manifestation est prévu à Lille ce Jeudi 26 Juin 2014 à 14h00 Place de la République à Lille.
 
Le Parti de Gauche soutient cette mobilisation.
Venez nombreux à ce rendez-vous avec vos drapeaux, autocollants et tracts thématiques (coût du capital, défense des services publics)

 

 

Les cheminots qui luttent aujourd’hui le font pour l’intérêt général

Les cheminots qui luttent aujourd’hui le font pour l’intérêt général

Jeudi 12 Juin 2014 | Martine Billard, Co-Présidente du Parti de Gauche

20130623_RailSNCF_0001.jpgCrédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais)

Dans les mois qui viennent, le Parlement européen devrait se prononcer sur le 4ème paquet ferroviaire portant sur l’obligation d’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs de proximité. Bien évidemment, les libéraux le présentent sous de belles couleurs : « Le 4ème paquet ferroviaire vise à améliorer la qualité des services de transport ferroviaire des passagers » mais sans pouvoir cacher l’objectif : « permettre aux nouveaux opérateurs d’obtenir des contrats de services publics ». Le gouvernement de M. Valls a décidé d’anticiper, comme le reconnaît Gilles Savary, député PS rapporteur d’un projet de loi identique au système européen proposé. On apprend au détour des débats que « la part du chiffre d’affaires de la SNCF correspondant au service public ne dépasse plus 20 % ». Pas étonnant lorsqu’on découvre que la filiale publique Fret SNCF a perdu quasiment 50 % de son chiffre d’affaires pendant qu’une filiale privée est en pleine croissance ! C’est bien là tout le tour de passe passe de cette réforme : transférer le maximum d’activités rentables à des filiales privées et essayer de transférer les « charges » de service public aux régions.
Ainsi la restructuration en 3 sociétés, sous le statut d’EPIC (établissement public industriel et commercial), préfigure l’apparition aux côtés de « la SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités [qui] constituent un groupe public ferroviaire appartenant au système de transport ferroviaire national » d’autres sociétés qui seront privées. Tout est fait pour préparer cette concurrence, jusqu’au statut des salariés. Ainsi « La SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités [pourront] également employer des salariés sous le régime des conventions collectives. ». Pour les personnels qui resteront sous statut, « une convention de branche peut compléter les dispositions statutaires ou en déterminer les modalités d’application dans les limites fixées par le statut particulier. » Par ailleurs le temps de travail sera défini par décret.

C’est donc bien du démantèlement du statut des cheminots dont il est question. Cela reproduit l’évolution de la Poste où tous les recrutements se font maintenant sous contrat de droit privé avec toutes les dérives connues de l’intérim et des CDD à répétition. Voilà pourquoi aujourd’hui les cheminots sont en grève, mais aucun média ne vous a expliqué pourquoi. Le FN a lui montré son vrai visage en accusant les syndicats de complicité dans la situation dégradée de la SNCF ! Seule une entreprise publique du rail peut maintenir et développer un réseau ferroviaire permettant de répondre aux besoins d’aménagement du territoire dans le respect de l’égalité d’accès et dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Le Parti de Gauche soutient totalement la grève appelée par les syndicats pour la défense du service public contre la concurrence synonyme de service plus cher, de moindre qualité, moins respectueux de la sécurité, avec de moins bonnes conditions de travail et de moins bons salaires pour les cheminots.

La gauche ? Elle était aujourd’hui dans la rue

La gauche ? Elle était aujourd’hui dans la rue

Samedi 12 Avril 2014 | Jean-Luc Bertet

Tête du cortège

La République elle-même dressée au milieu de la place qui porte son nom avait été ceinte d’une énorme banderole : « Hollande, ça suffit. » Une de ses trois allégories portait un bandeau sur les yeux. Comme si elle ne voulait pas voir ce qu’était devenu son Ve avatar. A ses pieds, la foule s’est massée, lentement mais sûrement. Le carré de tête déjà engagé boulevard Voltaire piétinait en attendant que les troupes se densifient. Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Olivier Besancenot, Alexis Tsipras et les autres en profitaient pour répondre aux interviews. Le cortège s’est finalement ébranlé avec sa demi-heure de retard habituel, précédé de quelques centaines d’impatients qui jouaient les éclaireurs.

La gigantesque statue avait donné le ton. Il ne s’est pas révélé plus amène en cours de manif pour le monarque républicain. Depuis « Hollande, trahison » jusqu’à la « Valls à trois temps : récession, régression, désocialisation » pour caractériser le cahier des charges de son homme de main de Premier ministre, le cortège s’est montré aussi bon enfant que radical. Si une ligne de manifestants pour résumer la politique présidentielle s’était déguisée en bagnards « condamnés à l’austérité », d’autres se voulaient plus offensifs comme les représentants de l’Université de Paris 8, élèves et professeurs, scandant : « Facs fermées aux intérêts privés, facs ouvertes à tous les sans-papiers » ou bien plus loin « Le problème, c’est le banquier, pas l’immigré ».

Dans l’ordonnancement de la manif, les associations suivaient le carré de tête. Le Dal, les organisations féministes, les sans-papiers, les enseignants et chercheurs du supérieur, tous avaient des griefs particuliers envers la réponse peu socialiste – quand il y en a – à leurs légitimes revendications. Les précaires – chômeurs, intérimaires, intermittents du spectacle – disaient se retrouver là pour un tour de chauffe. La convention Unedic, tout juste revue et corrigée par le Medef, paraphée par la CFDT, FO et la CFTC devrait, si elle est agréée par le gouvernement, coûter des centaines, voire des milliers d’euros par an à chacun. Tous ces « associatifs » ont prévenu qu’ils comptaient prendre au sérieux le slogan « Résistance ! »

Derrière venaient les syndicats. Des fédérations de SUD, de la FSU, mais surtout de la CGT se sont retrouvées assez massivement dans la rue malgré l’opposition de la confédération de Montreuil. On a aussi vu des drapeaux écologistes parmi les défilés des organisations politiques, très fournies et très dynamiques. La rue a bruissé de drapeaux rouge-vert et rouge, le PG et le PCF ayant sans mal leurs adhérents pour parvenir à construire cette « opposition de gauche » plus que nécessaire.

Valls qui a l’habitude de diviser par dix ou vingt le nombre des manifestants de gauche ne se montrera pas publiquement affecté par les 100 000 d’aujourd’hui. Peu importe, l’ampleur de cette première manifestation, à travers ses slogans – « PS = pseudo socialiste » ; « Une Valls ? Non ! La Carmagnole contre l’austérité »… -, est une première étape. Une grande banderole affichait la seconde : « Européens ensemble contre l’austérité ». L’amateur de corrida déclaré qu’est le Premier ministre aurait tort de croire qu’il nous réservera le sort du taureau et qu’après avoir joué au picador, il mettra à mort nos démocraties et nos quotidiens avec l’épée de l’Europe et du Grand marché transatlantique. Nous nous retrouverons au plus tard dans les urnes le 25 mai pour le deuxième round.